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Impulsion MTL : Le point sur l’électrification commerciale

Sarah Houde, présidente de Propulsion Québec, a souligné l’importance de cette rencontre virtuelle pour faire rayonner l’expertise québécoise.PHOTO Impulsion Montréal

Lors du forum virtuel Impulsion, organisé par Propulsion Québec, plusieurs intervenants d’ici et d’ailleurs en  Amérique du Nord ont fait le point sur l’électrification des véhicules commerciaux.

Comme l’expliquait la présidente et directrice générale de Propulsion Québec, Sarah Houde, ce deuxième forum virtuel vise à partager les meilleures pratiques en matière d’électrification des transports tout en permettant aux principaux acteurs du secteur de tisser des liens.

L’amélioration du bilan carbone des transports routiers passe aussi par la mise sur la route de véhicules commerciaux à zéro émission.

Lors d’un panel, Ben Mandel, directeur régional de CALSTART qui chapeaute le programme Drive to Zero pour le Nord-Est des États-Unis, a souligné que l’électrification des véhicules commerciaux va tout d’abord toucher les camions de livraison urbaine et les autobus municipaux. « Ces véhicules parcourent des circuits répétitifs ou font des livraisons de proximité avant de retourner à leur base le soir. Il y a une augmentation de l’offre pour ce type de véhicules et je crois qu’en 2025 nous allons atteindre un niveau d’équilibre entre les solutions électrique et diésel pour ces applications. »

Selon cet expert, l’augmentation graduelle de l’offre de véhicules commerciaux électriques va favoriser ce virage.

Marc Bédard, président de la Compagnie électrique Lion, a pour sa part souligné que la technologie des véhicules et autobus électriques était mature et que la solution existe dès maintenant. Avec ses camions commerciaux offrant 400 kilomètres d’autonomie, il est en mesure de répondre aux besoins des compagnies de livraison. « Mais pour les longues distances, ça reste plus compliqué. »

L’effet américain

Selon Philippe P. Huneault, délégué du Québec à Los Angeles, le changement de gouvernement aux États-Unis va donner un nouveau souffle aux transports verts chez nos voisins du sud. La présidence Biden est clairement plus favorable à cette approche que l’administration précédente et l’accélération de l’électrification des transports aux États-Unis va avoir un impact positif sur les fournisseurs québécois. En fait durant toutes les conversations de ce forum, le Québec et ses entreprises font bonne figure au chapitre des technologies vertes en transport ; que ce soit du point de vue des politiques de soutien, de l’avancement technologique ou de l’engagement de municipalités, d’entreprises de services publics et d’entreprises dans cette direction.

L’enjeu commercial

Si un des facteurs importants pour le succès du VÉ est la multiplication des bornes publiques de recharge, cet élément a peu d’emprise pour les applications commerciales. Selon M. Bédard de Lion, il serait plus utile pour les parcs commerciaux que les institutions prêteuses revoient leur approche de financement. « Les banques devraient laisser de côté l’amortissement des véhicules commerciaux sur cinq ans et prendre en considération la longévité des camions électriques, mais aussi le fait qu’il faut aussi financer des installations de recharge pour ces entreprises. »

Jeff Turner de la firme montréalaise Dunsky Énergie, œuvre entre autres dans le domaine de la mobilité propre. Selon lui, l’adoption de véhicules électriques pour les parcs commerciaux, municipalités et services publics, passe par l’utilisation d’outils d’optimisation. « Il faut mesurer l’utilisation du parc, faire une approche globale, expliquait M. Tuner. Il faut prendre en considération le coût total et faire une prévision sur dix ans. Les gestionnaires de parc ont besoin de voir des chiffres. Présentement, à cause de la disponibilité, les solutions s’orchestrent en premier lieu sur les voitures et les camions légers. »

Selon Vartan Badalian, responsable du programme EV100 pour l’Amérique du Nord, le succès d’une transition vers l’électrique pour le secteur commercial repose tout d’abord sur l’engagement des dirigeants. Il faut, selon lui, que les objectifs de réduction des émissions soient inscrits dans la philosophie de l’entreprise. « Il faut que la direction y croie, sinon le mouvement va s’essouffler, souligne-t-il. Les gestionnaires doivent aussi partager ces objectifs avec toute leur équipe. Ensuite, il s’agit d’être stratégique pour les infrastructures pour accompagner le déploiement. »

Un intervenant illustrait d’ailleurs cette approche en disant que si le chauffeur ne croit pas à l’électrique, l’entreprise aura un gros problème d’adoption de cette technologie.

Des défis

Plusieurs entreprises et organisations ont témoigné de leurs démarches vers l’électrification de leurs parcs routiers. Retenons le témoignage de Frédéric Prégent, directeur général de Taxelco, entreprise de taxi qui gère également Téo Taxi. Il identifiait les défis à l’électrification pour son entreprise qui veut greffer 150 VÉ à son parc annuellement : Difficulté d’accès aux fonds de transformation, réduction possible des subventions gouvernementales pour l’achat de VÉ, coûts des infrastructures de recharge, certains véhicules, notamment des fourgonnettes et véhicules pour transport adapté non disponibles.

Mais pour faire face à ces défis, Victor Poudelet, directeur chantier et communauté pour Propulsion Québec invitait les gestionnaires de parcs à suivre certaines étapes. Il leur recommande de garder un œil attentif sur les technologies de transport tout en établissant une cible claire d’électrification pour leurs entreprises. Il recommande de mettre à l’essai certains VÉ et d’anticiper les éléments réfractaires au sein de l’entreprise. Lui aussi recommande une analyse de l’utilisation du parc pour appuyer efficacement la démarche. Il recommande d’adopter une vision globale et ne pas simplement remplacer un véhicule conventionnel avec son équivalent VÉ. Et il invite les gestionnaires à s’informer et à saisir tous les programmes d’aide disponible. Tisser des liens au sujet de la démarche d’électrification avec les clients et les fournisseurs fait aussi partie de la formule gagnante.

Une technologie montréalaise en France
Les camions de collecte des ordures en France profiteront du savoir-faire québécois. PHOTO Impulsion Montréal

C’est lors de ce forum que l’entreprise montréalaise Développement Effenco, spécialisée dans la conception de systèmes électriques pour véhicules lourds vocationnels, a annoncé une entente avec Derichebourg Environnement visant à électrifier 157 véhicules de Derichebourg en France. L’entreprise française choisit ainsi à nouveau Effenco et sa plus récente technologie de solution de propulsion électrique.

L’entente qui couvrira trois ans permettra d’équiper 120 véhicules en France alors que 37 systèmes additionnels seront destinés aux nouveaux contrats de Derichebourg à Montréal.

Lors de cette annonce, Effenco soulignait des gains du côté européen où les appels d’offres pour les services publics ne tiennent pas uniquement compte du prix, mais accordent des points aux solutions qui s’inscrivent dans une perspective de développement durable.

Catégories : Éditorial, Parc
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