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Identifier et régler les problèmes d’électronique sur les voitures
Autosphere » Mécanique »

Le diagnostic électronique fait maintenant partie des opérations courantes en atelier. (Crédit : Shutterstock)
Le diagnostic électronique est devenu une opération incontournable pour identifier la source réelle d’un problème dont l’origine serait autrement incroyablement difficile à retracer.

Exemple parmi tant d’autres ? Une voiture qui refuse de démarrer à cause d’une caméra en panne sous le pare-brise. « En plus, pour compliquer les choses, l’analyseur m’indique que le problème est lié à la transmission », ajoute le formateur Pierre Henry de l’Atelier branché qui a vécu la situation.
Ce spécialiste en a vu d’autres. Au fil des ans, il a également constaté l’augmentation de la complexité des réseaux de communication à l’intérieur d’un véhicule. « Une camionnette Silverado, par exemple, compte 40 modules électroniques qui communiquent par l’entremise de 15 réseaux informatiques partagés. Alors, si un court-circuit se produit quelque part sur un réseau, c’est tout ce qui y est relié qui tombe en panne et envoie un signal d’anomalie lors de la prise de données avec l’analyseur. Il va indiquer qu’il y a un problème de communication sur l’un des réseaux. Ensuite, c’est au technicien de procéder méthodiquement pour en retracer l’origine. »
Un fil corrodé, un capteur défectueux ou un module à mettre à jour peut expliquer un comportement anormal ou un accessoire qui a subitement cessé de fonctionner. Comme le constatent tous les spécialistes consultés pour ce reportage, le diagnostic évolue à grande vitesse depuis ces dernières années. Les ateliers doivent être en mesure d’analyser les problèmes électriques et électroniques s’ils veulent rester compétitifs. Brancher un véhicule donne accès à 2 000 chemins qui parcourent tous les réseaux de communication et vérifient leur bon fonctionnement.

Toutes les voitures
« Vous savez, on trouve aujourd’hui toutes sortes d’anomalies électroniques, même sur les véhicules d’entrée de gamme », enchaîne Wilson Almeida, directeur de l’Académie Vast-Auto Distribution. « Dans l’entretien et la réparation automobile, l’ordinateur a détrôné le tournevis. Il faut apprendre à lire et à comprendre les circuits. Finie l’époque où l’on changeait une pièce simplement parce que cela avait fonctionné dans le passé. »
Il est parfois devenu difficile de faire comprendre aux clients, qui arrivent avec leur expertise YouTube, qu’avant de réparer, il faut diagnostiquer. « Il nous faut des techniciens formés et équipés, c’est essentiel, surtout quand on sait que 70 % de nos techniciens n’ont pas de diplôme professionnel en mécanique », poursuit M. Almeida. L’atelier doit aussi s’assurer de l’expertise du personnel au comptoir, car c’est ce dernier qui devra éduquer le consommateur.
Remonter à la source
Le défi pour le marché secondaire automobile est de taille. Chaque année, des voitures de plus en plus sophistiquées accèdent à ses baies de service. « Ce n’est pas étonnant, en ce sens que cet automne, ma tournée de formation portera, entre autres, sur la communication et les réseaux informatiques des véhicules », constate Billy Thomas, spécialiste de la formation chez Bumper to Bumper. « Je suis d’accord pour dire que ce diagnostic n’est pas évident. Mais aujourd’hui, il est impossible d’accomplir la moindre tâche sur une voiture sans la brancher préalablement pour évaluer son état de santé, puis accéder au diagnostic menant au bon processus de réparation. »
M. Thomas souligne également l’importance de former le client. « L’instinct du mécano doit changer. Le diagnostic électronique est maintenant un travail rigoureux d’enquête, explique-t-il. Le client doit comprendre que trouver la source du problème prend du temps, mais revient moins cher que de remplacer des pièces inutilement. »

Des surprises à éviter
« La technologie nous met devant de beaux défis », tranche Al Kozun, formateur technique pour les ateliers du réseau NAPA. « Par exemple, les clés sans contact, qui ressemblent en fait à une carte de crédit, fonctionnent grâce à une antenne située à l’intérieur de l’habitacle de la voiture, qui capte son signal. Que se passera-t-il quand cette antenne se corrodera ou tombera simplement en panne ? Comment ouvrira-t-on la porte, sans clé physique, si la communication est impossible ? »
Selon cet expert de la formation, face à ces nouvelles technologies, les techniciens des ateliers indépendants doivent établir un plan de diagnostic. Le premier élément est d’avoir accès à un oscilloscope et à un analyseur à jour. Mais l’analyse des données n’offre pas la solution ; elle guide le technicien vers les tests à mener.
Le second est de recueillir l’information, tant auprès du client que de la voiture. « Ensuite, suivez les étapes, consultez les bulletins techniques et comprenez les chemins à parcourir ainsi que les tests à réaliser, et dans quelle séquence, pour arriver à la solution », explique M. Kozun.

Le désir de réparer
Heureusement, selon lui, les mécaniciens professionnels ont dans leur ADN le désir de réparer. « Avec les médias sociaux, on voit apparaître partout des communautés d’experts dans lesquelles des techniciens échangent sur leurs problèmes et leurs solutions », constate le formateur. C’est dans la nature des mécaniciens d’aimer résoudre les problèmes.
Il recommande de brancher chaque véhicule qui entre en atelier pour en présenter le bilan de santé au client. « Avec la montée des problèmes électriques et électroniques, il faut accompagner le consommateur dès le départ. C’est en bâtissant une relation de confiance qu’il laissera tomber ses hésitations lorsqu’on lui parlera du temps qui sera facturé pour le diagnostic », conclut M. Kozun.





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