L’histoire de deux marques suédoises

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À compter de l'année-modèle 2027, Polestar ne sera plus autorisée à vendre de nouveaux véhicules aux États-Unis.

Même si les deux marques partagent la même maison mère chinoise, Polestar s’est vu interdire la vente de nouveaux véhicules aux États-Unis, alors que Volvo a obtenu le feu vert des autorités réglementaires.

Le paysage automobile nord-américain est sur le point de subir un autre changement important. À compter de l’année-modèle 2027, Polestar ne sera plus autorisée à vendre de nouveaux véhicules aux États-Unis, après que le département du Commerce des États-Unis a refusé l’autorisation à l’entreprise en vertu de sa réglementation sur les véhicules connectés.

Cette décision est particulièrement remarquable puisque la marque sœur de Polestar, Volvo, a reçu le feu vert pour continuer à vendre des véhicules sur le marché américain, bien que les deux marques appartiennent à la même maison mère chinoise.

Ces décisions contrastées soulignent à quel point les tensions géopolitiques et les préoccupations de sécurité nationale façonnent de plus en plus l’industrie automobile. Pour les fabricants, les détaillants et les consommateurs canadiens, les répercussions pourraient être importantes.

« Polestar continuera d’investir dans les marchés où nous avons des occasions de croissance continue, comme l’Asie du Sud-Est, l’Europe de l’Est, l’Amérique latine et le Canada. »
– Michael Lohscheller, chef de la direction, Polestar

La réglementation sur les véhicules connectés

La réglementation américaine sur les véhicules connectés vise à empêcher l’entrée sur le marché des États-Unis de véhicules dont le logiciel ou le matériel est lié à des pays considérés comme des risques pour la sécurité nationale.

Selon le Bureau de l’industrie et de la sécurité (BIS) du département du Commerce des États-Unis, la réglementation sur les véhicules connectés « restreint l’importation et la vente de certains véhicules connectés ainsi que du matériel / logiciel connexe lié à la Chine ou à la Russie. Le BIS a déterminé que ces transactions posent des risques pour la sécurité nationale, car les entreprises de ces pays pourraient être contraintes de partager des données ou de permettre un accès à distance aux véhicules connectés aux États-Unis. »

Les inquiétudes portent sur les véhicules connectés modernes, qui collectent et transmettent d’immenses quantités de données. Les autorités soutiennent que des gouvernements étrangers pourraient potentiellement avoir accès à des renseignements sensibles ou interférer avec des systèmes essentiels du véhicule.

Pourquoi Polestar a été rejetée

Bien que le siège social de Polestar soit situé en Suède, l’entreprise est détenue majoritairement par Geely, l’un des plus grands groupes automobiles de Chine. Malgré les efforts déployés pour diversifier la production, notamment en assemblant la Polestar 3 en Caroline du Sud, le BIS a déterminé que la structure de propriété de l’entreprise et ses technologies de véhicules connectés ne satisfaisaient pas aux exigences d’autorisation.

Cette décision met techniquement fin aux ventes des futurs modèles de Polestar aux États-Unis à compter de l’année-modèle 2027. Les stocks existants peuvent continuer à être vendus, et Polestar a déclaré dans un communiqué : « L’entreprise continuera de vendre les stocks actuels de Polestar 3 et de Polestar 4 aux États-Unis et continuera de soutenir ses clients, notamment en leur offrant un accès à son réseau de service. »

À l’échelle mondiale, l’impact est tout à fait gérable pour Polestar. Le constructeur a d’ailleurs précisé dans son communiqué que « 94 % des volumes de ventes au détail de Polestar au premier trimestre de 2026 provenaient de marchés hors des États-Unis. »

Pourquoi Volvo a été approuvée

À première vue, l’approbation de Volvo semble contradictoire. Tout comme Polestar, Volvo est contrôlée par Geely. Cependant, Volvo a travaillé en étroite collaboration avec les autorités réglementaires américaines pour démontrer que l’architecture de ses véhicules connectés, ses contrôles logiciels et ses systèmes de gestion des données étaient conformes aux nouvelles exigences.

Dans un communiqué distinct, Volvo a indiqué avoir eu des « discussions constructives avec le département du Commerce des États-Unis et d’autres responsables américains concernant la gouvernance, la technologie et la sécurité des données de Volvo », ce qui a mené à « la délivrance d’une autorisation spécifique » pour « poursuivre ses projets de croissance aux États-Unis. »

Ce que cela signifie pour le Canada

Selon Theo Kjellberg, responsable des relations publiques et des communications pour Polestar, l’interdiction américaine n’aura « aucun impact sur nos activités canadiennes, qui se poursuivent normalement. Les clients canadiens continueront d’avoir accès à la même gamme de véhicules qu’aujourd’hui : la Polestar 2, la Polestar 3 et la Polestar 4. »

Le chef de la direction de Polestar, Michael Lohscheller, a fait remarquer que le constructeur « continuera d’investir dans les marchés où nous avons des occasions de croissance continue, comme l’Asie du Sud-Est, l’Europe de l’Est, l’Amérique latine et le Canada. »

Pourquoi le Canada se démarque-t-il ? M. Kjellberg a expliqué : « Le Canada est un marché important, où nous constatons et prévoyons une croissance continue de la demande pour les VÉ en général, ainsi qu’un solide appui envers la marque Polestar. »

Un signe des temps à venir

Au-delà de Polestar elle-même, cette décision présage une transformation plus vaste au sein de l’industrie automobile mondiale.

Pendant des décennies, les constructeurs automobiles ont optimisé la production en fonction des coûts, de l’efficacité et de l’approvisionnement mondial. De plus en plus, les considérations géopolitiques, y compris la cybersécurité, la politique commerciale et la sécurité nationale, deviennent tout aussi importantes.

Les fabricants doivent désormais voir au-delà du simple lieu d’assemblage des véhicules. Ils doivent également démontrer où les logiciels sont développés, comment les données des véhicules sont gérées et qui contrôle ultimement les systèmes connectés.

Pour le secteur automobile canadien, ce paysage en constante évolution présente à la fois des risques et des occasions. Les entreprises qui investissent dans le développement transparent de logiciels, les infrastructures numériques sécurisées et la conformité réglementaire pourraient se trouver en bonne posture à mesure que les gouvernements adoptent des exigences de plus en plus strictes pour les véhicules connectés.

Le départ de Polestar des États-Unis est peut-être la première victime majeure de ce nouvel environnement réglementaire, mais il est peu probable que ce soit la dernière. Alors que les véhicules deviennent des ordinateurs sur roues connectés à des réseaux mondiaux, la cybersécurité pourrait s’avérer tout aussi importante que la puissance, l’autonomie de la batterie ou le lieu de fabrication pour déterminer quels constructeurs automobiles pourront rivaliser en Amérique du Nord.

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