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NAFA 2020 I&E : Combiner techno et encadrement

La culture de sécurité au volant se développe en combinant la technologie et l'encadrement professionnel. PHOTO Pixabay, photos libres de droits

Lors de la récente exposition virtuelle 2020 de la NAFA, Arthur Liggio, président directeur général de Driving Dynamics, proposait un webinaire sur la culture de sécurité en matière de conduite automobile. 

Virtuel, oui mais…

Pour les gestionnaires de parcs automobiles, la technologie servant à automatiser le processus d’intervention en cas de mauvais comportement au volant est devenue réalité. Force est toutefois d’admettre qu’une démarche axée sur le virtuel entraîne surtout des changements à court terme parce qu’elle se focalise seulement sur les écarts de manœuvre du participant essentiel du processus : le conducteur. Selon M. Liggio, il serait préférable de se servir des données récoltées pour mieux intégrer le principal concerné dans la démarche afin d’enrayer une fois pour toutes ces irritants. Pour étayer sa philosophie, l’expert propose une stratégie par l’entremise d’un webinaire.

Une question de culture

« L’accent mis sur le suivi des actions est-il suffisant? » se demande M. Liggio. À ses yeux, il existe une meilleure voie à suivre, et elle englobe une approche personnalisée menant le conducteur à effectuer une prise de conscience quant à son comportement au volant. Ainsi, le gestionnaire change le paradigme et voit son chauffeur comme la solution et non le problème. En d’autres mots, l’employeur exploite les données virtuelles liées aux risques du conducteur, non pas en s’en servant pour le réprimander mais comme éléments de base pour construire une nouvelle culture de sécurité.

C’est bien connu, chaque jour, les conducteurs se frottent à des obstacles potentiels tels panneaux de signalisation, vitesses à respecter, feux de circulation, trafic au cœur des heures de pointe et technologie des communications à gérer.

« Pour la majorité des conducteurs qui vivent peu ou pas d’incidents, le fait que tout se passe bien les force à pousser un peu, puis encore un peu. Au bout du compte, ils créent d’autres habitudes pouvant se définir comme des comportements à risque », explique l’expert.

Il le faut bien, puisque les statistiques avancées par M. Liggio révèlent qu’au fil des ans, les conducteurs incarnent le principal risque en termes d’accidents de la circulation. En fait, ils représentent en moyenne 94 % de cette funeste tarte au cours de la dernière décennie.

La tactique

Malgré tout, la résolution du dossier reste un défi, car les problèmes de sécurité sont souvent tangibles. Arthur Liggio suggère d’aller à la racine des convictions du conducteur pour toucher une corde émotionnelle positive et durable. Il stipule que toutes les actions que nous posons sont influencées par nos croyances. Donc, la démarche de l’employeur consiste à changer l’étiquette de son conducteur, qui passera, selon les qualificatifs de M. Liggio, d’« incompétent inconscient » à « compétent conscient ».

Voici le scénario mis de l’avant lors de cet exposé, mais tout gestionnaire peut l’adapter selon sa réalité. Après l’observation des faits à corriger, la stratégie comporte quatre étapes : diagnostic, compréhension, accord et plan d’action.

Le diagnostic s’établit à la lumière du dossier de conduite. L’employeur demande à son chauffeur de compléter le document comprenant « toutes » ses infractions au Code la route, puis de le signer. Ce que fait ce dernier en omettant d’ajouter une faute d’inattention perpétrée lors de son itinéraire de vacances. Au fait de cette erreur, le gestionnaire la rappelle à son conducteur en pointant le terme « toutes », bien en vue à la tête du document à entériner.

« Mais ça s’est passé pendant mes vacances en famille », justifie l’interpellé.

« D’accord, mais se pourrait-il que tu aies négligé un passage dans le document, qui te demandait de signaler toutes tes infractions au code routier? »

« J’admets que ce détail m’a échappé », confesse l’employé, qui ajoute que parfois, il peut être distrait au volant pour diverses raisons. Ici, il s’agit de la seconde étape, la prise de conscience.

« Parfait, même si je sais que ces manquements ne sont pas intentionnels, peut-on en discuter un peu? »

Au fil de la conversation, l’employé admet qu’il pourrait gagner en perspicacité. Il précise qu’il y a place à amélioration pour sa sécurité et celle de sa famille, pour rehausser son dossier de conduite et, tout compte fait, pour préserver la réputation de l’entreprise. Sans jugement, par un échange emphatique meublé de questions ouvertes de la part de l’entrepreneur, les deux hommes en arrivent à l’étape trois, l’accord.

Le plan d’action

« Maintenant, pourquoi ne pas faire un plan qui te convient personnellement pour assurer TA sécurité? », lance le gestionnaire.

En poursuivant dans la même veine, humaine et compréhensive, celui-ci remet à son conducteur un document en lui proposant d’y inscrire tous les points qu’il aimerait améliorer : stress, attraits et distractions, contrôle des émotions, préparation physique et mentale, planification de l’itinéraire, etc. Encore une fois, l’implication du conducteur relève de sa propre initiative. Cette démarche en fait un autodidacte, un acteur important dans l’évolution de la culture de sécurité de la compagnie. Pour peaufiner le dossier, le duo se revoit sur une base hebdomadaire et apporte les ajustements nécessaires.

Finalement, dans le but de boucler le dossier après un laps de temps qu’il juge opportun, l’employeur soumet une feuille de travail « avant » et « après », dénotant les progrès démontrés par le conducteur au gré de l’exercice.

« Par cette méthode, toute entreprise devient consciente de l’évolution des compétences de ses conducteurs à partir d’un processus d’écoute axé sur une approche personnalisée », annote M. Liggio.

D’ « incompétent inconscient », le conducteur est donc passé à « compétent conscient » à son propre rythme, selon sa détermination et ses ambitions.

« Il sait de plus en plus ce qui se passe et devient vraiment éveillé quant aux éléments qui touchent sa profession au quotidien », conclut le président de Driving Dynamics.

Catégories : Éditorial, Parc
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