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La CCPQ fait le point sur la situation

Michel Bourbeau, président exécutif de la CCPQ a partagé avec les directeurs des bannières de carrosserie les résultats d’un important rapport. PHOTO Archives Autosphere

Dans un rapport détaillé, partagé avec les représentants des quatre bannières de carrosserie actives au Québec, la CCPQ fait le point non seulement sur l’impact du COVIQ-19 sur le secteur de la carrosserie, mais sur des pistes de solutions.

En pleine crise du COVID-19, la Corporation des Carrossiers professionnels du Québec (CCPQ) a pris le leadership en traçant un portrait de la situation. Ce travail préparatoire servira de base aux représentants des grandes bannières dans leur travail auprès des assureurs.

« La situation de nos carrossiers était déjà très fragile, avant même la crise qui les a frappés de plein fouet. Notre Conseil d’Administration, – ainsi que les membres siégeant sur les quelques dix comités de travail de la Corporation,  – composés de carrossiers indépendants et oeuvrant sous les quatre bannières québécoises, ont travaillé à la préparation de ce document qui présente les perspectives des carrossiers, leurs espérances ainsi que les enjeux et défis auxquels ils sont confrontés, » souligne Michel Bourbeau, président exécutif de la CCPQ.

« Nous avons enrichi cette analyse de nos réflexions et de nos recommandations. Nous avons présenté la photo d’une contexture particulière et nous vous avons détaillé les doléances des carrossiers. Comme convenu avec les dirigeants des bannières, nous leur passons maintenant le flambeau. Il appartient à ces derniers de prendre charge de ce dossier et de le mener au bénéfice des carrossiers du Québec, des assureurs et de chacune des parties concernées, » a-t-il ajouté.

Une situation qui perdure

Rappelons que dès novembre 2018, la CCPQ avait rédigé et présenté un mémoire afin de conscientiser les assureurs à une réalité qui prévalait déjà dans les ateliers de carrosserie. Le document mettait en lumière le fait que les défis auxquels les carrossiers faisaient face étaient d’une ampleur telle que leur pérennité était compromise, et ce dans un horizon de seulement quelques années, si rien ne changeait.

Cette démarche n’a malheureusement donné lieu à aucun changement, ni provoqué aucun écho tangible ni généré de résultats monnayables pour les ateliers de carrosserie. Si les primes d’assurances aux consommateurs affichent une courbe croissante, l’effet financier ne s’est pas fait sentir chez les carrossiers.

Portrait de la situation

Les ateliers de carrosserie opèrent dans un environnement de complexités et d’exigences qui ne cessent d’évoluer, souligne le rapport. Leurs activités sont généralement cycliques.

Il y a plus de collision pendant la saison hivernale et historiquement, il y en a assez pour qu’ils soient occupés jusqu’à la fin du printemps afin de réparer tous les véhicules sinistrés.

Suit la saison estivale, plus tranquille, où les plus faibles volumes sont traités par des équipes réduites par la période des vacances. Avec le temps froid, le cycle d’activité reprend.

Une autre réalité est qu’au Québec, l’on estime que 90 % des réparations sont effectuées pour le compte des assureurs dans le cadre des réclamations de leurs clients.

Les revenus des ateliers de carrosserie sont donc clairement dépendants de la qualité de leur relation d’affaires avec un nombre restreint de compagnies d’assurance avec lesquelles ils ne transigent pas sur un pied d’égalité, précise le rapport.

En fait, les bénéfices des ateliers de carrosserie sont directement tributaires de leur ratio de productivité, et sans le volume référé par les assureurs, il leur serait difficile, voire impossible, d’optimiser les processus et augmenter leur marge bénéficiaire.

L’impact de la crise sanitaire

« Les changements brutaux engendrés par le coronavirus et l’état qu’il a prestement provoqué ont fait en sorte que la situation des carrossiers s’est précarisée encore davantage », constate le rapport.

Évidemment, les mesures de confinement et la fermeture de plusieurs volets de notre économie par les gouvernements ont eu un impact instantané sur les flots de la circulation automobile, et par conséquent sur le nombre de collisions.

La fermeture complète ou partielle des opérations des ateliers durant de longues semaines a été relayée par une reprise des activités dans un cadre très contraignant et coûteux pour les ateliers. Par exemple, l’approche différente et autrement plus réglementée et laborieuse en termes de gestion des opérations, du temps et de l’espace.

La reprise des activités se fait selon de nouvelles façons de faire et de raisonner en ce qui a trait à la gestion des ressources humaines. Les ateliers ont dû procéder à l’acquisition et à l’application de nouvelles technologies et de produits nouveaux.

Et facteur complémentaire, les ateliers de carrosserie ont mis en œuvre et maintiennent un délicat, mais strict protocole de prise en charge, d’encadrement et de gestion du service à la clientèle.

Concrètement, cela représente, par exemple, un minimum de trois lavages rigoureux de décontamination par réparation, et parfois quatre pour l’estimation quand le client peut repartir avec son véhicule et revenir le porter quelques jours plus tard. Il est évident que les frais en produits de nettoyage et de désinfection, de même qu’en temps de main d’œuvre consacrée à ces tâches ne sont plus les mêmes.

La CCPQ est intervenue directement auprès des assureurs dès l’éclosion de la crise pour solliciter un soutien de leur part face à ces nouvelles contraintes financières. Mais le rapport conclut que : « Nous avons également été en mesure de constater que les appuis consentis ont été relativement faibles par rapport aux pertes encourues, au stress généré et aux frais engendrés par cette réalité qu’est celle de la COVID-19. »

Une période de confusion

Soulignons au passage que l’annonce de la fermeture de toutes les entreprises non essentielles le 24 mars dernier a provoqué une certaine confusion dans le secteur de la carrosserie. Le maintien de services pour les travailleurs essentiels ou encore la réception de voitures envoyées par les assureurs sans pouvoir les mettre en réparation ont placé des gestionnaires dans une situation difficile à bien saisir.

D’autant plus que certains assureurs considéraient que les carrossiers devaient poursuivre leurs activités normales pour servir leurs clients. Chose certaine, lors de l’annonce du 24 mars, la grande majorité des employés des ateliers de carrosserie ont été mis à pied, au moins temporairement.

Reprise des activités

C’est dans un contexte particulièrement difficile que les activités ont repris le 15 avril. Le rapport de la CCPQ explique :

« Avant même la crise, les carnets de réparation des centres de carrosserie étaient réduits par rapport aux années passées, ce qui implique qu’il n’y a que pour quelques semaines, voire quelques jours de travail dans certains cas. Avec le confinement, le volume des collisions, et donc des réparations, n’est plus qu’une fraction de ce qu’il devrait normalement être. »

Étant donné la situation financière de plusieurs ménages, nous croyons qu’une proportion de ceux-ci vont reporter la réparation de leur véhicule afin de ne pas débourser le montant de la franchise à un moment où eux aussi surveillent leurs liquidités.

— Rapport, CCPQ

Dans ce contexte d’insécurité financière, certains fournisseurs demandent le paiement des pièces et matériaux à la livraison.

Revoir les ententes

Les gestionnaires de carrosserie peuvent bénéficier du programme d’aide salariale pour soutenir leurs travailleurs dans la période de transition vers la reprise des activités sur des bases plus régulières. Mais ce programme n’est que temporaire et les difficultés structurelles financières des ateliers vont se prolonger. C’est pour cela que la CCPQ conclut que les ententes entre assureurs et carrossiers qui prévalent depuis 20 ans doivent être revues en profondeur.

« Il ne s’agit pas pour les carrossiers de demander la charité, mais, conformément aux arguments que soumet le mémoire présenté par la CCPQ en 2018, d’être correctement rétribués pour des tâches qu’ils effectuent et des services qu’ils donnent : Frais de nettoyage des véhicules des assurés ; véhicule de remplacement et surclassement, paiement (au moins partiel) à l’estimation plutôt qu’à la facture finale, frais de recyclage des pare-chocs et frais de gestion des dossiers. »

Selon Michel Bourbeau, il ne fait aucun doute que les assureurs doivent ajuster le tir. Non seulement pour absorber les pertes subies durant la crise, mais aussi pour assurer la pérennité des entreprises que son organisation représente. « Si rien n’est fait pour les supporter, il est plausible d’anticiper qu’au sortir de la crise, il manquera d’ateliers en mesure d’effectuer les réparations selon les règles de l’art. »

 

Catégories : Carrosserie, Éditorial
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