Moins de ventes, plus de réclamations

Autosphere » Carrosserie » Éditorial » Moins de ventes, plus de réclamations
La gravité des accidents et les coûts de réparation associés devraient augmenter en 2026.

En 2025, nous avons observé d’importants changements tant au chapitre de l’adoption des véhicules électriques à batterie (VEB) que des réclamations pour réparation de carrosserie. Une grande partie de ces changements a été provoquée par des modifications de politiques, notamment la fin des incitatifs pour les véhicules électriques et des ajustements en matière de politiques commerciales. Résultat : plusieurs constructeurs automobiles ont revu à la baisse leurs offres de véhicules électriques et leurs objectifs de vente, pour plutôt adopter une approche plus neutre quant au groupe motopropulseur des nouveaux véhicules, incluant les hybrides, les moteurs à combustion interne traditionnels et la technologie électrique à batterie.

Une tendance à la hausse
Malgré tout, lorsqu’on examine la fréquence des réclamations d’assurance pour des VEB endommagés en collision, celle-ci continue d’augmenter, tant au Canada qu’aux États-Unis. Selon le plus récent rapport Plugged-In: EV Collision Insights de Mitchell, qui couvre le troisième trimestre de 2025, les VEB représentaient 4,91 % de toutes les réclamations pour réparation de carrosserie au Canada, une hausse de 24,3 % par rapport à l’année précédente.

Aux États-Unis, l’augmentation pour la même période s’élevait à 3,21 %, ce qui représente une croissance annuelle de 4,21 % et un sommet historique pour les réclamations liées aux VEB.

Cela dit, certains facteurs doivent être pris en compte. D’abord, la fin des incitatifs fédéraux pour les véhicules électriques et l’évolution du sentiment des consommateurs auront vraisemblablement une incidence sur la demande et la fréquence des réclamations, du moins à court terme. Nous avons déjà vu certains fabricants d’équipement d’origine (FEO) réduire leurs investissements dans les VEB et mettre fin à la production de certains modèles entièrement électriques, comme le Ford F-150 Lightning.

Perspectives à plus long terme
Il demeure toutefois important de se concentrer sur les perspectives à long terme. Malgré le récent ralentissement du développement des véhicules électriques et la stabilisation des ventes, d’importants projets sont toujours en cours, notamment des investissements dans des technologies de batteries de nouvelle génération, comme les batteries à semi-conducteurs solides développées par Toyota en partenariat avec Sumitomo Metal Mining Co. Contrairement à la demande artificielle pour les VEB observée ces dernières années, largement stimulée par les incitatifs, ce sont des avancées technologiques comme celles-ci qui détermineront vraisemblablement la véritable croissance future de l’adoption des véhicules électriques.

D’autres éléments liés aux résultats du troisième trimestre méritent également d’être soulignés, notamment le fait que l’augmentation de la fréquence des réclamations tient aussi compte des consommateurs qui ont profité des crédits d’impôt et des incitatifs avant leur expiration pour acheter un véhicule électrique. De plus, même si les ventes devaient diminuer à l’avenir, le pourcentage global de véhicules électriques en circulation aura tout de même augmenté.

À l’avenir, les réclamations de carrosserie réparables pour les véhicules électriques devraient être influencées par la région et les caractéristiques démographiques. Au Canada, la croissance demeure inégale d’un bout à l’autre du pays, certaines régions comme le Lower Mainland de la Colombie-Britannique et le Québec affichant une adoption plus élevée des véhicules électriques que d’autres, comme les Prairies.

Le facteur géographique
L’emplacement d’un centre de réparation de carrosserie [et sa clientèle] déterminera le niveau d’investissement qu’il est prêt à consacrer aux outils, à la formation et aux technologies nécessaires pour réparer ces véhicules. La question de la gravité des sinistres entre également en ligne de compte.

À l’heure actuelle, les véhicules électriques affichent toujours les coûts de réclamation les plus élevés parmi les véhicules réparables, en raison notamment de leur complexité technologique, de la disponibilité limitée des pièces du marché secondaire et des processus requis pour effectuer des réparations adéquates, y compris les calibrations des systèmes d’aide à la conduite (ADAS). Présentement au Canada, les calibrations représentent environ 10 % de l’ensemble des travaux de réparation et cette proportion devrait augmenter avec l’évolution constante des technologies, ce qui continuera à faire grimper les coûts de réparation. De plus, un retour de l’inflation des pièces est probable en 2026. Une grande partie de cette situation dépendra de la décision de la Cour suprême des États-Unis concernant les politiques tarifaires, mais il est également possible que les FEO et les fabricants de pièces instaurent des hausses de prix de façon progressive tout au long de l’année, possiblement dans une fourchette de 5 à 7 % en 2026 — un élément que les centres de réparation de carrosserie modernes doivent prendre en considération dans leur stratégie globale de réparation, y compris en ce qui concerne les véhicules électriques.

Catégories : Carrosserie, Éditorial

EMPLOIS

 
Confidentiel
Aviseur.e technique
 
  RIVE-NORD DE MONTRÉAL
  Temps plein
 
 
Olivier Mazda de Laval
Conseiller.ère au financement - véhicules neufs
 
  LAVAL
  Permanent
 
 
Carrossier ProColor Laval Est Groupe Gagné
Débosseleur.e
 
  LAVAL
  Temps plein
 
 
Chartrand Ford Inc.
Adjoint.e aux conseillers.ères techniques
 
  LAVAL
  Temps plein
 
 
Confidentiel
Directeur.rice général.e des ventes - spécialité véhicules d'occasion
 
  LANAUDIÈRE
  Permanent