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Inspection : Courbatures printanières

entretien moteur mécanique
Les joints d’étanchéité et les conduites peuvent avoir souffert sur les véhicules qui ont peu roulé. CRÉDIT ShutterStock

L’inspection sous le capot s’avère particulièrement importante en cette période où plusieurs véhicules ont beaucoup moins roulé que normalement.

Lever le capot de véhicules qui ne se sont réveillés, au cours des derniers mois, que pour de courts trajets entre la pharmacie et le supermarché peut dévoiler plusieurs surprises. C’est un peu comme vouloir courir dix kilomètres, un bon matin, après avoir passé des semaines, vautré sur le divan.

Moins de kilomètres

« À cause de la pandémie, les voitures ont beaucoup moins roulé, confirmait Wilson Almeida, directeur de la formation technique pour l’Académie Vast-Auto, lors d’une entrevue vidéo sur Autosphere.ca.

Wilson Almeida formation technique vast-auto

Wilson Almeida a expliqué l’importance de bien inspecter tous ces véhicules qui ont peu roulé cette année. PHOTO Vast-Auto

« Le premier point de vigilance sous le capot est certainement la batterie. C’est une pièce importante, constamment sollicitée et un bon test va nous démontrer qu’elle est encore bonne. Même chose pour les courroies, car les matériaux peuvent-être secs ou les tensionneurs saisis. »

Comme le souligne M. Almeida, c’est une période où le client pourra se plaindre de bruits de grincement de courroies et où un ajustement peut s’avérer nécessaire.

L’huile dégradée

Le formateur souligne aussi l’importance de jeter un coup d’œil aux lubrifiants et autres fluides puisque si le kilométrage parcouru par les automobilistes a beaucoup diminué, ces huiles doivent être malgré tout remplacées après un certain temps.

« Les gens qui roulent habituellement 16 000 kilomètres annuellement n’en ont pas fait 5000 cette année. Il faut leur expliquer que le remplacement de lubrifiant n’est pas seulement un facteur de distances parcourues, mais aussi de temps. »

Les températures avec des écarts extrêmes comme au Québec favorisent d’ailleurs le développement d’humidité qui va dégrader les lubrifiants.
C’est d’ailleurs l’avis de John Fisher, gérant des ventes pour le Canada chez ASG et ancien propriétaire d’ateliers de mécanique à Gatineau.

John Fisher sales manager ASG Canada portrait

John Fisher, gérant des ventes pour le Canada chez ASG, met en garde sur les effets néfastes de l’humidité sur plusieurs composantes sous le capot. PHOTO ASG Canada

« La succession de périodes froides et de réchauffements provoque une accumulation d’humidité qui va affecter plusieurs parties mécaniques, mais aussi les lubrifiants et autres fluides. »

Avec une réduction moyenne de 52% des kilomètres parcourus par les automobilistes canadiens en 2020, les huiles ont rarement atteint les températures optimales pour développer leur pleine efficacité.

Vérifier la batterie

Tout comme M. Almeida, il recommande un test de la batterie, mais aussi une inspection attentive des bornes qui peuvent s’être corrodées et avoir développé du vert-de-gris.

Toujours sous le capot, M. Fisher recommande de faire une tournée des espaces où sont placés les filtres. On en vérifie l’état, mais aussi, la présence de débris laissés par les rongeurs qui adorent se loger dans ces compartiments quand les véhicules restent longtemps stationnaires. Ces mêmes rongeurs peuvent aussi avoir festoyé sur les conduites ou se faire les dents sur le filage.

John Fisher indique que l’humidité peut avoir facilité l’apparition de rouille sur certaines pièces. « Il faut jeter un coup d’œil attentif sur les poulies, Si on y décèle de la rouille, il faut la retirer, car sinon elle devient un véritable abrasif pour les courroies,» explique-t-il.

Les effets de l’humidité

Finalement, M. Fisher recommande une vérification de tous les liquides qui peuvent, eux aussi, avoir souffert de l’humidité. Le liquide à frein tout comme l’antigel doivent être testés et remplacés au besoin, ou selon les recommandations du constructeur.

Bert Gregory, directeur des opérations pour Services auto Speedy souligne pour sa part que le retour des beaux jours annonce la réapparition d’un grand nombre de véhicules sur les routes.

Bert Gregory speedy auto service portrait

Bert Gregory des Services auto Speepy préconise une approche structurée lors de l’inspection. PHOTO Services Auto Speedy

« Pour nous dans l’industrie automobile, cela se traduit par une augmentation des pannes sur des véhicules qui n’ont pas été correctement préparés, souligne-t-il.

« Dans leur enthousiasme à reprendre la route alors que la neige a disparu plusieurs automobilistes feront l’erreur de négliger leur entretien, surtout sur les véhicules qui ont passé l’hiver en hibernation. Cette négligence se traduit par plusieurs cas d’usure prématurée. »

Prendre le temps

Ces véhicules qui n’ont pas ou peu roulé demandent une inspection attentive au niveau des freins, des pièces de direction et de suspension et même des pneus.

« Oui, une bonne inspection demande du temps, mais cela en vaut la peine, explique M. Gregory. On veut en premier lieu que notre client reprenne la route en toute sécurité et il faut monter une estimation claire, détaillée et transparente et prendre le temps de l’expliquer au client. »

Si nous abordons plus spécifiquement l’inspection sous le capot, M. Gregory recommande en effet la vérification de la batterie. Les bornes doivent être propres et les câbles bien serrés. Enfin, un test de la batterie et de l’alternateur validera leurs capacités de charge.

Il indique aussi l’importance de tester les fluides, pour vérifier tout signe de contamination. Il ajoute également l’importance de remplacer les filtres à air, à carburant et à transmission au besoin. Évidemment le lubrifiant moteur doit être vidangé et le filtre remplacé, au moment venu.

Un œil sur le moteur

Durant cette période de relative immobilité, les joints d’étanchéité du moteur peuvent s’être dégradés. Toute détérioration peut entraîner des fuites de lubrifiants qui peuvent endommager le moteur. Il faut vérifier s’il n’y a pas de telles fuites. Un coup d’œil sur les bougies et la pression du moteur est aussi recommandé.

« Inspectez le système de refroidissement, spécifiquement le radiateur, la pompe à eau et le ventilateur. Mettez l’antigel à niveau après vous être assuré de sa propreté », recommande-t-il.

Selon Bert Gregory, l’entretien d’un véhicule repose à la fois sur le kilométrage parcouru et le temps écoulé entre les entretiens. « Il faut expliquer au consommateur que le temps est tout aussi important dans un bon entretien même pour un véhicule peu utilisé, qui peut avoir ses propres problèmes. »

Catégories : Éditorial, Mécanique
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