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CCIF Calgary : apprentissage et collaboration
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(De g. à dr.) Jean-François Champagne, président, AIA Canada, Jeff Labanovich, ancien président du CCIF, et Sylvain Seguin, président du CCIF lors de l’événement de Calgary, le 18 septembre 2025. (Crédit : Huw Evans)
Les 17 et 18 septembre, des professionnels de la carrosserie se sont réunis à Calgary pour le dernier événement du CCIF en 2025. Après une réception de réseautage très fréquentée le soir du 17 septembre, la conférence a véritablement débuté le lendemain.
Le président du CCIF et vice-président, PBE chez Uni-Select, Sylvain Seguin, a ouvert la journée en présentant une mise à jour sur l’organisation, notamment un aperçu du programme et une reconnaissance du travail du comité organisateur pour son engagement envers le CCIF et l’ensemble du secteur. M. Seguin a également dévoilé les détails du prochain rendez-vous, le CCIF Toronto 2026, prévu les 11 et 12 mars.
Table ronde sur les ADAS
Après les propos d’ouverture, la première table ronde a pris place sur scène. Animée par Jeff Brown, directeur général du CARSTAR Don-Mor Automotive Group, elle réunissait Chris Haberny (On Target Calibration), Ross Iacobellis (directeur des ventes techniques et de la formation, Hunter Engineering Company), Trevor Jones (Prairie Operations, CARSTAR) et John Marlow (responsable engagement industriel et spécialiste ADAS, Level5Drive).
Le thème abordé était « Les ADAS : calibrage, collaboration et perspectives ». Les participants ont pu en tirer des enseignements concrets, grâce à une discussion qui a déconstruit plusieurs idées reçues et offert une analyse approfondie de ce que sont les ADAS et de la manière dont les ateliers de carrosserie peuvent les intégrer efficacement à leurs opérations.
Ross Iacobellis a souligné que l’un des plus grands défis actuels réside dans le manque de connaissances, beaucoup de techniciens ne sachant pas exactement ce qu’ils doivent faire ni comment accéder à l’information nécessaire pour réaliser correctement les calibrages.
Pour sa part, John Marlow a ajouté que, non seulement le manque de connaissances posait problème, mais qu’il était souvent difficile de distinguer le pré-scan du post-scan lors des calibrages ADAS. Il a souligné qu’une norme commune et davantage de ressources pédagogiques seraient d’une grande utilité pour l’industrie.
« Les responsables de production doivent comprendre le fonctionnement de ces systèmes ADAS, disposer du bon personnel, du bon équipement et appliquer les procédures de réparation adéquates », a-t-il déclaré.
Éveiller la curiosité
Trevor Jones a mis en avant l’importance d’une culture axée sur la formation, qui favorise la curiosité et entretient une dynamique continue dans l’apprentissage des meilleures pratiques de calibrage ADAS. Un point crucial, car aujourd’hui, de nombreux calibrages sont mal exécutés. Même lorsqu’un atelier reçoit un rapport de calibrage validé, rien ne garantit que toutes les étapes aient été suivies correctement. Or, si ce n’est pas le cas, les conséquences peuvent être lourdes : le véhicule peut être rendu à son propriétaire avec des systèmes ADAS défaillants, comme le régulateur de vitesse adaptatif ou l’assistance au freinage. Ces dysfonctionnements entraînent alors des réactions imprévisibles, rendent la conduite dangereuse et augmentent le risque d’accident.
M. Jones a rappelé l’importance d’impliquer toutes les parties prenantes et de suivre chaque étape du processus avec rigueur. Il a aussi souligné la nécessité d’une documentation précise, afin que les assureurs comprennent les exigences et que le véhicule soit réparé conformément aux normes, malgré les pressions liées aux délais, aux coûts et à la rentabilité des ateliers.
Une culture d’apprentissage
Jeff Peevy, vice-président aux relations industrielles mondiales chez I-CAR, a animé une présentation captivante sur « L’apprentissage comme avantage concurrentiel durable : bâtir une culture de savoir et de compétences dans un atelier de carrosserie ».
Il a expliqué l’importance de distinguer formation et apprentissage. Selon lui, c’est l’apprentissage, intégré à une culture d’entreprise tournée vers l’acquisition continue de connaissances et d’expertise, qui permet aux meilleures entreprises de se démarquer.
M. Peevy a mis en lumière plusieurs études portant sur la performance des ateliers. Celles-ci montrent que les ateliers les plus performants, qui s’engagent dans un processus d’apprentissage et d’amélioration, en retirent les plus grands bénéfices et maintiennent cet élan. Les ateliers moyens ou en difficulté progressent mais perdent rapidement ces acquis en moins d’un an.
La raison ? Ils n’ont pas instauré de culture fondée sur l’apprentissage, un concept qui génère plus d’énergie qu’il n’en consomme. En évoquant l’évolution de la société et des technologies, M. Peevy a montré combien l’apprentissage est essentiel : il transforme les individus, favorise l’adaptation aux marchés changeants, développe la conscience de soi et permet aux personnes comme aux organisations de progresser et de prospérer.
Norme nationale
À la suite de cette intervention, Jean-François Champagne, président de l’AIA Canada, a fait une annonce spéciale : la publication d’une norme nationale canadienne pour la réparation de carrosserie. Cette norme établit un cadre uniforme pour assurer des réparations sécuritaires et de qualité, conformes aux spécifications des constructeurs. M. Champagne a rappelé qu’avec un secteur de l’entretien automobile évalué à 43,9 milliards de dollars et plus de 26,6 millions de véhicules entretenus et réparés au pays, cette norme contribuera à renforcer la confiance des consommateurs, à améliorer les performances des véhicules et à accroître la sécurité routière.
Le CCIF Calgary a aussi proposé deux ateliers pratiques en 2025. Le premier, animé par BETAG North America, offrait des démonstrations de débosselage en direct permettant d’améliorer l’efficacité, la précision, la qualité et la rentabilité des ateliers.
Le second, présenté par Dekra North America, portait sur la « performance axée sur la rentabilité », en explorant les moyens d’aligner la certification OEM avec les pratiques de sécurité et de durabilité pour assurer la réussite à long terme.
Concilier rentabilité et avenir
Après un dîner de réseautage, les sessions de l’après-midi se sont ouvertes avec une nouvelle table ronde.
Sous le thème « Concilier rentabilité actuelle et durabilité future », l’animatrice Kari Barton, directrice des services affiliés de Certified Collision Group, a posé une série de questions aux panélistes : Bennett Douglas (copropriétaire de CSN Harolds), Brad Green (directeur des opérations et de la gestion de la performance, CARSTAR Raydar Collision Group) et Senad Mujcin (Hak’s Autobody).
Les discussions ont mis en avant la nécessité de rester résilient dans un marché en perpétuelle évolution, tout en gardant une stratégie de croissance à long terme. Brad Green a insisté sur l’importance de maintenir ce qu’il a appelé « un certain inconfort », indispensable pour avancer et progresser. « Si tout semble simple et sans risque, c’est probablement que vous n’investissez pas dans les équipements, les outils et la formation, et que vous ne grandissez pas. »
La dernière intervention de la journée a été donnée par Dave Luehr, d’Elite Body Shop Solutions. Défenseur convaincu du service client de qualité, il a expliqué comment prospérer en période difficile et comment une approche originale permet de se démarquer, d’augmenter les références, et d’atteindre de nouveaux sommets en satisfaction et fidélisation. Bien souvent, cela repose sur des gestes simples, capables d’accroître la productivité de 20 % sans embauche supplémentaire ni hausse des coûts fixes. Il a cité l’exemple d’un atelier en Californie du Nord qui remet chaque véhicule réparé comme un cadeau à son propriétaire, avec un nœud décoratif et toute l’équipe présente pour féliciter le client. Un geste simple mais très efficace, qui permet à l’entreprise de se distinguer nettement de la concurrence.










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