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Budget 2022 : Réflexions

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Alana Baker, directrice principale des relations avec les gouvernements, Association des industries de l’automobile (AIA) du Canada. PHOTO AIA Canada

Le 7 avril, le gouvernement fédéral dévoilait son Budget 2022. Une des priorités énoncées consiste à gérer la transition vers les véhicules électriques (VÉ).

Le Budget tient compte de toutes les étapes du processus ; de l’extraction des minerais nécessaires à la vente en passant par la production des matériaux et la construction des véhicules, tous des aspects qui ont fait l’objet d’une attention particulière dans le Budget présenté. Tous sauf le marché secondaire de l’automobile.

Rôle prépondérant

En matière de transport et d’économie canadienne, le marché secondaire joue un rôle important pour que les 26 millions de véhicules qui roulent sur nos routes restent sûrs et en bon état de marche. Le marché secondaire emploie en outre près de 500 000 personnes et compte pour 32 G$ par année dans l’économie nationale. On trouve des ateliers de réparation automobile indépendants pratiquement partout au pays, et leur existence assure que tous les Canadiens ont facilement accès à des services d’entretien et de réparation mécanique.

Les ateliers de réparation indépendants et des réseaux d’approvisionnement adéquats sont donc très importants dans l’adoption des VÉ à grande échelle au pays. Cela signifie que le gouvernement doit considérer le marché secondaire comme un élément essentiel de la dynamique, et non comme un simple accessoire dans sa stratégie de transition vers les véhicules électriques.

Même si les incitatifs peuvent être utiles pour inciter les gens à faire le saut vers un VÉ, ils ne suffisent pas à eux seuls. es sondages d’opinion montrent que les Canadiens sont beaucoup moins susceptibles de choisir un VÉ s’ils ne peuvent pas le faire entretenir dans l’atelier de leur choix. En fait, 77 % des Canadiens seraient moins enclins à acheter un véhicule donné, ou n’en achèteraient pas du tout, s’ils sont forcés de le faire entretenir par un concessionnaire de la marque. Il est donc clair qu’il ne faut pas oublier le facteur confiance quand on pense à orienter les consommateurs vers les VÉ. C’est pourquoi il est primordial de se doter d’une législation qui permet aux acheteurs de choisir l’endroit où ils feront entretenir leurs véhicules.

Un impact majeur

Cela devient de plus en plus vrai à mesure que la conversion vers l’électrique s’opère, car l’entretien de ces véhicules nécessite aussi un accès à Internet et à des bases de procédures, ainsi que des nouveaux outils et compétences. Un sondage récent auprès d’intervenants du domaine de la formation a démontré que, comparés à d’autres métiers sanctionnés par Sceau Rouge, les techniciens automobiles observent de plus grands changements technologiques dans leur métier. Le même sondage démontre que les techniciens chevronnés comme les apprentis s’inquiètent de leur capacité à entretenir des VÉ, étant donné la rapidité de l’évolution technologique dans ce secteur.

Il faut aussi tenir compte des pénuries actuelles de pièces et de composantes, ainsi que de l’inflation, des facteurs qui pèsent lourd sur le portefeuille des Canadiens. C’est pourquoi les incitatifs doivent être bien dosés et laisser la liberté de choix à l’acheteur, non seulement au moment de l’achat, mais aussi pour l’entretien de son véhicule.

Plusieurs pays, dont les États-Unis, reconnaissent que la transition vers les véhicules électriques ne sera possible que si le marché secondaire arrive à suivre le rythme. Il est donc essentiel que cette réglementation du droit à la réparation soit claire, concise et équitable autant pour les constructeurs que pour le marché secondaire en permettant au consommateur de choisir où il veut faire entretenir son véhicule tout en favorisant une concurrence saine.

Changement rapide

Bien que le gouvernement canadien se soit engagé à créer une réglementation du droit à la réparation juste qui garantira le libre choix au consommateur, il doit se hâter de concrétiser cet objectif. Cela permettra de préciser le droit de propriété sur les données et de remettre le pouvoir de décision aux automobilistes quant à l’entretien de leurs véhicules.

En empruntant cette avenue et en soutenant le marché secondaire, le gouvernement contribuera à l’essor des corps de métiers tout en soutenant les quelque 500 000 emplois générés par le marché secondaire. Il renforcera ainsi l’économie nationale et l’atteinte de ses objectifs environnementaux, deux objectifs majeurs de son Budget 2022.


Alana Baker est directrice principale des relations avec les gouvernements au sein de l’AIA Canada. On peut la joindre à l’adresse [email protected].

 

Catégories : Chronique, Mécanique
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