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Des pionniers de l’industrie se retrouvent
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Glen Fugère voulait retrouver ses amis de l'industrie, partis aux quatre vents. Crédit : Michel Beaunoyer
Sous l’initiative de Glen Fugère, ancien agent manufacturier, plus d’une centaine de représentants manufacturiers et membres de réseaux du marché secondaire automobile se sont retrouvés au restaurant Jarry Smoked Meat de Montréal, le 22 juin dernier.
Pendant des décennies, ce restaurant était le point de convergence du marché secondaire automobile de la grande région de Montréal. Plusieurs distributeurs ont pignon sur rue dans ce secteur et bien des représentants de manufacturiers de pièces y étaient des habitués.
Ce Booster Club, comme il était connu à l’époque, regroupait quelque 200 membres en rotation avant de s’essouffler et de s’éteindre au milieu des années 1990. Pour Glen Fugère, il était grand temps de contacter les membres aujourd’hui dispersés, sinon disparus, de cette grande confrérie et de les attirer dans un endroit proche de leur histoire professionnelle.
« Les gens connaissent la place et puisque la plupart sont retraités et ne profitent plus d’un compte de dépenses, je ne voulais pas que ça leur coûte trop cher », lance l’organisateur avec un grand sourire. Il a réalisé un véritable tour de force en remplissant la vaste salle d’anciens collègues ou concurrents sincèrement heureux de se retrouver après tant d’années.
Signe de l’époque, on ne voit que peu de femmes à ce rendez-vous. « En fait, le club organisait chaque année une soirée des dames, question de remercier nos épouses de s’occuper de la famille alors que nous partions souvent sur la route pour la semaine entière pour aller voir les grossistes de chaque région du Québec », nous éclaire un participant.
Qu’entend-on d’autre dans cette salle bruyante ? Que le Club représentait un terrain neutre où des concurrents pouvaient fraterniser lors du tournoi de golf ou du souper aux huîtres, un peu comme l’AIA Canada mais local. Ou encore que cette table dans un coin tranquille était la favorite pour inviter un acheteur et lui faire signer un contrat, la main grasse tachant le papier.
Le niveau de bruit monte alors que chacun raconte en condensé les trente dernières années de vie. Les voix sont fortes mais pleines de chaleur. Il faut comprendre que ces retraités et têtes grises ont passé leur carrière à utiliser la parole pour expliquer et convaincre.
Phénomène digne de mention, c’est en français que ça se passe au Jarry Smoked Meat. « Les Anglais, ils sont à Toronto », tranche un participant avec bonne humeur et sans aucune arrière-pensée. Mais on sent une certaine fierté de ces pionniers qui ont contribué à bâtir le marché secondaire automobile de la grande région de Montréal, une pièce et un litre d’huile à la fois, dans la langue de Molière.
Y aura-t-il d’autres rencontres de cette vénérable confrérie ? Tout porte à le croire à la lumière du plaisir manifeste éprouvé par les participants à ces retrouvailles.
Pour l’auteur de ces lignes, c’était aussi l’occasion de retrouver et de remercier Guy Obomsawin et Luc Champagne, deux grands amis de l’industrie et mentors généreux pour un journaliste qui faisait jadis ses premiers pas dans cette accueillante industrie.
Étiquettes : marché secondaire automobile














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