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Un outil de formation pertinent

Jean-François Champagne, président de l'AIA Canada, PHOTO AIA Canada

La pandémie a accéléré la définition du « nouveau normal », ce qui signifie qu’il est plus que jamais essentiel de remédier à la pénurie de compétences sur le marché secondaire.

Il est temps de se moderniser, car les véhicules évoluent rapidement vers des machines qui sont de plus en plus complexes, débordant de technologie et d’électronique. Toute l’industrie, des propriétaires d’atelier aux techniciens en passant par les ouvriers, doit être mieux équipée pour relever ces défis. « Nos membres nous disent qu’ils sont souvent confus quant aux programmes existants », déclare Jean-François Champagne, président de l’AIA Canada. « Qu’est-ce que leur gouvernement provincial offre ? Qu’est-ce qui est disponible par le biais du gouvernement fédéral ? »

Pour mieux répondre à ces questionnements, l’AIA Canada vient de publier le document phare suivant intitulé Programmes, subventions et incitatifs nationaux et provinciaux : Guide pour les apprentis, les travailleurs et les employeurs du marché secondaire de l’automobile. Il s’agit d’un guide complet des programmes provinciaux et fédéraux de formation et de soutien financier, et ce dans tout le Canada. Ce guide de 185 pages énumère les informations par juridiction fédérale et provinciale, et se concentre sur :

– les personnes qui envisagent de suivre une formation professionnelle ;

– les personnes qui suivent déjà une formation professionnelle et celles qui l’ont suivie

– les entreprises et les employeurs.

Conseils et liens

Le guide fournit des résumés détaillés des nombreuses ressources, en expliquant à qui elles s’adressent, ainsi que des liens et des informations de contact. Les ateliers, les techniciens et les personnes qui envisagent une carrière dans l’industrie y trouveront des conseils et des orientations précieux pour les programmes de formation et de soutien financier. « Ces questions sont au cœur des préoccupations de nos membres depuis un certain temps », déclare M. Champagne. « La pandémie nous a donné l’occasion d’achever le travail. C’est une ressource que les membres nous ont demandée ».

Il y a aussi des statistiques qui ne surprennent pas les professionnels du secteur. Par exemple, le marché des pièces de rechange contribue à l’économie canadienne à hauteur de 21,6 milliards de dollars, emploie 389 000 Canadiens et devrait connaître une croissance de 13,4 % d’ici 2022. Ces chiffres proviennent de l’étude de l’AIA sur les perspectives de 2018, ainsi que des informations recueillies dans le cadre de recherches menées avec le Conference Board du Canada.« La prochaine étude sur les perspectives sera publiée en 2020, et nous continuerons à mettre à jour nos projections pour l’avenir », déclare M. Champagne.

Il est peut-être trop tôt pour savoir quel sera l’impact de COVID-19 sur l’industrie et sur ses chiffres. « Grâce aux enquêtes menées auprès de nos membres, nous savons que la pandémie a eu un impact important », déclare M. Champagne. « Quatre-vingt-onze pour cent des personnes interrogées ont déclaré avoir été directement touchées. Nous constatons des signes de retour à la routine, mais combien de temps faudra-t-il pour que les ventes et les activités reprennent leur cours normal ? Il y a encore beaucoup d’incertitude ».

Une ressource centralisée

L’industrie est en perpétuelle évolution, à la fois en raison des progrès techniques dans la conception des véhicules et du choc de la pandémie. C’est pourquoi, plus que jamais, il est nécessaire de trouver des programmes et des financements qui puissent soutenir ce changement. « Il n’y a pas d’autre ressource disponible que ce guide », déclare M. Champagne. « Nos membres nous ont dit qu’il existe des programmes, mais qu’il est très compliqué d’y accéder. Ils avaient besoin d’une ressource centralisée ».

« C’est encore plus difficile pour les petites et moyennes entreprises. Elles n’ont pas la même structure globale de ressources humaines que les grandes organisations », explique M. Champagne.

L’industrie et les organismes de formation ont déployé des efforts considérables pour améliorer les programmes d’études et de formation, et ce, à un rythme jamais vu auparavant. Outre un programme fédéral destiné à la population indigène, d’autres provinces offrent également une formation et un soutien à ce segment. Il en va de même pour les programmes destinés aux femmes ; le gouvernement fédéral offre une prime d’encouragement à l’apprentissage accordée aux femmes, tout comme le font quelques provinces.

L’AIA travaille avec les femmes par le biais du programme AWAKE (Advancing Knowledge in Automotive Exchange). « Nous faisons beaucoup de recherche et d’éducation pour l’industrie sur l’importance des offres d’emploi qui sont neutres en termes de genre, et la création d’un environnement qui est accueillant pour les femmes et les minorités », dit M. Champagne.

Manque d’harmonisation

Même s’il n’est sorti que depuis quelques semaines, le guide a déjà suscité beaucoup d’intérêt. « Nos membres répondent très bien à l’appel qui leur est lancé d’aller au-delà des personnes traditionnellement attirées par le lieu de travail », déclare M. Champagne. « La publication de cette ressource souligne qu’il existe une incitation supplémentaire pour les diverses minorités et les femmes ce qui les encouragera encore plus ».

La compilation de la liste des ressources a également montré la nécessité de reconnaître la complexité de ces programmes et le manque d’harmonisation entre les provinces. « Cela limite la mobilité de la main-d’œuvre », explique M. Champagne. « Ce rapport sera utilisé dans notre travail avec le gouvernement pour démontrer le besoin d’harmonisation. Nous avons vécu le COVID-19 et la reconnaissance du marché secondaire doit être abordé comme un service essentiel ; sa mise en œuvre a été très différente d’une province à l’autre, ce qui a créé beaucoup de confusion à une époque où les gens recherchent la clarté ».

Par exemple, au Québec, le marché des pièces de rechange a été considéré comme un service essentiel uniquement pour les réparations d’urgence. La réparation des collisions n’a pas été incluse, bien qu’elle fasse partie du marché des pièces de rechange. L’Ontario a une définition beaucoup plus large, qui inclut la réparation des collisions. « En Ontario, notre industrie était claire, mais au Québec, la situation était dangereuse, car les gens ne savaient pas quoi faire », explique M. Champagne. « Maintenant, nous travaillons en collaboration au Québec pour établir de meilleurs canaux de communication, afin de ne pas mettre en danger la sécurité des personnes qui tentent de réparer les voitures, en fournissant les services de réparation dont vous avez besoin aux premiers intervenants, aux services de livraison des épiceries, aux personnes qui travaillent dans les hôpitaux ».

Le marché des pièces de rechange, une solution négligée ?

Il y a plus de Canadiens qui travaillent dans le secteur de l’après-vente que dans celui des ressources naturelles ou de l’agriculture. Néanmoins, M. Champagne estime que le marché secondaire est trop souvent une solution de rechange. « Il y a 26 millions de véhicules sur les routes canadiennes, et c’est nous qui entretenons ces voitures », dit-il.

Les véhicules que vous achetez en 2020 sont radicalement différents des voitures fabriquées il y a seulement 15 ans. « Il existe des capteurs et des radars reliés à des ordinateurs qui peuvent arrêter un véhicule et le contrôler entièrement », explique M. Champagne. « On ne peut pas réparer un ordinateur avec une clé. »

« Il y a une énorme quantité de mise à l’échelle qui est nécessaire. L’industrie investit massivement pour offrir une formation complète aux prestataires de services, aux réparateurs et aux techniciens. Nous espérons que ce guide aidera nos membres à trouver les ressources dont ils ont besoin pour améliorer leur activité. »

 

Catégories : Éditorial, Mécanique
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