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Hydro-Québec ouvre la voie

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Des fourgons de service au garage d’Hydro‐Québec Distribution. PHOTO Hydro-Québec

Tout en négociant un important virage vers la décarbonation de son parc, Hydro-Québec doit s’assurer de l’efficacité d’un des plus importants inventaires roulants au pays.

Jean-Gaston Monette, chef de la gestion du matériel de transport chez Hydro-Québec depuis une dizaine d’années à la direction service de transport de l’entreprise, trace le portrait de sa stratégie dans la gestion de 9717 véhicules de toutes catégories, dont près de 12 % contribue à l’effort de décarbonation du parc de véhicules.

Un parc varié

Les camionnettes légères et pleine grandeur composent la partie la plus importante de ce parc varié. On y trouve aussi des camions lourds avec équipements spécialisés, – nécessairement la nacelle, qui est le véhicule phare de l’entreprise, – une panoplie de remorques pour déplacer les matériaux et équipements ainsi que des VTT et motoneiges. Au total, 35 ateliers de mécaniques entretiennent ce parc avec l’aide de 200 techniciens. L’entretien des véhicules d’Hydro-Québec se fait à l’interne à hauteur de 70 %, certaines réparations spécialisées, notamment en carrosserie, se font en sous-traitance.

L’équipe de gestion du parc établit à la fois les objectifs, notamment de réduction du nombre de véhicules et des émissions polluantes, mais aussi les indices de performance pour atteindre les cibles de maximisation des actifs. « L’instrumentation des équipements par télémétrie, depuis 2019, nous permet de savoir clairement comment les véhicules sont utilisés, le kilométrage parcouru et leur localisation », explique M. Monette.

« Toutefois ces données et les directives que nous en tirons sont validées sur le terrain, par nos comités régionaux. Nous savons où et comment nos véhicules sont utilisés, mais la validation avec nos gestionnaires est primordiale. »

Jean-Gaston Monette, chef de la gestion du matériel de transport chez Hydro-Québec. PHOTO Hydro-Québec

« Toutefois ces données et les directives que nous en tirons sont validées sur le terrain, par nos comités de gouvernance avec les unités d’affaires que nous desservons. Nous intégrons les données d’utilisation de nos équipements, mais cette validation doit être vérifiée avec les utilisateurs pour donner un sens à celle-ci. Les particularités terrain sont très importantes et doivent être considérées. »

Cette analyse des utilisations a permis à son équipe de mettre en place des solutions concrètes comme la création d’un parc de véhicules partagés, que les utilisateurs réservent sur le Web ou l’offre d’une navette entre Montréal et Québec, éliminant les voitures individuelles et permettant le travail à bord.

Virage vert

Hydro-Québec a déployé un vaste programme de décarbonation. L’objectif est de compter 2545 véhicules électriques, de toutes tailles, dans ce parc d’ici 2026. « Il y a un défi logistique, mais aussi un défi technologique, explique l’expert. L’analyse des données d’utilisation nous permet d’établir un cycle journalier d’opération pour identifier les véhicules en mesure d’être convertis à l’électrique sans affecter nos opérations.

D’un autre côté, nous devons valider les équipements disponibles pour nos applications. Par exemple, nous introduisons une nacelle électrique autonome qui fonctionne sans que le moteur du camion tourne. C’est une approche appréciée par notre clientèle en zone urbaine. »

Mentionnons que cette société d’État a commandé récemment 55 E-Transit et a reçu une dizaine de motoneiges électriques qui vont s’ajouter aux quelque 12 % de véhicules décarbonisés du parc.

L’autre défi, technique cette fois, est de préparer les installations de recharge avant la livraison des véhicules électriques. La stratégie est de cibler là où se trouve la demande avant l’implantation de bornes de recharge temporaires, question de valider la technologie. « Nous allons équiper dix sites par année, avec la formule d’une borne par véhicule, pour nous familiariser avec le processus de recharge et leur optimisation. »

Voiture électrique à une borne de recharge rapide 400 V. PHOTO Hydro-Québec

Le défi de l’approvisionnement

Comme tous les gestionnaires de parc, Jean-Gaston Monette est confronté aux problèmes d’approvisionnement en véhicules de remplacement, mais aussi à certaines pénuries chez les équipementiers spécialisés. « Même si nous avons reçu 900 nouveaux véhicules l’an dernier, la gestion du remplacement demeure un enjeu. Il arrive encore souvent qu’un véhicule soit disponible, mais pas les équipements dont nous avons besoin pour le mettre en service. Ou l’inverse. Et la solution de la location, surtout pour nos véhicules stratégiques – camions lourds à nacelles et fourgonnettes de service pour le réseau sous-terrain – est inexistante. Nous devons conserver plus longtemps des véhicules en fin de vie et nous assurer d’avoir accès à des unités de remplacement en cas de besoins urgents. Nous avons développé aussi des solutions alternatives pour certains produits. »

Le virage vers des véhicules moins polluants demande aussi un encadrement du personnel. Les utilisateurs sont formés aux bonnes pratiques en matière de recharge, par exemple. « Nous constatons qu’en étant transparents avec toutes nos équipes, l’acceptabilité est à un haut niveau et les futurs utilisateurs ont hâte d’avoir leur véhicule électrique ou hybride », mentionne M. Monette.

Un programme de formation spécifique est en élaboration pour les techniciens qui seront chargés de l’entretien et de la réparation de ces véhicules de nouvelle technologie. Pour le moment ces unités sont confiées aux concessionnaires fournisseurs le temps que dure la garantie d’origine.

Une mission et un engagement

Monette est conscient que pour cette société d’État portant le nom d’Hydro-Québec, les attentes sont élevées en matière d’électrification des équipements roulants. « Non seulement je comprends la pression populaire, mais aussi l’importance de notre mission d’ouvrir la voie. Qui plus est, plusieurs gestionnaires de parc suivent notre progression et nous partagerons avec eux l’expertise que nous développons en matière de validation des diverses solutions d’électrification du parc et des installations de recharge. Cela fait partie de notre vision et éventuellement des services que l’entreprise veut offrir en matière de mobilité durable. »

 

Catégories : Éditorial, Parc
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