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Sommes-nous prêts pour le virage numérique ?

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La nécessité d’une formation technique de base obligatoire à l’entrée en atelier apparait dans cette étude. PHOTO AdobeStock

Une étude commandée par le CSMO-Auto indique que l’industrie devra mettre les bouchées doubles pour être en mesure de négocier le virage numérique et électrique.

Intitulée Impact du numérique, développement des compétences de la main-d’oeuvre dans le secteur des services automobiles, cette étude a été menée par le Centre de recherche interuniversitaire sur la mondialisation et le travail (CRIMT) avec le support financier de Québec et la collaboration des partenaires de l’industrie automobile.

Lancée en 2018 et entravée par la pandémie, l’étude est basée sur 161 entretiens avec des représentants de tout l’écosystème automobile québécois.

De plus, neuf tables rondes ont été organisées pour recueillir de l’information alors que de données complémentaires ont été extraites d’offres d’emplois affichées ici comme ailleurs dans le monde.

Le défi technologique

Lors d’un webinaire le 18 octobre dernier, deux chercheurs impliqués dans cette étude, Gregor Murray et Mathieu Dubé, ont tout d’abord présenté un survol de l’industrie qui a connu des vagues successives de défis technologiques.

L’injection électronique, le diagnostic numérique, la télématique et la connectivité ou encore l’électrification illustrent les jalons techniques qui marquent cette évolution dont les effets percolent jusque dans les ateliers de mécanique du marché secondaire.

Les chercheurs constatent que cette pression vers l’innovation des constructeurs va nécessiter des investissements chez ces ateliers s’ils veulent suivre le mouvement et ne pas se faire détrôner par les concessionnaires.

Ils ont aussi mentionné que l’accès aux données des véhicules, un droit faisant l’objet d’une importante campagne de sensibilisation de la part de l’AIA.

Un secteur peu attrayant

La recherche indique par ailleurs que ce virage technologique met énormément de pression sur les ressources humaines dans les ateliers où l’on voit souvent deux niveaux de techniciens, ceux qui peuvent réparer et ceux confinés aux tâches plus simples.

Le duo d’experts constate aussi que les conditions de travail offertes par ce secteur sont peu attractives.

« Le défi des compétences est aussi très important, souligne M. Murray. Comment être en mesure de travailler sur les voitures de haute technologie lorsque l’on n’a pas les compétences de base ? Il y a très peu d’incitation à la qualification et l’écosystème du secteur est dysfonctionnel face à cette question, nous indiquent nos interlocuteurs. »

Les représentants de l’industrie consultés pour cette étude mentionnent qu’ils sont d’accord sur l’importance de développer une formation initiale pertinente et un programme de formation continue qui seraient obligatoires à l’entrée en atelier.

« Je pense à un programme national structuré comme celui de Compétences VE, par exemple, qui est reconnu à travers le Québec par tous les intervenants de l’industrie. On sent la mobilisation du secteur pour pallier à cette situation, mais il semble évident que l’État devra s’en mêler notamment en arrimant le ministère du Travail à celui de l’Éducation. »

La rareté de la main-d’œuvre

En discutant avec les gestionnaires d’atelier dans le cadre de cette étude, les chercheurs ont constaté leur difficulté à attirer et conserver le personnel.

Les conditions offertes expliquent en grande partie ce phénomène.

Ils constatent aussi que le Québec est en retard par rapport à d’autres provinces en matière de recrutement de femmes et de techniciens étrangers.

Si les compétences techniques ne se rendent pas dans les ateliers les chercheurs constatent le risque d’une concentration des services chez les concessionnaires.

Ce phénomène pourrait être aggravé par le fait qu’il est plus difficile pour un petit atelier indépendant de se mettre à jour en matière d’équipements et de compétences, que ce l’est pour un regroupement de concessionnaires.

Transition et transformation

L’étude présente certaines pistes de solutions.

En constatant que les compétences sont au cœur du défi numérique, elle recommande à l’industrie, faisant trop souvent preuve d’immobilisme, d’agir maintenant et stimulant sa propre transformation.

L’étude constate que plusieurs initiatives proactives visent à répondre à des problèmes particuliers, mais sont trop fragmentaires pour répondre aux problèmes de fond.

Au chapitre de la formation, le rapport indique l’importance d’une mise à jour pour y intégrer les compétences vertes, une approche attrayante pour le renouvellement de la main-d’œuvre.

Les constats des chercheurs se terminent sur un élément positif.

En effet, les acteurs de l’industrie savent faire abstraction à leur concurrence pour résoudre les problèmes.

Les initiatives du secteur ouvrent de nouvelles possibilités de collaboration.

« Il faut mieux aligner la concertation sectorielle, renforcer sa représentativité et le développement de solutions collectives et que l’État soit partie prenante des défis de main-d’œuvre », conclut la présentation des deux chercheurs.

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