Abonnez-vous à notre magazine Autosphere et à notre infolettre hebdomadaire pour recevoir les dernières nouvelles de l’industrie.
Actualités automobiles, avis d’experts et conseils pratiques
Un coup de peinture sur une épave

Le Canada dépense des milliards de dollars qu’il n’a pas dans un programme à l’impact environnemental négligeable. (Crédit : Ford Motor Company)
Les ventes de véhicules électriques ont largement reposé sur les « adeptes précoces » et d’importants rabais gouvernementaux. Or, la plupart de ces consommateurs ont déjà effectué leur achat, et les subventions gouvernementales ont été réduites ou supprimées… et voilà que la réalité nous rattrape.
Après près de cinq ans et environ 3 milliards de dollars dépensés, le gouvernement fédéral a suspendu son programme de rabais pour les véhicules électriques en janvier dernier, soit deux mois avant la date de fin prévue en mars. Le programme n’avait plus de fonds.
Rabais à la consommation
Il est important de noter que ce programme de rabais, les Incitatifs pour les véhicules zéro émission (iVZE) de Transports Canada, ne concernait que les rabais accordés aux consommateurs pour réduire le prix de détail du véhicule. Un seul ministère, Transports Canada, a dépensé près de 3 milliards uniquement pour les rabais à l’achat. Un autre ministère, Ressources naturelles Canada, dans le cadre de son Programme d’infrastructure pour les véhicules à émission zéro, a accordé 265,9 millions de dollars en financement à 353 projets d’infrastructure de recharge entre juin 2019 et juillet 2023.
À cela s’ajoutent les subventions pour les usines de batteries, ainsi que les incitatifs offerts aux fabricants pour la conversion ou la construction de nouvelles usines dédiées aux VÉ. Sans oublier les subventions et rabais provinciaux. Ces multiples sources de financement injectées dans l’écosystème VÉ représentent une somme colossale… plusieurs milliards de dollars.
Un outil de vente trompeur
Les rabais sont un outil de vente risqué et trompeur. Ils génèrent une demande artificielle en bonifiant l’attrait du produit sur le marché. Mais cette demande est faussée, car le marché ne perçoit pas de valeur au prix courant. Dès que les rabais cessent, les ventes chutent. Voilà ce qui se passe actuellement : les incitatifs prennent fin et la demande pour les VÉ diminue fortement.
Le secteur des véhicules électriques repose sur une base de subventions et de rabais. Ce sont plusieurs milliards de dollars issus des coffres publics, donc de la poche des contribuables.
Toute entreprise qui dépend des subventions gouvernementales pour survivre ou croître fait face à un problème de viabilité sur le marché réel, surtout lorsque cette dépendance se prolonge bien au-delà de la phase de démarrage. Le secteur des VÉ repose depuis longtemps sur un soutien financier imposé à des consommateurs qui ne souhaitent même pas acheter ce produit. Même les citadins qui utilisent les transports en commun financent cette utopie électrique.
Malgré des milliards en rabais et subventions, la part de marché des VÉ ne progresse pas assez rapidement. Et à l’approche de 2026, même l’industrie qui a bénéficié de ces milliards de fonds publics affirme maintenant que les cibles pour 2026 sont irréalistes et inatteignables.
Une comparaison à méditer : aucune compagnie pétrolière ne reçoit de subventions pour construire une station-service. Ces installations doivent être rentables sur la base d’une demande réelle pour le carburant. Elles offrent un produit recherché par les consommateurs en volumes suffisants pour générer un retour sur investissement positif.
Une illusion de part de marché
En 2024, les véhicules à émission zéro (VEZ) ont atteint une part de marché de 15,4 %, selon les classifications gouvernementales. Or, ces statistiques incluent les véhicules hybrides rechargeables (VHR). Le VHR le plus vendu au Canada est le Mitsubishi Outlander, un véhicule de milieu de gamme dont l’autonomie maximale en mode électrique est de 61 km. En hiver, par températures sous zéro, cette autonomie peut chuter de 30 % ou plus. En réalité, de nombreuses personnes utiliseront le moteur thermique de ce véhicule pendant plus de 50 % de leurs trajets. Les VHR sont classés
comme VEZ uniquement pour gonfler les chiffres. Une grande supercherie… qui soulève une autre question : quelles autres manipulations se cachent derrière les données ?
Le Canada représente moins de 2 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. La Chine, à elle seule, produit l’équivalent de ces émissions canadiennes… en moins de 21 jours. Alors pourquoi injecter des milliards et creuser encore davantage un déficit déjà astronomique pour atteindre un objectif qui aura un effet pratiquement nul sur le climat mondial ?
Cela fait bien trop longtemps que nous laissons le gouvernement dépenser des milliards à maquiller un cochon. Certains ont cru que cela le rendait plus attirant. Mais il est temps de sortir de cette illusion et de voir ce cochon pour ce qu’il est vraiment.





RIVE-NORD DE MONTRÉAL
Temps plein

