fbpx

Le marché secondaire américain se mobilise

Catherine Boland, chef de la plaidoirie pour l’AASA PHOTO AASA

La récente décision des électeurs du Massachusetts d’exiger l’accès aux données provenant de leurs voitures vient appuyer une démarche nationale qui vise une reconnaissance de ce droit à travers les États-Unis.

Pour l’Automotive Aftermarket Suppliers Association (AASA) des États-Unis, cette victoire va dans la direction des droits des consommateurs d’avoir l’accès à ces informations et de pouvoir les partager avec l’atelier de leur choix. Présentement, les informations liées à la condition du véhicule sont envoyées par télématique directement aux constructeurs.

L’AASA regroupe un grand nombre de fournisseurs d’équipement, de pièces de remplacement et de matériel de peinture qui approvisionnent les ateliers indépendants. Le marché secondaire américain occupe au bas mot 600 000 personnes et tout le secteur représente 350 milliards de dollars US annuellement.

Pas d’accès, pas d’avenir

« Il est difficile de voir l’avenir des ateliers indépendants et de toute la chaîne du marché secondaire sans l’accès direct aux données des véhicules, explique la lobbyiste Catherine Boland, qui travaille au volet législatif pour la défense des intérêts du marché secondaire, notamment au sein de l’AASA. La victoire du Massachusetts illustre la volonté des consommateurs de conserver la possibilité de confier leurs voitures à l’atelier de leur choix. Mais, malheureusement, on ne parle ici que d’un seul État. Et le gain au Massachusetts a demandé quatre années de travail et des sommes importantes. »

En entrevue avec autosphere, Mme Boland a souligné que selon elle, la solution passe par une réglementation fédérale, qui couvrirait l’ensemble des 50 États américains.

Au nom du marché secondaire, elle travaille sur divers comités et auprès des membres du Sénat américain pour faire avancer cette cause. Mais c’est, de ses propres dires, un travail de longue haleine et elle n’entrevoit pas de décision avant quelques années. Selon elle le changement à la présidence n’accélérera pas les choses.

« Les politiciens américains des deux partis n’ont pas abordé cette question durant la campagne électorale et nous devons poursuivre nos efforts d’éducation auprès des élus, mais aussi directement auprès des consommateurs », explique-t-elle.

Megan Gardner, directrice du marketing pour l’AASA, rappelle que depuis un an et demi son organisme a mis en ligne une pétition, My Car, My data, My choice, sur le site change.org. Cette pétition, à laquelle l’AIA Canada a récemment annoncé sa participation, sera acheminée au Congrès américain alors que le volet canadien sera soumis au ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, Navdeep Bains.

Sécurité et compétence

L’AASA sait qu’elle affronte une industrie automobile qui ne manque pas de ressources et qui diffuse un message de peur auprès des consommateurs. Les constructeurs évoquent le danger de partager des données avec des ateliers qui n’ont pas les connaissances pour réparer adéquatement les voitures modernes.

Cette approche de désinformation fait bondir Mme Boland. « Les ateliers du marché secondaire ont démontré au fil des années leur capacité à servir la population. Ils sont très pro-consommateurs en offrant un choix plus économique pour l’entretien des véhicules. N’oubliez pas que les États-Unis, c’est le royaume de la libre concurrence. Nous voulons que les ateliers indépendants fassent leur travail de façon sécuritaire et nous poussons également pour la mise en place d’une certification nationale des ateliers de mécanique. »

Catégories : Éditorial, Mécanique
Étiquettes : ,

Articles populaires

Calendrier

Nos partenaires

Menu
X