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Tendances post-pandémie dans le marché secondaire

AIA Canada’s Appeal: Designate Automotive Aftermarket Businesses as Essential
Le vieillissement de l’âge moyen des véhicules, notamment des camions légers, annonce de bonnes années pour le marché secondaire. PHOTO Shutterstock

Une récente présentation organisée par l’Auto Care Association des États-Unis laisse croire que l’avenir s’annonce prometteur pour le marché secondaire.

Dans le cadre de ses conférences virtuelles d’échange de connaissances, l’organisme américain cédait la parole à Todd Campau, directeur associé de la firme IHS Markit. Ses observations, tirées du marché américain, sont aussi pertinentes sur notre marché.

Ce spécialiste du secteur automobile constate évidemment que la pandémie a eu un impact significatif sur le marché automobile en 2020. La fermeture de certains secteurs de l’économie et l’appel au télétravail a réduit de 13 % le nombre de kilomètres parcourus.

En parallèle, les livraisons ont explosé. Par exemple, Uber et Doordash ont vu leurs nombres de livraisons augmenter de 166 et de plus de 200 % respectivement pendant le confinement.

Les indicateurs au vert

« Il plane toujours une crainte de revoir une nouvelle vague de pandémie, souligne M. Campau et un certain pourcentage des gens vont préférer travailler de la maison. Mais les chiffres des cinq premiers mois de 2021 nous indiquent un retour rapide à la normale.

« Ce que l’on voit venir, c’est que si les gens utilisent moins leurs voitures pour aller au travail, ils vont s’en servir pour échapper au quotidien en augmentant leurs déplacements pour les loisirs et le tourisme. Avec l’été qui arrive, les pronostics sont très positifs pour les entreprises du marché secondaire automobile. »

Il mentionne d’ailleurs que ces entreprises se sont montrées très résilientes au cours de 2020 et que celles qui ont passé à travers cette période difficile seront bien placées pour récolter les dividendes d’un marché en reprise.

Selon M. Campau, les ventes de véhicules neufs sont encore entravées par plusieurs facteurs, dont l’incertitude économique et la rareté de certains modèles populaires.

Il prévoit toutefois que la courbe retrouvera le plateau de 2019 d’ici cinq ans, envisageant même un léger redressement de la demande. Comme il le mentionne, bon an mal an de 5 à 6 % de nouveaux véhicules s’ajoutent au parc automobile américain annuellement alors qu’un pourcentage presque similaire est retiré de la route.

Il précise que l’écart entre les deux, qui affiche habituellement une légère croissance du parc est un peu faussé en ce moment par le fait que certains automobilistes ont décidé de remiser leur voiture pour un certain temps.

Un parc vieillissant

Une des tendances qui annoncent de bonnes années pour les ateliers et marchands de pièces de remplacement est le vieillissement de l’âge moyen des véhicules chez nos voisins du sud.

Une tendance similaire ici d’ailleurs. En 2002, le parc comptait des véhicules dont l’âge moyen était de 9.6 ans alors qu’il franchira le cap des 12 ans en 2022.

« Le marché secondaire américain est composé à 96 % de véhicules âgés de plus de quatre ans, souligne l’analyste. Nous avons vu grimper cet âge moyen lors de la récession de 2008 et je crois que la pandémie aura le même résultat. Selon nos projections, le nombre de véhicules âges de 6 à 11 ans va grimper de 33 % d’ici 2024. Nous vivons les effets des fortes ventes de véhicules neufs de 2015 à 2019. »

Il mentionne également qu’une récente étude du Consumer Report indique que les frais d’entretien d’un véhicule de dix ans sont 129 % supérieurs à ceux nécessaires à garder un véhicule sur la route.

M. Campau souligne un autre élément intéressant pour nos lecteurs. Un parc qui vieillit signifie que le véhicule va changer de propriétaire une fois, deux fois, ou plus. Il est alors difficile pour le concessionnaire de maintenir le lien avec l’acheteur initial pour l’entretien.

Des camions légers payants

Todd Campau signale que depuis janvier 2020, 75 % des ventes de véhicules neufs aux États-Unis étaient composées de camions légers : camionnettes, VUS et multisegments. Il s’agit d’une tendance forte qui se manifeste depuis plusieurs années, mais qui atteint des sommets.

« Selon l’AAA, entretenir un camion léger coûte, comparativement à une voiture de tourisme, en moyenne 12.5 % plus cher. Ce sont là aussi de bonnes nouvelles pour le marché. »

L’analyste a terminé sa présentation en expliquant la progression des ventes de véhicules électriques sur son territoire. Une réalité qui va demander au marché secondaire de s’adapter au chapitre de ses capacités à réparer, mais aussi à fournir les bonnes pièces.

Le lent virage électrique

Mais ce virage se fera, selon M. Campau, de façon très graduelle. Le VÉ reste marginal notamment du fait que dans un marché de camions légers, l’alternative électrique n’est que rarement disponible. Mais les constructeurs s’ajustent à cette réalité et l’offre de camionnettes et VUS électriques progresse de façon significative.

Si les consommateurs de VÉ conservent leurs véhicules plus longtemps, ce qui réduit leur appel aux services du marché secondaire, ils n’optent pas nécessairement pour cette technologie lors du remplacement.

« En fait, nos recherches nous apprennent que 63 % des propriétaires de véhicules électriques retournent à des modèles à essence lors du remplacement. Nous avons même eu la surprise de voir qu’en Californie, un État pourtant très innovateur, seulement 20 % des consommateurs rachètent des VÉ.

« Nous savons que le parc va effectuer un virage vers ces technologies, mais il sera graduel. Le marché secondaire doit s’y préparer, comme il le fait présentement pour l’entretien des systèmes ADAS par exemple. »

 

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