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La rigueur payante avec Luc Fillion

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Le conseiller stratégique Luc Fillion a expliqué, en entrevue, l’importance de réaliser les estimations de dommages dans les règles de l’art. PHOTO Autosphere

Le conseiller stratégique de la CCPQ, Luc Fillion, a bien voulu discuter avec Autosphere de l’importance de préparer des estimations des dommages précises et complètes pour les carrossiers.

Monsieur Fillion comprend intimement l’importance de ce processus et a répondu à nos questions à ce sujet, au bénéfice des carrossiers.

Autosphere : Quelle est l’importance de l’estimation pour la rentabilité des carrosseries ?

Luc Fillion : En fait, l’estimation est la première activité d’importance pour notre industrie. C’est basé sur des systèmes élaborés depuis plusieurs années, dont les logiciels Audatec et Mitchell au Québec. Ce qu’on oublie souvent c’est que pour les carrossiers ce sont nos ventes que l’estimation, après ça ce sont des dépenses.

De là l’importance d’avoir une estimation bien détaillée, bien complète, bien documentée, sans rien oublier. Et ça devient aussi un plan de travail pour la réparation du véhicule.

L’estimation est un mélange d’art et de science. L’automobile évolue et change et il faut évoluer avec ça. Il faut une formation continue pour être au parfum de ce qui se fait en matière de normes manufacturières et des nouveaux processus. Il y a quelques années il fallait 20 minutes pour faire une estimation. Aujourd’hui, pour bien la détailler, il faut d’une heure et demie à deux heures.

Autosphere : Pourquoi avez-vous créé un aide-mémoire pour l’estimation ?

Luc Fillion : L’aide-mémoire vient du fait que souvent les gens se font dire « tu es tout seul à demander telle ou telle chose dans l’estimation ». Après deux ou trois essais, le carrossier perd patience et ne le demande plus.

On a 20 collaborateurs, des spécialistes en estimation, qui ont évalué les besoins. On veut que l’industrie puisse avoir une procédure pour l’estimation afin de ne rien oublier. La complexité dans tout ça c’est qu’il n’y a pas un dossier pareil. La preuve c’est qu’on pourrait avoir un véhicule à estimer par dix personnes et on pourrait avoir dix résultats différents.

L’idée derrière ça, c’est que le carrossier doit être payé pour ce qui est à faire sur le véhicule pour avoir une réparation de qualité, dans les règles de l’art. Il y a beaucoup de recherche à faire. Et parfois le problème ce n’est pas la façon de monter l’estimation, mais comment on va la documenter ; avec des photos très claires, des annotations et c’est là où les gens oublient parfois de mettre des commentaires pour justifier leurs demandes.

Autosphere : Quels sont les éléments qui sont souvent oubliés dans l’estimation ?

Luc Fillion : Il y a beaucoup de choses. Dans les fiches Excell, ce qu’on appelle les « P » pages sont des non inclus. Au Québec on a des normes très différentes du reste du Canada. Il y a des choses qui sont payées en Ontario ou dans l’Ouest canadien, mais que nous n’avons pas ici au Québec.
Dans les pages de procédures, les « P » pages, c’est là où ça devient plus complexe. Il y a des choses qu’on peut mettre pour un véhicule X qu’on ne peut pas mettre pour un véhicule Y dans l’estimation. Donc l’aide-mémoire sert justement à ne pas faire d’oublis et c’est une référence pour s’assurer de faire une vérification.

Autosphere : Pourquoi proposez-vous les services de EvalAuto ?

Luc Fillion : Dans les rencontres du Comité pour l’aide-mémoire on a réalisé que les gens parfois ne se relisent pas après avoir fait l’estimation. On s’est aperçu que de la faire valider par une autre personne sous un autre angle qui regarde les photos et l’estimation permet de voir si ça se tient. C’est un peu comme font les assureurs à l’imagerie.

La force de Nicolas Labre de EvalAuto c’est qu’il a la chance de côtoyer plusieurs estimateurs chevronnés et parfait ses connaissances pour les partager avec les carrossiers. C’est une forme de coaching qui permet de bonifier les estimations de la bonne façon sans surcharger, mais en mettant les bonnes choses aux bonnes places. Et l’estimateur junior ou chevronné apprend en même temps. C’est un partage incroyable de façon d’aller chercher l’information et de bien les mettre dans l’estimation et la justifier à l’assureur.

Autosphere : Quel serait l’effet d’une harmonisation des estimations ?

Luc Fillion : En fait c’est d’être en mesure de pouvoir justifier les besoins pour faire une bonne réparation. Avec l’aide-mémoire et le coaching qu’on peut faire, on va arriver à avoir une harmonisation des estimations. C’est certain qu’il n’y a pas un dossier de pareil, mais si tout le monde documente avec les bonnes procédures et processus ça va être de plus en plus reconnu.

Il y a des compagnies d’assurance qui regardent présentement pour avoir de la formation les estimateurs et gens à l’imagerie à leur emploi pour qu’il y ait une constance. Même entre eux il y a des différences marquées, un va dire oui et l’autre va dire non et ce n’est pas standardisé.

Harmoniser l’estimation, on en a pour plusieurs années à le faire. Car on ne l’avait jamais vraiment réalisé, mais là on donne des outils pour le faire.

La CCPQ recommande de profiter des services de coaching de Nicolas Labre pour s’assurer de tirer le maximum de chaque évaluation. PHOTO EVALAuto
Autosphere : Le métier d’estimateur devrait-il être reconnu et encadré ?

Luc Fillion : La seule reconnaissance présentement est celle par le Groupement des assureurs automobiles (GAA) pour les estimateurs chez les assureurs ou les bureaux d’estimateurs indépendants. La bonne nouvelle c’est qu’en 2021 il va y avoir de la formation pour les fameuses « P » pages et le GAA me disait qu’il voulait inviter autant les estimateurs assureurs que les estimateurs carrossiers à suivre des modules de formation dans certaines activités.

L’autre très bonne nouvelle c’est que depuis deux ans au CSMO-auto on travaille à avoir une reconnaissance du métier d’estimateur. On vient d’avoir une subvention du Comité des partenaires du marché du travail (CPMT) pour cette reconnaissance, mais qui va passer par une base de formation. On est en train de monter un cours de coaching pour apprendre le métier par les pairs. On va former des formateurs pour ensuite pouvoir, après la formation, pouvoir donner une certification qui va reconnaître le métier comme estimateur ou estimatrice de dommages.

On va avoir des rencontres après le Fêtes pour monter cette formation et l’adapter aux besoins de nos estimateurs en carrosserie. On a déjà un comité avec une trentaine de personnes, de toutes les bannières et les gens du CSMO pour définir le métier, les fonctions et les qualités d’un bon estimateur.

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