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La Norvège dans la mire, par Chris Hill

Chris Hill est directeur de programme, planification du parc pour la ville de Guelph. PHOTO Chris Hill

Nous avons peut-être en fait atteint le point de bascule pour une adoption plus large des VÉ.

« We’re Coming Norway » était le slogan d’une publicité de General Motors préparée pour la diffusion du Super Bowl 2021 qui a fait un tabac sur les médias sociaux. La publicité mettait en scène l’acteur Will Ferrell réagissant au fait qu’il se vend plus de voitures électriques (VÉ dans l’industrie) par habitant en Norvège, qui offre de généreuses incitations aux acheteurs de VÉ, qu’aux États-Unis.  Le message à la fin est que GM aura 30 nouveaux modèles de VÉ disponibles d’ici 2025.

Beaucoup de paroles

J’ai l’oreille tendue pour écouter les nouvelles sur les VÉ depuis que les hybrides sont disponibles en 2001. On a beaucoup parlé du moment où le graphique des ventes de VÉ commencerait à ressembler à un bâton de hockey, ce qui n’a jamais semblé se produire. Dix ans après le lancement des Mitsubishi i-MiEV, Nissan Leaf et Chevy Volt, les ventes de VÉ ne représentent toujours qu’environ 3 % des ventes de voitures neuves au Canada.

General Motors a déclaré un engagement ferme en faveur de la production de VÉ au cours des 10 à 15 prochaines années. PHOTO General Motors

Pour moi, cette année est déjà différente. Les grands discours de GM au Super Bowl ouvrent de nouvelles perspectives pour le marketing des véhicules électriques. Et il y a eu des annonces plus importantes que jamais pour les VÉ dans les semaines qui ont précédé le Super Bowl. GM, Ford et Stellantis ont annoncé des engagements importants pour la construction de VE en Ontario (Honda et Toyota, nous vous attendons).

Le marché des autobus de transport en commun, comme nous l’avons déjà signalé dans cette chronique, se détourne du diesel et achète des véhicules électriques en nombre sans précédent. Le marché des camions a été bourdonnant de nouvelles concernant les prototypes et les annonces de produits de piles à combustible et de batteries électriques.

La dernière fois que nous en avons été témoin d’un tel engouement, c’était à l’été 2008. À l’époque, de puissantes forces se sont combinées pour créer l’urgence de se passer des combustibles fossiles et de réduire les émissions. L’une d’entre elles était la flambée du prix du pétrole brut, qui s’approchait de plus de 140 dollars américains le baril. Une autre était l’inquiétude croissante face au changement climatique.

Effondrement des prix du pétrole

Puis les marchés financiers se sont effondrés et une « grande récession » s’est installée. Le prix du pétrole s’est effondré, tout comme les préoccupations environnementales. Il a fallu beaucoup de temps pour s’en remettre.

Au cours des douze derniers mois, les prix du pétrole ont recommencé à fluctuer de façon spectaculaire, passant même sous la barre du zéro à un moment donné l’année dernière, la pandémie ayant réduit les voyages et la demande de carburant automobile et d’aviation. Il suffit de regarder les prix de détail de l’essence qui sont aujourd’hui presque aussi élevés qu’en 2008. Il est difficile d’accepter cela alors que le prix du pétrole brut est inférieur à la moitié de ce qu’il était à l’époque.

Mais cette fois, le prix de l’essence n’incite pas à l’achat de VÉ. Notre façon de penser a changé et nous voyons maintenant que nos choix énergétiques sont une question sérieuse. Nous pouvons améliorer notre avenir et ne pas nous contenter de faire comme si de rien n’était.

Aller de l’avant

Comme indiqué sur cbc.ca, la société québécoise Lion Electric vend déjà des camions électriques à CN Rail et à Amazon et est le plus grand producteur d’autobus scolaires électriques en Amérique du Nord. Warren Buffett-backed BYD assemble des bus électriques en Ontario et les livre à la commission de transport de Toronto. Et les fabricants de pièces automobiles du Canada développent un concept de voiture à émission zéro, la Arrow, pour montrer ce que la chaîne d’approvisionnement canadienne peut faire.

Les préoccupations liées au changement climatique signifient qu’une ligne dure est désormais adoptée pour les véhicules équipés de moteurs à combustion interne.  Des restrictions et des interdictions totales de vente de nouveaux véhicules à moteur à combustion interne entreront en vigueur au cours des dix à quinze prochaines années. Les constructeurs automobiles reconnaissent que cela ne changera pas. Ils s’éloignent des moteurs à combustion interne et vont de l’avant avec les véhicules électriques.

Alors oui, la Norvège est dans la mire. Sans oublier le Danemark et la tentative d’achat du Groenland.


Chris Hill a été gestionnaire de parc et conseiller auprès de certaines des entreprises les plus connues du Canada, de plusieurs municipalités et du gouvernement de l’Ontario. Il a été deux fois président de la section ontarienne de la NAFA. Il est actuellement directeur de programme, planification du parc pour la ville de Guelph.

 

Catégories : Chronique, Parc
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