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Les plastiques se réparent

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Un fort pourcentage des pièces de plastique peut se réparer, il s’agit d’avoir les bons outils et la bonne technique. PHOTO : Soudure Plastique Québec

Les voitures d’aujourd’hui comptent plusieurs pièces en plastique qu’il est possible de réparer au lieu de les remplacer.

Pour un atelier comme Carrossier ProColor Mirabel, qui accueille normalement environ 60 véhicules par semaine, les couverts de pare-chocs sont victimes d’un grand nombre de collisions, étant les plus exposés à l’impact.

Selon Éric Thérien, propriétaire de cet atelier, au vu de l’évolution très rapide des technologies, il est actuellement difficile de rester à jour sur les meilleures pratiques, et ce, tant pour les carrossiers que pour les assureurs. Un réflexe s’impose alors : remplacer la pièce. « Dans bien des cas, je pourrais réparer le pare-chocs, en conformité avec les normes les plus récentes », explique-t-il.

Sur le terrain, Éric Thérien, croit pour sa part que l’industrie ne demande qu’à s’adapter à ces nouvelles réalités. « Je ne crois pas à la fin des réparations, conclut-il, les remplacements coûtent très cher aux clients, et l’industrie va certainement s’aligner sur des méthodes plus viables. Les carrossiers qui savent réparer dans les règles de l’art auront toujours une longueur d’avance. »

Il constate que certains demeurent réticents à adopter cette solution, pourtant plus économique pour tous. « Même s’il faut parfois négocier avec l’assureur, nous arrivons à réparer un bon nombre de couvres pare-chocs. Cela a un impact positif sur les coûts, ne serait-ce que par la rapidité accrue. »

Son atelier serait l’un de ceux qui réparent le plus de pièces de plastique dans le réseau. Il utilise la technologie à l’azote.

couvre pare-choc réparé- Soudure Plastique Québec
On voit ici un couvert de pare-chocs remis en parfaite condition par une réparation avec la technique de Soudure Plastique Québec. Photo : Soudure Plastique Québec
Une technologie à point

Selon Roger Charron, représentant aux ventes en équipements et à la formation pour Les Entrepôts A.B., les ateliers se sont mis à la réparation de pièces de plastique en grand nombre au cours des dernières années.

« La technologie de réparation est à point et une formation de moins d’une heure suffit à un technicien pour en maîtriser l’utilisation. Ici, explique M. Charron, nous livrons des machines ProSpot d’utilisation facile. Elle peut utiliser quatre types de plastique qui vont répondre à environ 90 % des pièces endommagées. »

Au-delà des couvres pare-chocs, M. Charron indique que cette technologie peut aussi réparer d’autres pièces, comme les supports de radiateur ou encore les pattes des boitiers de feux avant.

« Parfois simplement pour une attache cassée, il faut changer toute la pièce, c’est du gaspillage. Il faut que les ateliers puissent réparer ces pièces. Et quand ils ont les équipements et la connaissance pour le faire, qu’ils le disent clairement à leurs partenaires assureurs », tranche M. Charron.

Une opération rentable

Ancien carrossier lui-même, il est bien placé pour rappeler aux ateliers les avantages d’une réparation par rapport à un remplacement.

« Le client est content parce que nous gardons la pièce d’origine et la voiture sera prête plus rapidement. Pour l’atelier, de pouvoir réparer un couvert de pare-chocs demande beaucoup moins de travail que de partir d’une nouvelle pièce qui doit être préparée et peinte entièrement. »

Selon lui, en moins de deux heures, un technicien peut effectuer une réparation complète. « L’assureur a tout intérêt à accepter une réparation rigoureuse et dans les règles de l’art de quelques heures, au lieu de payer des centaines et des centaines de dollars dans plusieurs cas pour le remplacement et la refinition d’une pièce de remplacement », explique-t-il.

Un couvert de rétroviseur, avant et après sa réparation. PHOTO : Soudure Plastique Québec
Savoir réparer

Pour sa part, Nathalie Carignan, présidente de Soudure Plastique Québec, insiste sur la qualité de la réparation. Selon elle, si les constructeurs demandent souvent à ce que la pièce soit remplacée c’est qu’ils soutiennent que les ateliers ne savent pas la réparer adéquatement. Elle va plus loin en soulignant que cette perception cache aussi le fait que pour les constructeurs, la pièce de remplacement d’origine représente un marché très lucratif.

« Il faut des normes pour l’industrie et c’est là où notre entreprise se démarque, souligne-t-elle. Le donneur d’ordre, en l’occurrence l’assureur, doit exiger un protocole de réparation répondant à des normes de qualité. En contrepartie, il doit valoriser les carrossiers qui savent réparer. Nous avons un processus validé qui assure que la pièce, réparée par des techniciens formés selon nos applications qui surpassent les normes mondiales de résistance A.S.T.M., sera aussi résistante qu’avant la collision. La question est de remettre une voiture sécuritaire, pas seulement avec une belle d’apparence. »

Pour avoir accès à la technologie de fusion des plastiques développée par Soudure Plastique Québec, un technicien certifié devra compléter deux journées complètes de formation avant de passer, après 90 jours d’apprentissage en atelier, un examen où sa méthode sera évaluée tout comme la résistance des pièces réparées.

Après avoir obtenu une certification individuelle, le technicien pourra réparer et appliquer sur les pièces un logo de certification qui en assurera la traçabilité.

« Il faut comprendre qu’avec les bons outils et une formation rigoureuse, tous les plastiques se réparent, insiste Mme Carignan. D’ici 2025, on estime que 35 % des pièces de carrosserie seront de plastique sur les voitures. Il faut que les ateliers s’y mettent dès maintenant. S’ils ne savent pas aujourd’hui réparer des pièces simples, la pente sera colossale à escalader lors de la multiplication des pièces et l’intégration constante de nouveaux composites. Apprendre à bien le faire dès maintenant va aider toute l’industrie à aller de l’avant. »

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