Une gestion des parcs sous pression

Les services de livraison, entre autres, sont de la toute première importance en période de confinement. (Photo : Shutterstock)

Pour les gestionnaires de parcs, les contraintes imposées par la COVID-19 ont demandé une révision complète des façons de faire, tout en maintenant leurs services de premières lignes.

Les parcs automobiles à vocation commerciale restent actifs durant la crise, car ils sont souvent liés à des services jugés essentiels. Les camions et fourgonnettes qui sillonnent nos routes, autrement presque désertes, assurent la livraison de biens ou la prestation de services de première importance. Évidemment, tout ce qui est location de voitures de tourisme a subi de plein fouet les effets du confinement.

Pour les firmes spécialisées dans la gestion de parcs, plusieurs mesures ont dû être mises en place rapidement pour s’assurer de maintenir le service attendu des clients. « Nous avons gardé nos équipes en opération, explique David Bédard, directeur de comptes nationaux chez Element Fleet Management à Montréal. Mais tout le monde a été placé en télétravail. Ceux qui n’avaient pas d’ordinateur portable s’en sont rapidement trouvé un et nous avons pu maintenir un lien sans faille avec notre clientèle. »

Plusieurs clients de cette entreprise oeuvrent dans des secteurs névralgiques comme la santé, les télécommunications ou la construction. Son travail donc a été de maintenir un lien d’échanges avec eux afin, notamment, de leur partager les meilleures pratiques en matière de respects des règles sanitaires.

Approvisionnement paralysé

Puisque plusieurs constructeurs automobiles ont ralenti ou arrêté la production de véhicules dans leurs usines, l’accès aux véhicules nécessaires pour répondre aux besoins des parcs automobiles a été impacté. Cela a comme effet de retarder les rotations et le remplacement de véhicules. Puisque plusieurs entreprises commerciales ont dû ralentir leurs activités, leurs décisions d’investissements généraux et aussi relatifs à leur parc de véhicules ont été mises sur la glace.

« D’un point de vue opérationnel, l’heure n’est pas à la prospection de nouveaux clients, explique M. Bédard. Non seulement les consignes de distanciation sociale nous le déconseillent, mais franchement, ces entreprises ont présentement à gérer une situation qui les occupe à un autre niveau de priorité. »

Des aspects positifs

Ce qui est intéressant d’apprendre à la lumière de la présente crise c’est que les gestionnaires de parcs ont mis en place des outils et des plateformes de communication d’une très grande efficacité avec leurs clients. Cela pourrait rester en partie un héritage de la COVID-19 au lendemain de la crise. De plus, plusieurs entreprises qui auront surmonté la tempête vont possiblement vouloir confier à une firme spécialisée la gestion de son parc automobile, préférant se recentrer sur l’essence de leurs opérations.

« Je crois qu’un bon volume d’entreprises, dans quelques semaines, aura besoin de nos services plus que jamais », prédit David Bédard.

Forte demande

Simon Therrien, ingénieur mécanique, est spécialiste de parc automobile chez Bell Canada, est au centre de la tempête. Alors que les services du fournisseur de télécommunications atteignent un niveau de demande historique, il est difficile de trouver des véhicules pour offrir le service.

Tout comme M. Bédard, il vit la pénurie causée par la fermeture des usines des constructeurs ou de ceux qui leur fournissent des composantes. Le parc de Bell Canada compte 14 000 véhicules. La gestion du renouvellement demande la livraison régulière de nouveaux camions de service, de camions-nacelles ou de voitures. « Nous avons repoussé certains achats à l’an prochain, explique celui qui occupe également le poste de secrétaire à la NAFA au Québec. Nous avons une commande pour 275 véhicules neufs, placée en janvier et février, qui sera retardée puisque les véhicules de service n’ont pas même encore été fabriqués. J’estime qu’il faudra compter entre trois et quatre mois avant que la chaîne d’approvisionnement retrouve une cadence normale. »

Fini le partage

À l’heure du télétravail, des vidéoconférences et des soirées passées sur Netflix, le réseau de Bell Canada est mis à dure épreuve. Mais tout tient bon nous rassure M. Therrien. Et cela malgré un autre facteur de complexité : Pour des raisons sanitaires, Bell Canada a mis de côté son approche de partage des véhicules de services entre techniciens pour éviter la contagion. « C’était la chose à faire, mais cela a eu un impact sur notre besoin de véhicules. Un besoin que nous ne pouvons pas combler présentement avec des unités neuves. Nous conservons donc sur la route des véhicules dont nous prévoyions nous départir. Heureusement, cette stratégie fonctionne relativement bien. »

Un autre élément positif est que l’approvisionnement en pièces de rechange semble solide. Les ateliers de Bell ont des réserves et la compagnie a des partenaires distributeurs pour compléter les inventaires.

 

Catégories : Éditorial, Parc

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