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Entretenir les pièces électroniques et électriques sous l’auto

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De plus en plus de pièces et capteurs travaillent sous la voiture pour en assurer la sécurité et l’efficacité. Photo Groupe ZF

De plus en plus de pièces mécaniques comportent aujourd’hui des éléments électroniques, changeant la donne pour les techniciens en faisant l’entretien.

La présence de composantes électroniques n’est pas une nouveauté dans les systèmes se trouvant sous la voiture. Cependant, leur multiplication et leur complexification ont connu une accélération au cours des dernières années.

« L’avancé et la démocratisation des systèmes d’aide à la conduite a été évidemment un accélérant à ce chapitre », explique Michel Julien de MJConsultech. « Aujourd’hui, impossible de travailler sous un véhicule sans brancher le scanner. Le remplacement d’une pièce de suspension, par exemple, même s’il ne s’agit pas d’un amortisseur ajustable, va demander une mise à jour numérique de la hauteur du véhicule afin que les capteurs du système anticollision ou du régulateur de vitesse adaptatif puissent faire leur travail. Certaines pièces physiques ont aussi été complètement remplacées par des moteurs électriques et autres actuateurs. « Prenez l’exemple du frein à main, illustre M. Julien. Le câble relié aux étriers n’existe plus, c’est un moteur électrique qui fait le travail. »

Pour le formateur Michel Julien, la prolifération de l’électronique sous l’auto exige un diagnostic électronique, même pour les travaux d’apparence simple. Photo Michel Beaunoyer

Cet expert mentionne que même pour un travail qui semble routinier sous la voiture, le technicien devrait toujours commencer par brancher son analyseur pour construire son diagnostic. Cette démarche leur permettra d’identifier des problèmes qu’il n’aurait pas perçus autrement, d’accéder au bon processus de réparation et éviter de remplacer des pièces inutilement.

Robert Murgado, directeur de la gestion des produits chez le fournisseur GSP, précise d’ailleurs sur ce point que son entreprise s’évertue à trouver des solutions simples aux problèmes complexes sous l’auto, notamment en offrant des composantes pré-assemblées. De plus, dès qu’un atelier commande une pièce GSP sur certaines plateformes de gestion d’atelier, il aura accès au bulletin technique qui y sera relié, en expliquant les particularités et le processus de remplacement.

Évolution technologique des pièces automobiles

Plus près de nous, l’entreprise Distribution Automont est bien placée pour parler de l’évolution des technologies en action sous le véhicule. Ce distributeur est spécialisé dans la pièce de remplacement européenne.

« On peut voir que la technologie européenne a toujours une longueur d’avance, explique Martin Desmarais, président de l’entreprise. Notre approche est de nous préparer pour fournir les pièces de remplacement qui seront en demande dans nos ateliers indépendants qui vont recevoir ces Volkswagen, Audi, BMW ou Porsche après l’échéance de la garantie du constructeur. Les crémaillères électriques, la suspension intelligente ou tous les capteurs de stabilité apparaissent de plus en plus sur ces véhicules et vont migrer graduellement vers les voitures plus accessibles. Avec la connectivité et la partage des données qui font des véhicules de plus en plus intelligents, il faut s’attendre à ce que ces technologies électroniques se multiplient. »

De plus en plus de pièces mécaniques passent à l’électronique ou à l’électrique, comme ces étriers de freins AUDI. Photo Distribution Automont
La suspension intelligente repose sur le magnétisme de l’huile dans le système qui peut être activé à la demande. Photo Automont

Suivre la technologie

Pour suivre cette vague, Distribution Automont puise à plusieurs sources. Elle travaille avec les fabricants de pièces d’origine pour voir venir les nouveautés et fréquente assidûment les grands salons du marché secondaire automobile, notamment Automechanika. L’entreprise maintient aussi des liens étroits avec des concessionnaires de marques européennes pour identifier, notamment, les pièces les plus sujettes à remplacement.

Comme le mentionnait M. Murgado de GSP, pour faciliter le travail du technicien, une pièce usée demandera parfois son remplacement par un ensemble pré-assemblé. « Il faut surtout s’assurer que le diagnostic électronique est effectué avec rigueur, reprend M. Desmarais pour éviter de remplacer inutilement des pièces dispendieuses. Ça met beaucoup de pression sur les compétences du technicien. »

Ce dernier n’est pas laissé pour compte puisque Distribution Automont, à même son catalogue, va expliquer exactement les particularités et le processus de remplacement de la pièce. Qui plus est, entretenant une relation de proximité avec ses clients, l’entreprise met à leur disposition des conseillers techniques qui peuvent leur indiquer au téléphone comment procéder dans les cas plus complexes.

Et M. Desmarchais est parfaitement d’accord avec les conseils de Michel Julien, spécifiant l’importance d’analyser les données du véhicule lors du diagnostic. « Les consommateurs veulent économiser de l’argent en confiant leur véhicule à des ateliers indépendants. Il faut qu’ils y trouvent du personnel à la hauteur. Ces techniciens ne peuvent pas travailler sans savoir, remplacer une pièce inutilement alors que le problème est uniquement un contact électrique défectueux. »

L’ouverture des technologies sous la voiture est manifeste. À preuve, le fournisseur Tenneco vient d’introduire dans sa gamme Monroe de pièces suspension les amortisseurs intelligents RideSense destinés aux véhicules européens luxueux. Selon les informations obtenues, ils ont été conçus pour répondre aux spécifications des pièces d’origine, offrant un remplacement et un branchement rapides de forme Plug & Play.

Évidemment les pièces de haute technologie sont dispendieuses, surtout lorsque leur remplacement nécessite aussi de changer un ensemble dont elles font partie, sans parler du temps que demande parfois leur réinitialisation, afin que la voiture les reconnaisse.

Oui, la pièce est plus dispendieuse, mais dure longtemps, précisent pour leur part Nebojsa Stevanovich, directeur des programmes et du porte-folio et Christian Karch, à la tête du développement de la technologie du châssis pour le Groupe ZF. Ils soulignent aussi qu’il est possible, en consultant les données numériques de certains systèmes, de bien cibler les entretiens préventifs.

Pièces de qualité

« L’époque où l’on pouvait travailler sous l’auto sans avoir recourt à l’électronique est révolue, souligne M. Stevanovich. Nous sommes passés de l’ère tout mécanique à celle des technologies de pointe. Avec l’avènement du véhicule électrique et des voitures de plus en plus autonomes, nous allons constater une rapide progression. Même changer des plaquettes de frein demande de brancher le véhicule. Mon message aux ateliers est : formez-vous ! »

Travaillant étroitement avec les constructeurs automobiles, le Groupe ZF propose des pièces de qualité équivalant à celle de la pièce d’origine. Comme l’explique son collègue Christian Karch, la complexité des pièces de nouvelle génération et le fait qu’elles sont souvent liées au système de sécurité du véhicule imposent au garagiste indépendant de choisir les pièces de la meilleure qualité que le marché secondaire puisse offrir.

Cette illustration démontre comment la hauteur des phares avant est constamment optimisée grâce à des capteurs sur les pièces du châssis. Photo Groupe ZF

« Les garagistes doivent être responsables de leur travail, indique-t-il. Évidemment, l’accès aux informations du véhicule et aux processus de diagnostic et de réparation doit être préservé pour les ateliers de mécanique indépendants. » Il mentionne que chaque véhicule possède son empreinte digitale numérique qui permet, entre autres choses, de déterminer exactement les équipements et options présents sur ce modèle.

M. Stevanovich reprend en soulignant l’importance de la formation. Il cite par exemple les pièces de suspension active dont le remplacement demande une préparation de la voiture, un diagnostic juste et une calibration par la suite.

Le Groupe ZF offre un programme de la formation pour les ateliers indépendants qui couvre non seulement les pièces et systèmes qu’il met en marché, mais qui aborde aussi en profondeur les technologies développées par les constructeurs.

 

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