Abonnez-vous à notre magazine Autosphere et à notre infolettre hebdomadaire pour recevoir les dernières nouvelles de l’industrie.
Actualités automobiles, avis d’experts et conseils pratiques
La suspension trop souvent oubliée dans les ateliers
Autosphere » Mécanique »

La condition de la suspension est trop souvent omise lors des inspections mécaniques. (Crédit : ShutterStock)
La suspension mérite que l’on s’y attarde plus attentivement pour bonifier les revenus de l’atelier, mais surtout pour garantir du comportement sécuritaire de l’automobile de ses clients.
« La suspension est une catégorie mal aimée en entretien mécanique », constate Patrick Saint-Pierre, directeur des ventes au Groupe Monaco et connaisseur en matière de suspension automobile. « On pense avant tout au confort de conduite, pourtant, la suspension, c’est ce qui colle la voiture sur la route. On parle ici de la qualité du freinage et de la stabilité du véhicule. Qui plus est, plus le véhicule est technologique, et plus une bonne condition de la suspension est importante. »
Cela étant dit, M. Saint-Pierre est le premier à admettre que l’usure des pièces de suspension est presque imperceptible, puisqu’elle se fait graduellement, au fil des kilomètres, et que le conducteur ne pourra en sentir le changement. Le défi demeure entier pour l’atelier qui veut diagnostiquer sa condition, à moins d’une défaillance majeure.
« Pour les suspensions pneumatiques, de plus en plus populaires sur les camions légers et les gros VUS, c’est simple, en cas de bris ou de panne, le véhicule s’affaisse, reprend M. Saint-Pierre. C’est plus compliqué avec une suspension conventionnelle, à moins qu’un amortisseur ne présente une fuite, il demeure difficile d’en mesurer la condition en un seul coup d’œil. »
Comprendre le pneu
Selon M. Saint-Pierre, une usure en bandes observée sur les pneus au moment du changement de saison, un plongeon de la voiture au freinage, un rebondissement prolongé au moindre impact ou un roulis exagéré lors des virages annoncent une suspension fatiguée. « Et ce n’est pas rendre service au client que d’installer un ensemble de pneus sur une suspension finie qui va les user prématurément. » Bref, le technicien devrait être aux aguets de tout signe d’usure anormale des pneus, annonciateur d’un problème d’alignement ou de suspension.
Même recommandation de la part de Richard Shumko, formateur au sein de l’équipe de Garage Guru du distributeur DRiV. « Vous savez que les deux tiers des véhicules légers qui se retrouvent au recyclage en fin de vie y arrivent avec leurs suspensions d’origine. Pas besoin d’en dire plus lorsqu’on songe au potentiel que représente le remplacement de pièces de suspension. »
Selon M. Shumko, une voiture qui affiche plus de 100 000 km au compteur et qui n’est plus couverte par la garantie du constructeur mérite systématiquement un essai routier à l’atelier. Le technicien d’expérience pourra mesurer le comportement du véhicule, autant en matière de son freinage, de la qualité de la direction que de la suspension, tout en prêtant l’oreille à toute anomalie sonore, susceptible d’indiquer un problème. Une inspection visuelle devrait suivre, dévoilant un ressort brisé ou un amortisseur fuyant.
« Il faut bien éduquer l’équipe afin qu’elle puisse expliquer la nécessité d’un remplacement de la suspension au client, reprend l’expert. En fait, je ne saurai trop insister sur l’importance de la communication avec le client, car il réalise rarement l’usure de ce système et de son importance sur sa sécurité. Puisque l’usure est graduelle, un diagnostic précoce permet aussi au client de planifier la dépense dans son budget. »
Ce que veut le client
Patrick Saint-Pierre mentionne au passage qu’il se trouve dans le marché secondaire des ensembles permettant le remplacement d’une suspension pneumatique par un système conventionnel, beaucoup moins dispendieux, mais qui n’offre pas le même niveau de confort duveteux.
Tout comme le mentionnait d’ailleurs lors d’une récente entrevue Raymond Proulx de KYB, il faut mesurer les attentes des clients et analyser les utilisations du véhicule. Ce que corrobore M. Shumko. « Une camionnette qui travaille dur sur les chantiers a besoin d’une suspension beaucoup plus rigide et résistante qu’un véhicule de la même catégorie qui ne sert qu’aux balades le dimanche. Il faut comprendre les attentes des clients, installer une suspension trop robuste pour les balades du dimanche ne fera pas un consommateur heureux, tout comme le contracteur n’aura pas d’éloges pour l’atelier qui lui aura installé une suspension inadéquate qui rendra l’âme prématurément. »
La suspension est mal aimée par les ateliers, lançait en introduction Patrick Saint-Pierre. Pourtant, quelque 90 % des systèmes reposent sur des ensembles faciles à installer. « C’est à cause des usines des constructeurs automobiles qui veulent des ensembles de pièces rapides à monter. Les ateliers du marché secondaire doivent en profiter à leur tour », conclut M. Saint-Pierre.





LAVAL
Temps plein


