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Les tendances 2021 des solutions vertes

Les camions de taille moyenne, sur des circuits répétitifs, sont les plus aptes à passer à l’électrique d’ici cinq ans. PHOTO Ivan Bandura, Unsplash

Un récent rapport américain sur les tendances de la transition vers des camions commerciaux sans émissions est révélateur d’une grande ouverture à leur adoption.

Intitulé The State of Sustainable Fleet 2021 (État du parc durable), le rapport a également fait l’objet d’une discussion virtuelle entre experts le 26 mai dernier.

Ce rapport, découlant d’un sondage effectué auprès des gestionnaires de parc de toutes les tailles, indique que l’adoption de solutions vertes poursuit sa progression malgré le contexte pandémique qui a brouillé les cartes au cours des derniers mois.

En fait, 83 % des répondants qui ont déjà greffé des véhicules électriques, à l’hydrogène ou au gaz naturel dans leurs parcs, mentionnent leur volonté d’accélérer ce virage au cours des prochaines années.

Des solutions qui intéressent

Le rapport souligne également que les solutions vertes dont les technologies ont été éprouvées en matière de gaz naturel et de propane se traduisent par des économies réelles dans les applications de transit, de livraison urbaine ou pour le transport scolaire.

Au chapitre de l’électrique, les résultats de ce sondage indiquent que les parcs nord-américains vont demander des dizaines de milliers de véhicules commerciaux électriques dans les prochaines années.

Le coût d’achat de ce type de véhicule demeure plus élevé que leur équivalent au diésel, mais le fait que les constructeurs commencent à en produire à grande échelle aura un impact positif non seulement sur leur disponibilité, mais aussi sur leur prix. Les investissements en infrastructures font aussi partie intégrale du plan d’affaire de plusieurs entreprises de transport.

Même chose pour le développement de la filière hydrogène, qui reçoit des investissements de milliards de dollars pour soutenir l’implantation d’infrastructures, mais aussi le développement, par les constructeurs, de camions lourds. En fait, ces derniers vont doubler sous peu l’offre de camions moyens et de camions lourds de classe 8 dans les prochaines années.

L’attitude des utilisateurs

Le panel qui accompagnait le dévoilement de cette étude était animé par Erik Neandross, directeur général de la firme de consultants GNA, spécialisée dans les solutions vertes pour les parcs.

Il est revenu sur les grandes tendances du rapport en mentionnant que pour les gestionnaires de parc, il ne fait aucun doute que plusieurs solutions technologiques sont offertes pour réduire leurs émissions de Co2.

Un panel de quatre expert, animé par Erik Neandross, a fait le point sur le virage vers des solutions vertes pour les parcs de véhicules commerciaux. PHOTO Sustainable Fleet

John Morris, de Waste Management, Drew Cullen de Penske Transportation Solutions, Rakesh Aneja, de la division des camions chez Daimler et Patrick Carré de Shell ont participé à distance à cette discussion.

Couvrant les États-Unis et le Canada, l’entreprise de gestion de déchets Waste Management a converti les trois quarts de son immense parc de camions de collecte au gaz naturel compressé. L’entreprise a investi près de trois milliards de dollars dans la conversion des véhicules existants, à l’achat de camions neuf et en infrastructures.

Comme l’explique M. Morris, cette technologie a été choisie il y a quelques années, car elle avait fait ses preuves et pouvait bien s’adapter au type de travail demandé à la flotte de collecte des rebuts.

« Ce virage environnement s’avère rentable, témoigne le gestionnaire. Nous l’avons fait graduellement, car ce que nous voulions éviter c’était de brouiller nos opérations et notre rythme de remplacement du parc est de dix ans. Aujourd’hui, nous ne reculerions pas. La technologie s’est avérée fiable et les coûts d’opération représentent des économies. »

Mentionnons que l’entreprise gère des sites d’enfouissement qui émettent du méthane. Waste Manager pense maintenant les capter, les purifier, et les utiliser comme carburant pour certains véhicules de son parc, question de boucler la boucle.

Valider la technologie

Du côté du transporteur Penske, des essais sont en cours pour un virage vers l’électrique pour les véhicules de livraisons urbaines. Une vingtaine de véhicules sont présentement analysés et ont déjà parcouru près de 500 000 kilomètres.

Cette période de mise à l’épreuve est très éclairante sur l’efficacité de ces camions, mais aussi sur la logistique de recharge. Drew Cullen mentionne toutefois qu’un des freins à la conversion vers l’électrique est la disponibilité des véhicules commerciaux de ce type.

Ce constat interpelle Rakesh Aneja de Daimler :

« Nous travaillons de très près avec nos clients pour leur proposer des véhicules qui répondent à leurs besoins. Une période d’essai comme celle menée par Penske nous achemine une multitude d’informations pertinentes. Le virage vers des véhicules commerciaux à zéro émission est un travail d’équipe. Il faut des infrastructures de recharge, mais aussi des véhicules que nos clients vont vouloir utiliser. Pour des raisons environnementales, certes, mais avant tout économiques. »

Patrick Carré, de Shell, est très impliqué dans la division de décarbonisation des transports. Selon lui, il ne fait aucun doute qu’avant cinq ans la plupart des camions de livraison de proximité seront électriques.

La réglementation de plusieurs villes et états pousse dans cette direction. Avec la baisse graduelle du prix des batteries qui va faire fondre l’écart entre l’électrique et le diésel et la multiplication de l’offre des modèles commerciaux, le choix devient de plus en plus intéressant.

Il demeure toutefois réaliste : « Quand je pense à une compagnie qui transporte des barres d’acier à travers les Rocheuses, je me dis que le diésel aura encore sa place pour une certaine période. »

 

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