La fraude au financement automobile bondit de 72 % au Canada

Les réseaux criminels organisés exploitent de plus en plus le système de crédit et d'exportation automobile canadien pour expédier des véhicules obtenus frauduleusement vers l'étranger.
Une faille d’information aux douanes permet au crime organisé d’exporter des véhicules financés frauduleusement, risquant de renchérir le crédit pour les acheteurs canadiens.
Les réseaux criminels organisés exploitent de plus en plus le système de crédit et d’exportation automobile canadien pour expédier des véhicules obtenus frauduleusement vers l’étranger. Selon le plus récent rapport de l’Association canadienne de financement et de location (CFLA), intitulé Financement frauduleux et exportations illégales de véhicules, les ports de Montréal et de Halifax ont enregistré une hausse d’une année sur l’autre de 72 % des véhicules financés frauduleusement et destinés à l’exportation.
Le problème réside dans un manque de vérification aux frontières plutôt que dans un déficit de pouvoirs légaux. Bien que l’Agence des services frontaliers du Canada possède l’autorité requise pour intercepter ces véhicules, ses agents n’ont pas accès aux registres de liens et de financement en temps réel. Michael Rothe, président et chef de la direction de la CFLA, souligne que le crime organisé s’est adapté en ciblant cet angle mort, permettant aux véhicules de quitter le pays avant même que la fraude ne soit détectée.
Pour les concessionnaires et les institutions financières, cette vulnérabilité soulève des inquiétudes majeures quant à l’accès au crédit. Huw Williams, porte-parole national de la Corporation canadienne des associations de détaillants d’automobiles (CADA), avertit que si cette tendance se poursuit, elle risque de rendre le financement plus coûteux et moins accessible pour l’ensemble des consommateurs canadiens.
Face à ce constat, la CFLA et la CADA demandent une intervention urgente du gouvernement fédéral afin de partager les données financières avec les autorités frontalières et protéger le marché automobile national.
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