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Créer un partenariat gagnant-gagnant
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Des partenariats solides entre fournisseurs de peinture et ateliers de carrosserie peuvent apporter d’importants avantages aux deux parties. (Crédit : PPG)
Miser sur la collaboration entre ateliers de carrosserie et fournisseurs de peinture pour construire une réussite durable.
Dans un monde des affaires souvent dominé par la concurrence, la relation idéale entre un fabricant de peinture automobile et un atelier de carrosserie peut sembler atypique. Pourtant, qu’il s’agisse de petits indépendants ou de réseaux d’ateliers, les spécialistes interrogés par Autosphere sont unanimes : la coopération entre les deux parties est la clé d’un partenariat gagnant-gagnant. « Il faut établir un partenariat de performance entre l’atelier et la compagnie de peinture, explique Aaron Hebb, consultant en services chez A-Coat Canada, AkzoNobel. L’adoption de nouvelles technologies peut grandement contribuer à cette démarche. La réussite de l’atelier profite aussi au fournisseur de peinture, et les deux avancent ensemble. »
Cohérence et pérennité
Pour M. Hebb, la régularité et la durabilité sont au cœur de la gestion d’un atelier. Il voit dans l’intelligence artificielle (IA) et les mégadonnées un potentiel énorme pour accélérer les processus et améliorer la précision. « Aujourd’hui, l’estimation est le domaine où l’IA est la plus avancée. Elle atteint environ 80 % de la performance humaine, avec l’avantage de fournir des résultats immédiats », précise-t-il.
Comme l’estimation est une étape essentielle du processus de réparation, elle ne peut être négligée. Or, puisqu’elle prend des heures, tout comme la commande des pièces, l’IA est déjà en mesure d’apporter un gain de temps considérable. Aujourd’hui, une bonne part de l’évaluation se fait aussi vite que la saisie des données.
L’IA permet aussi de gérer la planification de réparations simples et même de répondre aux appels en dehors des heures d’ouverture.
Une importance croissante
M. Hebb prévoit que les mégadonnées, à mesure qu’elles seront mieux collectées et partagées avec les ateliers, prendront une place de plus en plus importante, notamment dans l’estimation. La recherche se concentre déjà sur des méthodes pour capturer ces données sans saisie manuelle. Un autre enjeu majeur reste l’intégration de la multitude de systèmes en usage, afin de créer un ensemble fluide et cohérent.
Dans le domaine de la peinture, des outils numériques comme le « Digital Cloud » d’AkzoNobel facilitent déjà le repérage des teintes. Le développement des compétences numériques au sein des ateliers deviendra un axe central de formation dans le secteur.
AkzoNobel propose actuellement une vingtaine de programmes, répartis entre la formation en gestion (estimation, planification des réparations, gestion de production) et la formation technique (mise en teinte, couleur numérique, etc.). « La formation est une formidable occasion de renforcer la collaboration entre ateliers et fournisseurs de peinture. Les bilans de performance conjoints ou l’analyse du fonctionnement d’un atelier permettent d’améliorer la relation et d’assurer la pérennité des deux parties », ajoute M. Hebb.
La bonne mesure
Tony Tombesi, analyste technique de terrain chez CSN Collision Centres, partage ce point de vue. « Les fournisseurs de peinture veulent avant tout que les ateliers restent rentables. Ils ne cherchent pas à pousser à la consommation. Leur rôle est plutôt d’aider leurs clients à utiliser la juste quantité du mélange approprié pour chaque ordre de réparation », explique-t-il.
Ancien gestionnaire d’atelier, M. Tombesi estime que les fournisseurs ont un rôle clé à jouer dans la réussite des ateliers. Travaillant avec de nombreux clients, ils disposent d’une vue d’ensemble précieuse et peuvent comprendre pourquoi certains s’en sortent mieux que d’autres. Selon lui, les ateliers gagnent à analyser leurs statistiques de réclamations et de rendement avec l’aide de leur fournisseur pour cibler les points à améliorer. « Le fournisseur de peinture devient alors une véritable ressource d’information », explique-t-il.
Outre l’IA et les technologies numériques, de nouvelles avancées permettent elles aussi de gagner en productivité et d’améliorer la qualité de la finition.
Apprêts UV et 2K
Les apprêts UV ne conviennent pas à toutes les situations, et les apprêts 2K restent incontournables pour les réparations importantes ou l’apprêtage en série. Mais les versions UV gagnent du terrain dans le secteur, constate M. Tombesi.
Leur intérêt est évident. Un apprêt 2K met environ une heure à sécher à l’air libre, et même en cabine chauffée il faut compter 30 minutes de cuisson. Les apprêts monocomposants (1K) sèchent plus vite, mais demandent encore une dizaine de minutes et ont tendance à se rétracter, explique le fournisseur ProXL.
Les apprêts UV, eux, restent liquides tant qu’ils ne sont pas exposés à la lumière ultraviolette. « Le temps de durcissement dépend de la puissance de la lampe, mais au bout d’environ 60 secondes la surface est prête pour le ponçage ou la mise en peinture », précise le site de ProXL. Outre le gain de temps, ces produits présentent aussi des avantages environnementaux.
Spectrophotomètres
Les spectrophotomètres et systèmes de mélange automatisés transforment également les pratiques, surtout dans les grands ateliers. Leur coût reste élevé, mais les petits ateliers peuvent se tourner vers les apprêts UV, de plus en plus répandus. « Les apprêts UV montrent déjà un potentiel énorme », affirme M. Tombesi.
Sur le plan de la gestion, l’IA peut aussi servir à analyser le flux de travail et les revenus avec une précision accrue. « L’IA pourrait calculer le chiffre d’affaires hebdomadaire et mesurer l’utilisation réelle de chaque outil ou système », explique Domenic Prochilo, chef de l’exploitation de Simplicity Car Care.
Grâce aux données accumulées au fil des mois, il devient possible de définir des objectifs de ventes et de production réalistes chaque semaine, tout en limitant les stocks au strict nécessaire. « Une réduction d’un pour cent des matériaux représente 30 000 dollars d’économies sur 3 millions de ventes », précise M. Prochilo.
Un suivi rigoureux des coûts
Il cite aussi une méthode consistant à rapprocher les coûts de production réels, à chaque fin de mois par exemple. « Le 28, l’atelier demande au fournisseur de peinture un crédit correspondant aux produits non utilisés. Puis, le 1er, ce montant lui est renvoyé sous forme de facture », explique-t-il.
Ce suivi serré permet de calculer les coûts unitaires avec une précision quasi parfaite. Surveiller ses finances de près permet à l’atelier de garder le cap, d’éviter les mauvaises surprises et de planifier en toute connaissance de cause.
Un objectif majeur de ces démarches est de garantir à la fois la rentabilité et la satisfaction des franchisés. À ce titre, M. Prochilo se réjouit des programmes complémentaires que les fournisseurs de peinture continuent de proposer.





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