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Les pièces de caoutchouc sous le capot à inspecter
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Les conduites et courroies sont parfois difficiles d'accès et exposées aux éléments. (Crédit : Envato)
Les courroies et les boyaux de caoutchouc subissent les ravages du temps. Un suivi attentif de leur état est essentiel pour garantir la sécurité sur la route des véhicules des clients des ateliers de mécanique.
Ces pièces flexibles sont parfois négligées lors des inspections. « Les gens attendent qu’elles lâchent avant de les remplacer », résume Denis Pageau, chroniqueur dans nos pages et conseiller du réseau des garages recommandés de CAA Québec. « Il existe une plage de temps recommandée par le constructeur pour le remplacement des courroies, mais il est facile d’évaluer l’état de celles qui sont accessibles. »
Une inspection de la courroie serpentine doit figurer au programme lors de la visite d’un client, car elle peut se détendre avec le temps, tout comme les tendeurs peuvent s’user prématurément ou perdre de leur flexibilité.

Des pièces importantes
Jerry Reeves, directeur des produits chez le concepteur et fabricant de pièces de remplacement Dayco, rappelle qu’il existe deux principaux types de courroies sur un véhicule : la courroie serpentine (ou d’accessoires) et la courroie de distribution.
La fonction principale de la courroie serpentine et de ses composants environnants est de transmettre le couple du vilebrequin aux accessoires tels que l’alternateur, le compresseur de climatisation, la pompe de direction assistée, le ventilateur et, souvent, la pompe à eau.
La courroie de distribution (timing belt), quant à elle, est responsable de la synchronisation de l’arbre à cames et du vilebrequin, garantissant ainsi un calage précis des soupapes. Certains constructeurs automobiles ont opté pour des chaînes de distribution.
Nous avons demandé à M. Reeves quels sont les symptômes d’un problème de courroie serpentine. « Si une courroie serpentine glisse, le conducteur peut remarquer une perte de puissance ou de climatisation, ou encore une batterie qui ne se recharge pas complètement. Cela peut aussi entraîner une surchauffe si la courroie entraîne la pompe à eau. »
Par ailleurs, une courroie cassée signifie que le véhicule ne peut pratiquement plus rouler tant qu’elle n’est pas remplacée, car de nombreux composants ne peuvent pas fonctionner sans la tension de la courroie.
Une menace pour le moteur
« Concernant la courroie de distribution, si elle est mal alignée ou glisse, des codes d’erreur ou un voyant moteur apparaîtront. Le conducteur remarquera un ralenti irrégulier, une perte de puissance, voire des ratés d’allumage. En revanche, si une courroie de distribution casse, cela peut provoquer des dommages catastrophiques au moteur sur certains véhicules. Il est donc essentiel de l’inspecter et de la remplacer aux intervalles appropriés », explique M. Reeves.
Selon lui, il existe des signes précurseurs d’un problème. « Une courroie émet toujours des signes avant-coureurs, qu’ils soient visibles (vitrification, durcissement, effilochage) ou liés au bruit. Toutefois, il faut garder à l’esprit que les courroies EPDM plus récentes s’usent comme une bande de roulement de pneu, rendant l’usure difficile à détecter à l’œil nu. »
Ces courroies présentent un profil en « V » traditionnel dans les rainures entre les nervures. Dayco propose un outil simple appelé jauge aWEARness, qui mesure la profondeur et le profil des nervures et vérifie également la présence de fissures sur les courroies serpentines.
Il n’est pas nécessaire d’utiliser un outil pour comprendre que les sifflements aigus ou les couinements caractéristiques provenant de l’avant du moteur sont autant de signes révélateurs d’un problème avec la courroie ou les composants qui lui sont liés.
Chaque constructeur indique des intervalles de remplacement différents pour la courroie serpentine. Toutefois, Dayco recommande une inspection régulière de toutes les courroies d’entraînement, des tendeurs et des accessoires une fois que le véhicule dépasse 95 000 km. Lorsque la courroie est usée et prête à être remplacée, tous les composants environnants doivent également l’être, ce qui se produit souvent entre 145 000 km et 160 000 km.
La courroie de distribution et ses composants associés devraient également être inspectés à partir d’environ 95 000 km et remplacés, dans la plupart des cas, entre 110 000 et 145 000 km. Cette règle liée au kilométrage ne peut être le seul indicateur; « attention à l’âge aussi, car le caoutchouc tend à perdre ses propriétés avec le temps », précise Denis Pageau.
Les fournisseurs de pièces de remplacement recommandent, si ces courroies doivent être changées, d’opter pour un ensemble complet comprenant la courroie et tous les accessoires qui la tendent et la guident.
Ce remplacement peut prendre quelques minutes pour la courroie serpentine, mais jusqu’à plusieurs heures pour la courroie de distribution, installée à l’avant du moteur. Le client trouvera peut-être l’estimation élevée, mais assurément plus acceptable que celle liée à la réparation ou au remplacement d’un moteur.
Durites et boyaux
M. Pageau se tourne vers d’autres pièces flexibles. Une belle variété de durites et de boyaux serpente sous le capot et sous le véhicule pour relier les composants des systèmes de refroidissement, d’évacuation des gaz et d’alimentation en carburant.
« Le vieillissement de ces pièces est à l’origine de nombreuses pannes, constate M. Pageau. Encore une fois, on ne pense à leur remplacement qu’une fois qu’elles rendent l’âme. » Selon lui, on observe avec le temps une décoloration des durites et des boyaux, indiquant que le caoutchouc perd ses propriétés. « Il faut prêter attention à ce phénomène lors de l’inspection et surtout vérifier s’il y a des fuites aux joints. Dans le même ordre d’idée, les collets tendent à s’oxyder et doivent être remplacés si nécessaire. »
En ce qui concerne le système de refroidissement, des débris ou un cerne noir dans le vase d’expansion de l’antigel sont des signes de dégradation de l’intérieur des conduites. « Et si un automobiliste donne un coup de fil désespéré, en panne le long d’une autoroute, les deux pieds dans l’antigel, de grâce, ne lui dites pas de rouler doucement jusqu’au garage, exhorte Denis Pageau, cela pourrait endommager son moteur. »
Des pièces exposées aux éléments
Pour sa part, Jerry Reeves, de chez Dayco, explique que les durites peuvent s’endommager ou s’user pour plusieurs raisons, mais le plus souvent à cause de l’abrasion, d’un mauvais positionnement des colliers, de la corrosion ou de l’exposition à des contaminants.
Les durites doivent être souples, mais non molles. Si une durite est dure au toucher ou cassante, c’est un signe de dégradation et elle doit être remplacée. La présence de gonflements, de boursouflures ou de fissures rend également le remplacement indispensable.
« La durée de vie des durites varie selon l’application et dépend de l’exposition à des facteurs tels que la chaleur, la contamination et la pression », résume M. Reeves.
Les durites de liquide de refroidissement doivent être inspectées plus fréquemment, généralement à chaque vidange, et il est recommandé de les remplacer à l’intervalle de remplacement du liquide de refroidissement, soit environ 160 000 km pour la plupart des véhicules.





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