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Comment la pandémie a touché le secteur du pneu avec J-D Quenneville

Lors d’une entrevue vidéo avec autosphere.ca, Jean-Denis Quenneville, président de l’ASPMQ a répondu à une série de question sur son secteur d’activité. PHOTO Autosphere.ca

Jean-Denis Quenneville, président de l’ASPMQ, a bien voulu répondre à nos questions à savoir comment le secteur du pneu a démontré une grande flexibilité en cette période de pandémie.

L’Association des Spécialistes de pneu et mécanique du Québec s’est montrée d’une grande efficacité au cours des derniers mois, informant les centres de pneus des directives gouvernementales en temps réel, mais acheminant aussi les préoccupations des membres de cette industrie aux instances gouvernementales.

Autosphere : Comment la pandémie a affecté les centres de pneus ?

Jean-Denis Quenneville : Quand je regarde ça globalement je tiens à souligner le fait qu’en tant qu’industrie on est privilégiés. La pandémie a affecté beaucoup de secteurs d’activité et ç’a été très difficile économiquement. De notre côté, on peut se considérer chanceux, car on a pu opérer à 100 % en respectant toutes les consignes du gouvernement.

C’est certain qu’on a vécu plusieurs contraintes ce qui n’était pas toujours évident parce que plusieurs de nos ateliers membres étaient dans des zones rouges. Les ateliers ont été disciplinés et on n’a pas eu beaucoup d’éclosions dans notre domaine.

Du point de vue de l’entrepreneur, on a fait face à l’inconnu et c’est toujours difficile. La situation a demandé une gestion à très court terme permettant de s’adapter rapidement. Nous avons fait une étude auprès de nos membres et ce qui en ressort c’est que nous avons vécu les effets de la pandémie dans une période où nous sommes aussi en pénurie de main-d’œuvre. Nos capacités étaient moindres et on ne pouvait pas répondre à tous les clients. On avait un bon système de prise de rendez-vous et nos clients ont été compréhensifs.

Autosphere : Quel a été le rôle et quel est le rôle de l’ASPMQ durant cette période ?

Jean-Denis Quenneville : La chose la plus flagrante qui est sortie de tout ça c’est que si on s’est un jour posé la question à quoi sert l’ASPMQ, on a eu toutes les réponses durant cette crise. On a été vraiment impliqués dès le début que ce soit avec le gouvernement ou avec les différents comités en commençant avec le CSMO. Le CSMO a créé une cellule de crise où des membres de plusieurs associations se rencontraient, une fois par semaine, pour avoir un portrait global de ce qui se passait dans l’industrie et se donner des nouvelles.

On a aussi travaillé sur un comité de reconnaissance de services essentiels. Lors de la première vague, nous sommes restés ouverts, mais avec un paquet de restrictions qui avaient amené une grande complexité. Avec ce comité, on a été en communication constante avec le ministre Fitzgibbon, ce qui a donné de bons résultats. Ainsi durant cette deuxième vague, nous sommes considérés comme service essentiel, point à la ligne.

L’ASPMQ a aussi travaillé directement avec le ministère des Transports, après avoir parlé avec plusieurs de nos membres, pour faire retarder la date limite d’installation des pneus d’hiver.

Autosphere : Les problèmes d’approvisionnement appréhendés se sont-ils matérialisés ?

Jean-Denis Quenneville : En grande majorité non. Et je ne mettrais pas nécessairement la faute sur les manufacturiers. Nous aussi comme distributeurs de pneus nous avons fait des commandes plus légères dans ce contexte d’incertitude. Ça a fait que les quantités en stock étaient peut-être un peu moindres, mais ce serait vous mentir que de dire que sur le terrain on a manqué de pneus.

Autosphere : Comment avez-vous géré la date limite d’installation des pneus ?

Jean-Denis Quenneville : Ç’a été difficile. Encore aujourd’hui, en date du 10 décembre, on a encore des rendez-vous pour l’installation de pneus. Il faut dire qu’avant de refuser notre demande de prolongation de la période limite d’installation des pneus d’hiver le gouvernement a fait un bon travail dans le sens où il est allé vérifier l’information sur le terrain.

Ç’a été différent selon les régions. Pour le gouvernement, le critère numéro un c’est la sécurité, ce que je comprends très bien. Par contre au niveau des ateliers ç’a vraiment été complexe. On a géré le personnel et la distanciation et l’espacement des rendez-vous. Il a fallu qu’on rencontre nos équipes parce qu’il y avait un risque qu’on n’arrive même pas à répondre à nos clients réguliers, ceux qui ont leurs pneus entreposés dans nos centres, de fidèles clients depuis de nombreuses années.

Il y avait une filtration au niveau des appels téléphoniques durant cette période de gros volumes pour vérifier s’ils sont clients chez nous, sinon, c’est dommage, mais on va commencer par s’occuper des clients qui nous sont fidèles. Et c’est une mesure qui a été adoptée par beaucoup d’entreprises dans notre secteur.

On a essayé de convaincre les gens de venir plus tôt, mais malheureusement au Québec la mentalité est d’attendre le plus longtemps possible. Même moi je me suis retrouvé à installer des pneus à temps plein durant deux semaines. Et beaucoup de propriétaires sont comme moi et l’ont fait pour appuyer les troupes.

Autosphere : Est-ce que les inspections ont souffert du resserrement des horaires ?

Jean-Denis Quenneville : C’est certain que oui. Car juste avec le temps nécessaire à appliquer les mesures sanitaires à l’entrée et à la sortie du véhicule il a fallu faire des choix. Les inspections somme toute ont été bien faites, je ne dirais pas qu’il y a eu un relâchement, mais est-ce qu’on en a échappé, peut-être. Mais c’est sur que ça aurait pu avoir un impact.

Autosphere : Quel sera à court et moyen termes l’impact de la réduction des kilomètres parcourus sur votre secteur ?

Jean-Denis Quenneville : Je dirais qu’à court terme ça reste inconnu et embryonnaire. Faut voir ce qui va arriver avec le télétravail. Est-ce que ça va rester à temps plein ou à temps partiel ?

Par contre à moyen terme, dans l’éventualité où les gens décident de se départir d’un véhicule sur deux à la maison ça peut avoir un impact. Mais les gens vont peut-être vouloir garder leurs véhicules plus longtemps. C’est sûr que si on veut le garder plus longtemps il faut protéger notre investissement. Et ce n’est pas parce qu’un véhicule ne roule pas qu’il ne nécessite pas d’entretien. Si je regarde simplement ce printemps, on a fait énormément plus de freins qu’à la normale et sur des véhicules récents. On ne les a pas remplacés pour usure, mais pour dommages occasionnés par la rouille.

Ce n’est pas le fait que le véhicule ne roule pas qui va nuire. L’industrie avait déjà fait le virage vers l’entretien préventif, pas seulement sur la réparation urgente. À moyen terme, je ne suis pas trop inquiet à ce niveau-là.

Autosphere : Quelles sont vos recommandations aux centres de pneus pour les aider à passer à travers cette période ?

Jean-Denis Quenneville : C’est difficile de parler de conseils, surtout au niveau de la gestion d’atelier et de comment passer à travers la pandémie, car ne n’est pas nécessairement le mandat de l’ASPMQ. Chaque entreprise a sa réalité, chaque entreprise est différente.

Par contre, il est important de voir que de bonnes choses s’en viennent, les bonnes nouvelles commencent à sortir. On est reconnus comme service essentiel. Il y avait un virage sévère qui se faisait dans le domaine de l’automobile, avec l’arrivée de l’électrique, on sait tout ça. Je pense que c’est de garder la tête haute et de continuer d’embarquer dans divers programmes de formation et en profiter pour augmenter l’expérience et les capacités de nos ateliers. Il faut travailler sur la gestion interne, car on savait qu’il y a une transition entre le pneu et la mécanique et c’est encore plus important aujourd’hui de faire une place à la mécanique.

Il faut voir loin et selon moi l’industrie n’est pas en danger et il y a de belles choses qui s’en viennent.

Catégories : Éditorial, Pneus

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