Abonnez-vous à notre magazine Autosphere et à notre infolettre hebdomadaire pour recevoir les dernières nouvelles de l’industrie.
Actualités automobiles, avis d’experts et conseils pratiques
Le parcours du Groupe Theetge

Depuis février 2026, le Groupe Theetge compte deux concessionnaires Mercedes-Benz dans son portfolio. (Crédit : Frédéric Lavoie)
Au début des années 1980, la famille Theetge pose les bases de ce qui deviendra plus tard un groupe bien établi dans le paysage automobile de la Capitale-Nationale. À Boischatel, la concession Auto Frank et Michel ouvre ses portes sous la bannière Honda, avec à sa tête les associés Frank Theetge et Michel Cloutier.
En 1998, lorsque Frank rachète les parts de son partenaire, ses deux fils accèdent à des postes de direction. La transition s’inscrit dans une continuité, Benoît et Donald ayant mis la main à la pâte dès l’ouverture de la franchise. Leur nomination vient ainsi officialiser un engagement déjà bien ancré dans le quotidien des opérations. Cette étape marque véritablement le point de départ du Groupe Theetge.

Un modèle hors norme
À la retraite de leur père en 2005, le duo prend le relais et se partage à parts égales l’actionnariat et les responsabilités. Leur dynamique opérationnelle, « vraiment spéciale et unique à nous », surprend cependant dans un univers où la hiérarchie est souvent bien établie. Chez les Theetge, il n’y a pas de directeur général dans chaque concession. À la place, des alliés.
Un directeur des ventes, des opérations fixes ou du service agit comme tête dirigeante de l’installation. Des gestionnaires de confiance qui sont formés au sein de l’organisation. Tels des chefs d’orchestre, les deux frères supervisent l’ensemble. Ils font la tournée, observent et s’ajustent.
Cette structure leur permet, selon M. Theetge, une gestion serrée et holistique de leur portefeuille. Les décisions sont mises en œuvre rapidement, assurant une cohérence entre les franchises. « C’est nous autres qui contrôlons. Mais nous sommes toujours à l’écoute des directeurs. Nous ne prenons jamais de décision seuls. Nous retenons la meilleure idée et la concrétisons sans tarder. »
La première acquisition conjointe des frères remonte à 2002, lorsqu’ils mettent la main sur la concession Honda de Donnacona. À la fin des années 2000, Honda Charlevoix, à La Malbaie, vient bonifier leur portfolio. Quatre ans plus tard, ils s’en départissent. Une décision stratégique qui s’inscrit dans leur volonté de centraliser leurs opérations dans la région de Québec.
Au fil des années, les transactions se succèdent selon une logique bien définie : consolider leur présence sur leur territoire tout en diversifiant leur offre. Acura intègre le portefeuille en 2010. Mercedes-Benz fait son entrée en septembre 2013, avec l’ouverture d’une concession haut de gamme à Saint-Nicolas, sur la Rive-Sud de Québec, premier établissement premium du secteur.
En décembre 2019, l’acquisition de Fournier Chevrolet Buick GMC, seule concession de la Rive-Nord à distribuer Cadillac, vient parachever l’échiquier. « On voulait avoir un line-up complet afin de pouvoir vendre des véhicules à tout le monde. » Avant la transaction, les camionnettes, les « fameux pick-up » manquaient à l’appel.
Le groupe commence l’année 2026 en grande pompe avec l’arrivée d’une seconde succursale Mercedes-Benz dans son giron. Avec la prise de possession, officialisée le 2 février, s’amorce une période durant laquelle les frères Theetge mettront leurs loisirs sur la glace. Pour les trois à six prochains mois, l’énergie déployée s’orientera vers l’intégration et l’optimisation de leur dernière acquisition. Un « marathon » au cours duquel ils entendent transférer l’image et les principes qui régissent leur modèle d’affaires : service personnalisé, accueil soigné et transparence, tout en transmettant progressivement leur philosophie à l’équipe en place.

À la croisée du présent et du futur
Aujourd’hui, avec ses cinq concessions et ses 337 employés, le groupe écoule annuellement près de 6 000 véhicules neufs et d’occasion et génère un chiffre d’affaires de plus de 350 millions de dollars. En prime, il couvre un large éventail de marques (japonaises, allemandes, américaines) avec une proposition qui s’échelonnera de l’entrée au haut de gamme.
Même s’il a cédé les rênes de l’entreprise à sa progéniture il y a plus de vingt ans, Frank, du haut de ses 88 ans, visite les diverses installations chaque semaine. Son expérience et ses conseils valent leur pesant d’or. « Il est très conscient que la business qu’il faisait dans les années 1960, 1970 et 1980 est complètement différente aujourd’hui », explique M. Theetge.
Il note que certaines « choses ne changent pas ». À travers les transactions et la passation des pouvoirs, « la manière de stationner les voitures, l’accueil dans la salle d’exposition et les bases du service à la clientèle », demeurent les mêmes. Des principes simples, indémodables.
Il arrive parfois que les trois générations se côtoient sur le plancher. Parmi les quatre filles de la fratrie, les deux aînées ont choisi de s’investir dans l’entreprise. Steffy, la fille de Donald, occupe un poste de direction clé et est actuellement en congé de maternité. De son côté, Emmy, la plus grande de Benoît, a été promue à la fin janvier directrice des opérations fixes chez Honda. Même si elles sont les « filles des boss », toutes deux ont fait leurs classes et gagné leurs galons au fil des années.
En 2019, les frères ont acquis un terrain boisé adjacent à la succursale Mercedes-Benz St-Nicolas, en bordure de l’autoroute 20, avec l’idée d’y développer un projet automobile. Bien que deux constructeurs figurent actuellement dans leur mire, M. Theetge garde l’œil ouvert, prêt à saisir les occasions qui pourraient se présenter.
Dans un marché saturé comme celui de Québec, toute nouvelle bannière appelée à s’y établir devra vraisemblablement composer avec des emplacements existants. Les discussions récentes entourant l’arrivée éventuelle au pays de nouveaux joueurs, dans un contexte d’assouplissement de certaines restrictions gouvernementales, rappellent que l’industrie n’a pas fini de se transformer. Le site, que M. Theetge qualifie de « point de vente exceptionnel », n’est pas à vendre et ne sera pas transformé en complexe hôtelier, promet l’homme d’affaires.
Loin de vouloir multiplier ses ramifications, le Groupe Theetge cherche davantage à solidifier sa position. Il ne lésine pas sur les éléments qui font sa force et lui permettent de sortir du lot. Dans l’ensemble de leurs installations, les copropriétaires placent l’humain au cœur de leurs préoccupations.
Ils se font un point d’honneur de traiter leurs clients aux petits oignons. Lors de l’entretien ou de la réparation, ils mettent à leur disposition un vaste parc de véhicules de courtoisie, ainsi qu’un service de voiturier gratuit, sans distinction de marque.
M. Theetge reconnaît toutefois que certains éléments échappent à son contrôle, mais compte bien optimiser ceux sur lesquels il a une mainmise. Conscient que le marché canadien représente actuellement « un verre d’eau dans la rivière » pour les constructeurs, il soutient que les opportunités de croissance se situent dans la compréhension et l’implantation des technologies, ainsi que dans une présence accrue sur le marché de l’occasion. Il conclut en rappelant l’importance « d’être au diapason de tout ce qui se passe, de tout ce qui se fait » pour demeurer compétitif.





LANAUDIÈRE
Permanent


