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La capteur de pression TPMS, le capteur de l’avenir

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Pirelli a développé une évolution du TPMS, montée d’origine sur la McLaren Artura. PHOTO Pirelli

Le capteur de pression (TPMS) est un appareil de sécurité bien connu promis à un développement technologique accéléré.

Ce petit capteur de pression installé dans le prolongement de la valve du pneu saisit les écarts de pression et signale au conducteur, par l’entremise d’un voyant lumineux dans le tableau de bord, que la pression d’un ou plusieurs de ses pneus glisse sous une norme établie, normalement environ 20 %.

Certains véhicules présentent maintenant plus de précision, indiquant quel pneu affiche une baisse de pression.

Le constructeur Tesla a aussi surpris le marché il y a environ deux ans en adoptant pour ses TPMS une communication Blue Tooth.

Traditionnellement, le capteur parlera avec le véhicule par ondes radio.

Cette nouvelle technologie permet de faire circuler davantage d’information entre le pneu et la voiture.

« Quand on y pense, il y a plusieurs choses de possibles si on combine les systèmes explique Yanick Leduc, directeur global formation technique chez Sensata Technologies qui commercialise les TPMS d’origine et de remplacement Schrader. Lié au système ABS le TPMS peut indiquer la vitesse de rotation des roues. Par exemple, dans les applications commerciales, ces données analysées permettraient d’établir si les virages se font davantage par la droite ou la gauche. On pourrait aussi savoir les périodes où le véhicule est stationnaire durant la journée. »

La pression commerciale

La réglementation dans le transport commercial lourd, qui vise à envoyer les conditions du pneu directement au gestionnaire en cas de problème, pourrait accélérer le développement d’une interface plus intelligente entre le TPMS et l’ordinateur de bord.

En Europe, des constructeurs travaillent sur une technologie qui limiterait la vitesse maximale d’un véhicule en cas de basse pression d’un pneu.

« Si les automobilistes tendent à ne pas porter attention au voyant TPMS, il en est autrement dans le secteur commercial où un pneu dégonflé peut être source de dégradation rapide du pneu, mais aussi d’une hausse significative de la consommation de carburant. Si en plus d’une baisse de pression il y a une hausse inquiétante de la chaleur du pneu, une alarme va apparaître. Le gestionnaire pourrait alors communiquer directement avec le chauffeur pour lui indiquer d’immobiliser rapidement le véhicule en attente du service de dépannage routier. Ces technologies vont progresser en prévision de véhicules de plus en plus autonomes. »

Puisque le capteur mesure régulièrement la pression, il en saisira la variation subite en cas d’impact ou possiblement, de virages à haute vitesse dangereusement intenses.

On peut croire qu’un pneu ainsi malmené pourrait communiquer avec le système de stabilité du véhicule et les freins ABS pour calmer le jeu et maintenir la voiture sur la route.

Chez les fabricants de pneus

La possibilité de connaître, en temps réel, la condition des pneus fait partie des préoccupations des fabricants de pneus.

Chez Pirelli, on nous indique travailler à mener le simple TPMS d’aujourd’hui à un niveau supérieur. Maria Stella Narciso, du département des communications du fabricant italien, cite par exemple le Cyber Tyre, lancé en février dernier, en première monte sur la McLaren Artura.

Ici le conducteur peut voir en temps réel la pression des pneus, mais aussi leur montée en température.

Puisque le capteur possède toute l’information sur les caractéristiques du pneu, il pourra aviser le conducteur s’il atteint la vitesse limite spécifiée par la cote du pneu monté sur son bolide.

« Ces systèmes sont conçus pour donner le type d’information qui sera nécessaire quand les véhicules deviendront de plus en plus autonomes ; des données liées au niveau d’adhérence et aux conditions climatiques, etc … »

Une situation d’aquaplanage pourrait ainsi rapidement être prise en charge et atténuée par les autres systèmes de contrôle du véhicule.

Intéressant aussi d’entendre Andrew Decker, ingénieur de projet pour Bridgestone Americas.

« Présentement, les capteurs de pression peuvent aussi livrer sa température interne. Plus nous obtenons d’information et plus nous pouvons, de notre côté, développer des pneus qui soutiennent le véhicule de façon optimale dans une variété de conditions. L’implantation réussie des technologies de mobilité, incluant un conducteur ou basées sur l’entière autonomie, va demander des solutions permettant de suivre la pression des pneus, certes, mais aussi leur niveau d’usure ou encore les conditions de route. Ces technologies vont transmettre une information importante pour l’automobiliste qui pourra suivre leur condition. Et ce monitorage en temps réel pourrait même inviter automatiquement à prendre rendez-vous pour un entretien, évidant les pannes. »

Les leçons de la haute performance

M. Decker mentionne que Bridgestone Americas compte sur un centre de recherche technique à Akron, en Ohio, ou s’effectue sa recherche et son développement, notamment pour les pneus de course Firestone.

Au-delà des TPMS, l’ingénieur souligne à quel point le développement de pneus de haute performance permet de faire progresser l’innovation sur les pneus de tourisme.

« Nous appliquons ce que nous apprenons sur les pistes de course sur les pneus de route. En fait, plusieurs de nos ingénieurs de pointe liés aux produits destinés aux circuits de compétition travaillent maintenant sur les pneus de voitures de passagers. »

Mais comme le souligne M. Decker, peu importe l’évolution des technologies, les consommateurs doivent réaliser que la sécurité routière, tout comme sur les circuits de course, repose sur l’entretien adéquat des pneus.

« Une fois le pneu sur la voiture, c’est au conducteur de s’en occuper. »

La technologie a beau promettre de belles avancées, si le conducteur ignore le témoin lumineux dans son tableau de bord, c’est peine perdue.

Mentionnons en conclusion que l’ensemble de nos intervenants dans ce dossier ne comprend tout simplement pas pourquoi le TPMS n’est pas un équipement de sécurité obligatoire sur les voitures canadiennes.

Heureusement, rares sont les constructeurs qui ne les installent pas d’origine sur les véhicules vendus sur notre marché.

 

Catégories : Éditorial, Pneus
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