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Point de vue évolutif par Denis Pageau

Révolue l’époque où le pompiste prenait le temps de faire le tour du véhicule tout en faisant le plein. PHOTO Austrian national Library

Le rythme accéléré dans lequel nous vivons modifie la façon dont nous expérimentons le monde. Comment faire pour s’adapter à ce changement sans anxiété à long terme et réussir à suivre la parade ? 

Je prends comme analogie le travail du pompiste depuis l’arrivée des stations libre-service. La rapidité d’exécution pour remplir le réservoir sans n’avoir recourt à personne et l’avantage qu’offre le paiement directement à la pompe fait partie de notre quotidien.

Impact sur l’entretien

Voici un effet accéléré qui démontre que depuis ce temps, tout le monde semble avoir quelque chose de plus important à faire et a hâte de reprendre la route. Mais, croyez-vous que le travail du désormais pompiste disparu aurait eu un impact sur l’entretien automobile ?

Le travail de pompiste se basait jadis sur une culture basée sur le service, la rapidité, l’efficacité et la prévention. Le mot d’ordre était : « pas question de regarder tourner les chiffres sur le compteur de la pompe, mais plutôt faire fructifier les affaires du garage ».

Nettoyer le pare-brise, vérifier les essuie-glaces, vérifier la pression des pneus, offrir au client la possibilité de vérifier l’huile à moteur … N’oublions pas que ces services ont probablement aussi évité aux gens de nombreuses urgences routières.

Je tiens à souligner que la capacité des réservoirs à essence de la majorité des automobiles dans ces années-là permettait d’offrir ces services. Avez-vous déjà essayé de mettre du lave-glace dans votre véhicule dans un libre-service pendant le remplissage ?

Chercheur d’or

L’entretien, le diagnostic et la réparation font partie du quotidien des ateliers, mais pour cela il faut penser aussi à notre pompiste devenu homme de service. Je ne crois pas que se départir de ce joyau dans la période plus creuse soit la meilleure des solutions.

Ce chercheur d’or, comme dirait mon ami Jean-Guy Roy, a pour fonction d’utiliser ses yeux et sa dextérité pour repérer tout ce qui semble anormal sur le véhicule.

Mais quel sont les directives pour nous mécanicien lorsque la commande pour une évaluation de frein nous est soumise ?

Nous sommes machinalement programmés à vérifier l’état des composantes du système de freinage, de reconnaître les pièces grippées ou défectueuses, mais pas nécessairement sur tous les aspects symptomatiques.

Si vous me dites que cela fait partie du travail des conseillers techniques, vous avez raison en partie, mais est-ce que l’usure des composants de la suspension et de la direction peuvent avoir un effet sur le comportement au freinage du véhicule ?

Il est fort probable que oui et cela devrait faire partie intégrante de l’inspection.

De pompiste à technicien

L’exemple de notre désormais pompiste nous a démontré que la technologie ne lui a pas été des plus favorable, mais, à son tour le technicien saura bonifier ses interventions et ajouter une pépite d’or à son lingot.

En conclusion, la question n’est donc plus à savoir si la prochaine révolution, celle de l’électrification des véhicules, changera notre travail au quotidien.

Nous sommes tous en mode de changement et ne laissez pas votre ADN emprunter le chemin de notre désormais pompiste.


Conseiller en développement au sein du réseau des garages recommandés de CAA-Québec, Denis Pageau est un technicien et formateur émérite. [email protected]

 

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