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Chamboulement et contraintes

Chez Pneus Chartrand Sherbrooke, où l’aire d’accueil de quelque 1000 pieds carrés est tenue presque déserte, le rappel de la distanciation recommandée et de la désinfection des mains est très clairement de rigueur. PHOTO Guy O'Bomsawin

Les habitués des hôpitaux ne sont pas dépaysés par le décor aseptisé des ateliers, mais leur monde est métamorphosé.

Sept propriétaires d’ateliers d’autant de régions ont accepté de nous parler des lourdes incidences opérationnelles et monétaires que la crise provoquée par le Coronavirus-19 a sur leur quotidien.

Tous les ateliers ont vécu le séisme d’une réorganisation et d’une adaptation immédiate à des normes aussi nouvelles que rigoureuses, et on y craint même l’œil d’une clientèle parfois « policière ».

Du Lac-Saint-Jean à l’Outaouais, de Laval à l’Estrie, de Lanaudière au Bas-Saint-Laurent, de même que dans le fief québécois du Président de l’ASPMQ, le choc a été le même, mais la gestion en diffère.

Il a partout fallu se revirer sur un 10 ¢ en se dépêtrant dans les dizaines de recommandations adressées par les organismes publics que cette Association avait aussitôt résumées en 12 points.

Mario Gagné avoue que les pertes reliées à son service de préparation des véhicules neufs et à la remise en état des véhicules d’occasion des concessionnaires sont notables. PHOTO Pneus Gagné

Alma

Au Lac-Saint-Jean, Pneus Gagné n’a jamais fermé en raison des besoins de la SQ, d’Hydro-Québec, des entreprises de services, du personnel médical et de son service routier commercial.

Sur le plan des mesures, Mario Gagné est fort bien organisé, puisqu’il a eu la chance d’être conseillé par sa femme : une infirmière de premier plan.

Demeure qu’il doit être ferme pour s’assurer qu’aucun client ni aucun employé ne dérogent aux règles de précaution fixées par le Québec.

Il exige que ses techniciens et préposés portent des gants et une visière ou un masque, et il se charge de déplacer lui-même les véhicules des clients.

Quant au service, le roulement se fait à un rythme nettement plus lent qu’à la normale, aucun client ne met le pied dans l’aire de travail, et les contacts sont réduits au maximum.

Les factures ne sont pas signées, les paiements se font électroniquement par un terminal chaque fois désinfecté, et on ne fait aucun raccompagnement, dit-il.

Même si le service est fort ralenti, en raison également de l’absence de saisonniers bénéficiant de la prestation d’urgence, les clients sont compréhensifs et aimables.

Pierre Drouin affirme qu’un présentoir de désinfectant sera incessamment posté à l’entrée. PHOTO Jean-Marie Savard

Gatineau

Chez OK Pneus Outaouais, l’affichage installé par Pierre Drouin rappelle d’abord les consignes, que ce soit à l’entrée qui est interdite, ou à la réception réservée au paiement.

Chaque client n’entre qu’un autre sort, et ne doit jamais franchir la ligne de démarcation située face à l’accueil, où un écran sera ajouté.

Le terminal est désinfecté avant et après utilisation, et si la carte de crédit ou de débit doit y être introduite, elle est également désinfectée.

Même processus pour la clé du véhicule et des écrous, qu’on prend avec des gants à usage unique : ceux qu’on utilise pour désinfecter aussi tout ce qui y a été touché.

L’opération se fait sur les portes et poignées, le volant, les commutateurs de fenêtre et le levier de vitesse, non sans avoir recouvert le siège d’une housse.

En outre, la salle d’attente est inaccessible, et les revues ne sont pas davantage disponibles que le café, dit-il.

Chaque employé a son propre désinfectant, ses lingettes jetables, doit se laver les mains très fréquemment, et aura bientôt des masques lavables pour monter dans les voitures.

À noter que les livreurs laissent les effets sur le plancher, et on ne touche aux factures que 24 heures plus tard.

Membre du conseil de l’ASPMQ, André Sansregret est catastrophé par l’incapacité de répondre normalement à la demande et la réduction probable de 30 % de l’installation des pneus d’été. PHOTO Pneus Express Joliette

Joliette

Chez Pneus Express Joliette, André Sansregret est fortement touché par la pénurie de saisonniers causée par la crainte du coronavirus et la prestation canadienne d’urgence.

Bien qu’il ait sollicité les surnuméraires habituels, aucun n’a répondu en cette période cependant moins « compressante » que celle de la tombée de décembre.

Comme la plupart des professionnels du pneu, il est extrêmement déçu de constater à quel point peut être fragile un lien qu’il ne croyait pas aussi ténu.

Son réflexe a été de remettre à zéro cette liste d’occasionnels, mais il souhaite, en se croisant les doigts, que pareille situation ne se reproduise, et que Lanaudière ne redevienne zone chaude.

Il trouve dommage d’interdire l’accès à la salle de bain, veiller à ce que les sièges de la salle d’attente soient séparés de 6 pieds, et ne pouvoir reconduire ses clients à leur domicile ou au travail.

Quant à l’accueil proprement dit, il s’y fait donc par l’attirail obligatoire que constituent les écrans de plexiglas, ainsi que les tables à désinfectant et leurs poubelles statutaires.

Malgré une réduction majeure et volontaire d’un achalandage contrôlé par rendez-vous, Éric Lafrance reconnaît avec grand plaisir avoir enregistré un taux record de satisfaction. PHOTO Jean-Marie Savard

Laval

Dans la zone brûlante du Grand Montréal, Théo Gosselin, qui a à sa tête Éric Lafrance accompagné de sa femme et de ses enfants, est carrément en surchauffe.

Bien qu’il soit passé d’un trio d’urgence à son effectif régulier de 24 dès la réouverture des ateliers, il n’oubliera jamais cette saga pandémique.

Pris de court par l’annonce de la reprise, il a dû s’organiser en 48 heures pour accueillir une clientèle aussi pressée qu’anxieuse entre autres, dont il a géré plus de 1000 appels.

Soumis à la pression des contraintes financières et sanitaires, de même qu’aux attentes légitimes des clients, il n’aurait jamais cru devoir s’attendre de plus à des contrôles policiers.

Ça n’a pas été le cas, mais savoir à quel point on est constamment surveillé par des centaines de paires d’yeux n’est pas de tout repos, aussi bonnes qu’en soient les intentions.

En somme, masques, visières et désinfectant sont sans cesse renouvelés, les techniciens et préposés sont obligés de porter la visière ou le masque, et les jeunes entrent plus tôt que leurs aînés.

Francine Dumont est contente de ne pas avoir été obligée d’installer ces écrans qui, à son avis, nuisent aux échanges familiers et cordiaux. PHOTO Pneus FD

Rivière-du-Loup

Même si ce printemps les gens du Bas-du-Fleuve auront été particulièrement épargnés par la pandémie, les propriétaires d’ateliers n’en souffrent pas moins.

Propriétaire de Pneus FD, Francine Dumont se réjouit malgré tout d’avoir un bâtiment dont la dimension et la configuration limitent la portée des contraintes des mesures de protection.

L’espace et le comptoir de l’accueil sont si grand et profond, que la gestion de la distanciation n’a exigé ni d’écrans ni de repères sur le sol ; qu’un autocollant rappelant la règle avant d’ouvrir la porte.

À cette consigne rappelée par des pancartes, s’ajoute du Purell sur le comptoir. Quant aux véhicules, il n’y a pas à les désinfecter puisque ce sont les clients qui les entrent et les sortent.

Malgré un mois de mai plus encourageant que mars et avril, cette femme d’affaires craint que le confinement prolongé des plus de 70 ans les incite à garder leurs pneus d’hiver tout l’été.

Par contre, la période d’abord réservée aux services essentiels lui aura permis d’entretenir ces véhicules de service que sont les taxis, les autos de livraison, de même que les poids lourds.

Comme le matériel de protection est arrivé à temps, tout est allé rondement pour une reprise réglementaire, souligne Jean Gagné. PHOTO Guy O’Bomsawin

Sherbrooke

En Estrie, les clients de la succursale sherbrookoise de Pneus Chartrand ont eux aussi rongé leur frein jusqu’au 15 avril, de sorte que la reprise a eu l’effet d’un barrage qui cède.

Ce jour-là, on se serait cru en pleine folie d’un neigeux 5 novembre, affirme Jean Gagné, directeur général de ce centre. Le téléphone n’a d’ailleurs pas dérougi durant 2 semaines.

La mesure la plus manifeste est sans doute d’avoir embauché un voiturier qui gère l’achalandage de façon à ce que la distanciation et les mesures sanitaires soient respectées.

Personne ne quitte son véhicule avant qu’il le lui dise, et c’est lui qui l’entre dans l’atelier après l’avoir désinfecté et protégé, qui le sort, retire les protections, et le désinfecte de nouveau, précise-t-il.

Les clients n’en sont pas surpris, puisqu’en confirmant leur rendez-vous par texto la veille, on les informe qu’à leur arrivée, ils devront rester dans leur véhicule.

La perte de revenu d’avril a été de l’ordre de 35 %, estime-t-il, et celle de mai devrait être de 15 % par rapport à mai 2019, y compris du côté du service de distribution.

Si on se compare à d’autres secteurs, nous sommes très privilégiés estime Jean-Denis Quenneville, même si la baisse d’achalandage des derniers mois est de 30 % à 40 %. PHOTO Michel Beaunoyer

Québec

Au final, le président de l’ASPMQ, l’Association des spécialistes du pneu et de la mécanique du Québec, Jean-Denis Quenneville, n’est pas moins touché par le mode Virus 2019.

De prime abord, cinq fois moins de préposés saisonniers ont accepté de se présenter à ses ateliers OK Pneus Hamel et OK Pneus Lebourgneuf.

Au tableau, il estime quand même que la note de ses équipes est excellente, étant donné que la période des services essentiels les a fort bien rodés pour le retour à une certaine normalité.

La période des pneus d’été étant à Québec plutôt tardive, le service peut se faire en prenant pleinement le temps de tout désinfecter à fond, tant l’aire réservée aux clients que chaque véhicule.

On a fait en sorte que cette aire soit restreinte, bien qu’un siège libéré par un client soit désinfecté sans tarder, et on préconise la relation sans contact.

C’est par texto ou par courriel que sont exceptionnellement transmis les factures volontairement non signées ainsi que les reçus, tout en remettant des clés désinfectées.

Les guides

Par ailleurs, malgré toutes les précautions, il faut être prêt à accueillir les représentants de la CNESST affectés à l’inspection des mesures sanitaires, et consulter au besoin le site de l’ASPMQ.

 

Catégories : Éditorial, Pneus
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