Donner une seconde vie à une batterie de VÉ
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Le laboratoire de CF a permis de remettre en circulation des centaines de véhicules électriques. Crédit : DCF
L’ingéniosité des techniciens du marché secondaire automobile sauve une quantité considérable de véhicules électriques.
Un véhicule électrique dont la batterie fait défaut durant ses premières années d’utilisation retourne chez le concessionnaire. Mais qu’en est-il des batteries défectueuses après la période de garantie, ou de celles qui sont retirées des véhicules accidentés ? Ces batteries valent cher, peu importe leur condition, et toute une industrie s’est développée pour leur donner une seconde vie.
Par exemple, depuis plusieurs années, la compagnie trifluvienne Ingenext transforme les batteries de voitures Tesla en systèmes de stockage d’énergie mobiles ou fixes. Qualifié de « cyber-batterie », il s’agit de l’assemblage de deux batteries de Tesla Model 3 qui peut se recharger sur le courant du réseau électrique et être utilisé en guise de génératrice lors d’une panne. Il peut aussi être rechargé par des panneaux solaires, ce qui représente une solution intéressante de stockage d’électricité en situation hors réseau.
D’autres entreprises, encore plus proches de nos intérêts automobiles, vont prendre ces batteries jugées inutiles et leur insuffler une nouvelle vie. En fait, on parle ici d’une opération commerciale, mais à bien y considérer, remettre en opération une batterie pour plusieurs années au lieu de l’envoyer au recyclage aux États-Unis (voir texte à ce sujet) est un geste éminemment environnemental.

À fond dans la haute tension
« Nous, on ne fait que ça : réparer des batteries », lance Francis Touchette depuis le laboratoire de l’entreprise DCF de la région de Québec, dont il est directeur général. Mentionnons que cette entreprise est une division de Pièces d’auto Alain Côté, dont le fils, Matthieu, est de longue date engagé dans l’accompagnement des ateliers indépendants dans le virage électrique. La division DCF a été fondée en 2018
Mais revenons à Francis. « Remettre une batterie en service, c’est proposer au consommateur une économie moyenne des deux tiers. Nous avons remis et gardé sur la route des centaines de voitures électriques depuis l’ouverture de notre laboratoire. » Il explique que la grande région de Québec reconnaît l’expertise de sa petite équipe qualifiée. En fait, DCF possède une unité mobile lui permettant d’aller réparer en atelier une batterie défectueuse diagnostiquée à distance. Parfois, seul un connecteur fait défaut ; d’autres fois, toute la batterie doit être remplacée. C’est là que la voix de notre interlocuteur s’emballe.
« On ouvre les batteries à haut voltage, on teste leurs composantes, on retire tout ce qui est encore bon, toutes les cellules qu’on pourra transplanter dans une autre batterie. Ce qui reste, la coquille vide et les pièces inutiles, on les envoie au recyclage. » Cette ingéniosité est basée sur l’utilisation d’équipements et de processus rigoureux liés à la sécurité qu’impose le fait de travailler les deux mains dans une pièce qui peut vous envoyer une charge de 800 volts dans le corps.
Une expertise rentable pour tous
Le message qu’une batterie à haute tension peut se réparer dans les règles de l’art fait son chemin. Plusieurs ateliers font appel à l’expertise de M. Touchette et de son laboratoire pour redonner espoir à leurs électromobilistes convaincus que leur véhicule a rendu l’âme. « Ce qui est intéressant aussi, c’est que le carrossier et l’assureur nous voient comme une solution, reprend M. Touchette. Si nous pouvons remplacer ou réparer une batterie qui permettra de réduire sensiblement le coût de la réparation, tout le monde y gagne. En plus, le véhicule peut reprendre la route. » Une batterie d’origine peut se détailler à près de 20 000 dollars.
De plus, cette alternative client peut aussi jouer favorablement sur les temps de cycle pour les carrossiers. Attendre une batterie de remplacement du constructeur ou même des accessoires spécialisés peut allonger considérablement le temps consacré à la réparation.
M. Touchette souligne qu’il ne travaille que sur la partie haute tension des véhicules. « Nous ne faisons pas de mécanique générale, explique-t-il. Notre spécialité, c’est la haute tension. On ne veut pas enlever de travail aux ateliers qui sont nos partenaires. En fait, on va même en atelier montrer aux techniciens formés par un programme de compétence électrique, et qui ne seraient pas encore à l’aise, comment compléter la réparation ou l’installation d’une batterie. Partager l’expertise fait partie de notre mission. Et nous ne manquons pas d’ouvrage dans nos propres installations. »
Il est intéressant de découvrir comment le marché secondaire fait bénéficier tout l’écosystème automobile de son assurance à embrasser cette nouvelle technologie de motorisation.
Mentionnons qu’une batterie qui ne peut être remise en circulation sera récupérée pour en extraire les matières premières. Vous pouvez lire un article à ce sujet ici.
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