Pourquoi une voiture en 2026?

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Charles Drouin considère que la voiture individuelle reste une solution logique pour la plupart des Québécois. Crédit : Corporation Mobilis

La densification urbaine et le développement des transports collectifs marquent-ils l’arrêt de mort de l’automobile individuelle? Nous avons posé la question à Charles Drouin, chef de la direction de la Corporation Mobilis.

Cette association, qui regroupe les concessionnaires automobiles de la grande région de Québec, orchestre également l’International de l’auto de Québec. Il serait surprenant d’entendre M. Drouin, dans ces fonctions, annoncer que la voiture privée n’aura plus sa raison d’être en 2026. Toutefois, il constate un changement de paradigme dans la perception de l’automobile par les gens.

« Nous passons d’un rapport émotionnel à une relation axée sur la commodité, le confort et la sécurité, souligne-t-il. Il y a toujours un frisson lorsqu’une famille considère l’acquisition d’un véhicule, surtout que les technologies évoluent tellement rapidement qu’un remplacement se traduit par un bond dans l’avenir. Mais nous voyons des visiteurs à l’International de l’auto se présenter avec un ruban à mesurer pour s’assurer que le véhicule offre l’espace nécessaire pour le siège du bébé ou la cage du chien. La recherche de la performance de jadis a cédé le pas à la gestion des besoins de la famille. »

L’automobile : arrivée plus tardive dans le cycle de vie

Selon M. Drouin, la voiture a encore sa place face au défi que représente la mobilité sur un si vaste territoire. « Ici, à Québec, par exemple, plus de 80 % des déplacements se font en voiture individuelle. Je peux concevoir qu’un Montréalais, habitant près d’un accès au métro ou d’un autre carrefour de transport collectif, laisse tomber la voiture pour ses déplacements quotidiens. Mais le Québec n’est pas composé d’une succession de quartiers autonomes où tout est accessible à pied. »

Selon M. Drouin, il n’y a pas d’opposition entre la voiture personnelle et le développement du transport en commun. Toutefois, la réalité demeure que plusieurs régions sont mal desservies en matière de transport collectif. « La voiture offre la possibilité de travailler ou d’étudier ou même d’habiter là où s’offrent les opportunités et là où nous mènent nos choix, reprend le chef de la direction. Si on parlait jadis de la liberté qu’elle nous conférait, la voiture offre aujourd’hui plutôt une flexibilité pour être au bon endroit à l’heure, et aussi, considérant notre climat, la promesse de déplacements confortables en hiver comme en été. »

M. Drouin constate par ailleurs que la nouvelle génération, moins encline à trépigner d’impatience dans l’attente du 16e anniversaire donnant accès au volant, retarde aussi l’acquisition d’un premier véhicule. Certains, vivant en ville, opteront davantage pour les voitures en partage. Les autres sont contraints à repousser cet investissement, l’accès à la propriété ou aux logements tout comme le coût de la vie en général, démontrant ainsi que les préférences automobiles sont toujours fortes, mais qu’elles arrivent plus tard dans le cycle de vie.

« Que nous soyons ou non attachés à l’automobile, les réalités géographiques et pratiques demeurent. La densification des pôles urbains n’est pas un phénomène vécu par tous les Québécois. Et si la relation émotive avec ce mode de transport se modifie présentement, il n’en demeure pas moins que la voiture reste et restera la solution logique pour une majorité des gens », conclut Charles Drouin.

Catégories : Concessionnaires, Éditorial
Étiquettes : Mobilis

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