Abonnez-vous à notre magazine Autosphere et à notre infolettre hebdomadaire pour recevoir les dernières nouvelles de l’industrie.
Actualités automobiles, avis d’experts et conseils pratiques
Le parcours phénoménal d’Annie Laliberté

Annie Laliberté a investi 37 ans de passion et de détermination dans l’industrie automobile. (Crédit : CADA)
Depuis 36 ans, celle qui est aujourd’hui directrice générale et associée de Beauport Hyundai et Genesis de Québec s’est consacrée cœurs et âmes à son industrie. Portrait d’une battante à bien des égards.
Annie Laliberté n’a pas grandi dans un garage, mais elle a hérité toute jeune de son père un grand intérêt pour l’aéronautique. « Je pense qu’il faisait de la projection sur moi, raconte-t-elle en riant. Mais je me suis quand même inscrite à un DEP dans ce domaine pour décrocher ma licence de pilote. »
La jeune femme n’a cependant jamais exercé ce métier, car à l’époque, ce secteur d’activité étant très contingenté, elle avait commencé à travailler comme secrétaire aux ventes pour un concessionnaire… et n’a finalement plus fait marche arrière.
Un itinéraire peu commun
En 1989, que faisaient la plupart des femmes dans le secteur automobile ? Elles étaient secrétaires, réceptionnistes, parfois vendeuses. Mme Laliberté le sait, puisqu’elle a été l’une des premières à faire tous les métiers, ou presque, dans une concession.
« Ventes, service à la clientèle, contrôle financier, comptabilité, pièces, direction des services et des ventes, direction générale. Je suis passée par tout ! lance-t-elle. Les gens pensent souvent qu’il n’y a que des vendeurs en face d’eux, mais ils ne réalisent pas à quel point notre industrie est complexe, ni la variété de postes qu’elle comprend. »
Annie Laliberté estime que c’est grâce à l’aéronautique qu’elle a eu la piqûre pour le secteur automobile et a pu exceller dans des métiers qui attirent, encore aujourd’hui, beaucoup moins de femmes que d’hommes.
« J’aime ce qui se passe sous le capot, contrairement à d’autres qui n’y connaissent rien, y compris des hommes, indique-t-elle. C’est vrai, ça me passionne. J’ai d’ailleurs encore chez moi mes livres de cours en mécanique automobile ! »
Mme Laliberté n’a d’ailleurs jamais eu froid aux yeux. Elle voulait devenir conseillère technique ? Elle y est parvenue en 1993. Puis, elle a rêvé d’accéder à la direction générale ? Elle a si bien mené sa barque qu’elle a décroché son premier poste à ce niveau pour Albi Le Géant en 2004, avant d’atteindre le statut d’associée au sein du Groupe Daigle en 2009.
Un tel parcours mériterait déjà une main d’applaudissements. Mais il s’est aussi accompagné de nombreuses récompenses.
Des tonnes de distinctions
Lorsqu’elle est arrivée à la tête de Beauport Hyundai, Annie Laliberté a rapidement fait de cette concession un modèle en matière d’indice de satisfaction de la clientèle, d’engagement des employés et de performance des ventes.
Dès 2010, la concession a remporté le Prix d’Excellence du Président Hyundai Auto Canada, un honneur qui lui a été aussi remis en 2012, 2015 et 2024. En 2012 et en 2013, se sont greffés plusieurs prix du Programme incitatif ABC Hyundai Auto Canada en ventes, en service et en direction. Beauport Hyundai a également accédé au statut de Concessionnaire Hyundai certifié Signature de 2015 à 2020, puis de Concessionnaire certifié Signature PLATINE en 2021, 2023 et 2024.
Mais ce n’est pas tout ! En guise de consécration, Mme Laliberté et son équipe ont aussi décroché le prix de Concessionnaire Hyundai de l’année 2024, plaçant Beauport Hyundai parmi les 100 meilleurs au monde … sur plus de 5 500 !
Comment fait-on pour gagner autant de distinctions ? « Je ne vous mentirai pas, répond du tac au tac la directrice, je n’ai jamais été une bonne deuxième ! Donc quelles que soient l’ampleur ou l’importance des concours, quand j’y participe, il faut que je les gagne. »
Elle ajoute sur une note plus personnelle, que la première fois où une récompense l’a touchée remonte à 2015, quand un beau jour, deux femmes sont entrées dans son bureau pour lui annoncer qu’elle était le Coup de foudre d’affaires de l’Association des Femmes Entrepreneures de Québec – Volet Accomplissement.
« Ça a été une surprise complète ! lance-t-elle. Je n’avais pas besoin de cette reconnaissance pour m’investir dans mon travail, mais c’était la première fois qu’on le saluait directement en tant que femme. Alors, cela m’a émue. »
Ajoutons que depuis cette date, elle a également intégré le Palmarès des entreprises au féminin en 2024 et 2025, pour le volet Grandes Entreprises. Mais attention, le tour du chapeau n’est pas encore fini…
Le prix d’une vie
Bateau, chalet, voyage, Ferrari ; chaque personne a de grands rêves qu’elle souhaiterait réaliser au cours de son existence. Annie Laliberté, elle, rêvait un jour de remporter le prix le plus prestigieux qu’un concessionnaire puisse gagner : le CADA.
« Depuis 2006, je l’avais dans ma mire, avoue-t-elle. Mais comme il est très difficile à remporter – c’est un peu l’équivalent du Tournoi des maîtres de golf dans le secteur automobile –, et qu’il répond à plusieurs impératifs (mise en nomination anonyme, rapport énorme à préparer, position de finaliste de trois ans seulement), je ne pensais pas avoir mes chances. »
Toutefois, ô joie, Beauport Hyundai a été en lice pour le prix Lauréat CADA pour la catégorie « commerce de détail » en 2022,2023 et 2024, et pour la catégorie « fonction d’ambassadeur » en 2024 et 2025.
« On était déjà finalistes en 2024 pour le commerce de détail. Mais je voulais tellement remporter ce prix que pendant la période de préparation du rapport, mes collègues ont dû me trouver un peu intense, car je ne parlais que de ça, ha ha ha ! », rapporte la directrice.
Il faut dire qu’il ne s’agissait pas d’un simple rapport à préparer. Tous les aspects possibles de la performance devaient être pris en compte : parts de marché, ventes, satisfaction de la clientèle, rétention et ancienneté des employés, politique d’inclusion, etc.
« Il faut donc très bien connaître ses opérations », précise Mme Laliberté, dont le rapport soumis pour 2025 faisait plus de 60 pages. Malgré tout, quelle ne fut pas sa surprise d’apprendre, le 16 juin dernier, que ça y était, elle avait remporté le plus grand concours auquel elle ait jamais aspiré !
« Même si ce prix est décerné à la concession, je le considère en quelque sorte comme le couronnement de ma carrière, souffle-t-elle, car j’ai tout donné à mon industrie depuis 37 ans. »
Laisser un héritage
Évidemment, la vie continue après un titre de lauréat à la CADA. Ce prix permettra à Beauport Hyundai de bénéficier d’une belle visibilité, c’est sûr, et à Annie Laliberté de participer à un prestigieux panel de vainqueurs en 2026. Mais au quotidien, la directrice poursuivra sa quête d’excellence.
« Ma philosophie d’affaires et mes valeurs personnelles sont primordiales, indique-t-elle. Pour moi, l’intégrité, le respect, l’honnêteté et la transparence sont incontournables. Parce qu’à mon sens, quand on occupe un poste de direction, c’est tout autant la satisfaction des clients que le chiffre d’affaires qui comptent. C’est un écosystème. »
Mme Laliberté estime également pouvoir encore apprendre et enseigner à d’autres. Elle souhaite continuer à consulter ses collègues sur toutes sortes de sujets, mais aussi inspirer d’autres femmes à suivre son exemple.
« Je suis depuis quatre ans mentore au sein du programme l’Accélérateur Femmes en automobile de la Banque Scotia, et j’aimerais servir de modèle à des jeunes filles, afin de leur faire comprendre qu’elles peuvent se bâtir une belle carrière dans le monde automobile si elles font preuve de passion, d’implication et de vaillance. »
Au regard de la détermination qu’a montrée Annie Laliberté tout au long de son parcours, nous ne doutons pas qu’elle y parviendra. Chapeau, Madame !





TERREBONNE
Temps partiel


