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Tendances du marché des véhicules d’occasion 2026 : prix et rareté

Plusieurs facteurs rendent actuellement les conditions difficiles pour les concessionnaires sur le marché des véhicules d'occasion. Crédit : Huw Evans
Les concessionnaires font face à un environnement unique en ce qui concerne les véhicules d’occasion.
Les années 2020 s’annoncent décidément comme une décennie d’incertitudes. Pandémie, hausse des taux d’intérêt, tarifs douaniers, différends commerciaux, et maintenant un conflit au Moyen-Orient fait à nouveau peser son ombre sur les prix du pétrole et les chaînes d’approvisionnement mondiales. Les concessionnaires se retrouvent ainsi dans un environnement d’exploitation difficile.
Approvisionnement en inventaire
Le marché des véhicules d’occasion, qui représente traditionnellement un secteur fiable pour les concessionnaires en toutes circonstances, n’a pas été épargné par les turbulences de la décennie. En ce moment, c’est avant tout l’approvisionnement en inventaire qui leur donne du fil à retordre.
Brent Ravelle, président du Groupe Ravelle, qui exploite plusieurs concessions en Ontario, le confirme : le manque d’inventaire issu des échanges et la concurrence féroce compliquent l’approvisionnement en véhicules d’occasion de qualité. Face à ce constat, M. Ravelle a choisi de regrouper les opérations de véhicules d’occasion de ses différentes concessions sous une même bannière.
Il a également créé un nouveau poste au sein de ce groupe, chargé de gérer l’inventaire de véhicules d’occasion. Ce rôle consiste à superviser le flux des véhicules entrants, notamment les achats, les ventes en gros et la rapidité avec laquelle ces véhicules peuvent être reconditionnés et mis en vente.
Selon M. Ravelle, cette approche permet d’éviter que les concessions du groupe se fassent concurrence entre elles pour les véhicules d’occasion, ce qui nuirait ultimement aux choix offerts aux consommateurs.

Concurrence
M. Ravelle souligne par ailleurs que la concurrence avec les acheteurs américains complique encore davantage l’approvisionnement, particulièrement pour les véhicules nord-américains assujettis à l’ACEUM, dont le stock disponible reste limité. De plus, les volumes de retours de location demeurent faibles, une situation qui découle du ralentissement de la production par les constructeurs durant la pandémie de COVID-19, ce qui avait freiné les ventes de véhicules neufs de 2020 à 2023.
Des signes de stabilisation du marché commencent toutefois à apparaître. Les données d’AutoTrader indiquent qu’en 2025, les segments des véhicules neufs et d’occasion ont tous deux affiché une performance relativement solide. « Nous avons observé une croissance dans les deux segments, notamment au cours du premier semestre, alors que les consommateurs cherchaient à profiter de l’achat de véhicules neufs avant que les tarifs douaniers ne commencent à faire grimper les prix », explique Baris Akyurek, vice-président, Données et renseignements chez AutoTrader.
Les prix des véhicules d’occasion sont globalement en recul depuis le début de la décennie, ayant chuté d’environ 10 % depuis 2023 pour s’établir en moyenne à 36 816 $. L’annonce des tarifs douaniers américains en 2025 est toutefois venue renverser la tendance, faisant grimper leur valeur d’environ 800 $ durant l’année, contrairement à la tendance normale où les prix ont plutôt tendance à diminuer au fil des mois.
À l’aube de 2026, M. Akyurek indique que certains indicateurs laissent croire que les prix des véhicules d’occasion devraient demeurer relativement stables, du moins jusqu’à la fin de 2027. « Nous ne prévoyons pas de baisse significative des prix, car les stocks sont rares, dit-il. Oui, il y a de l’inventaire sur le marché, mais il reste bien inférieur à ce qu’il était avant la pandémie, car moins de véhicules neufs ont été vendus entre 2020 et 2023, et nous prévoyons que cette dynamique se maintiendra au moins jusqu’à l’an prochain. »
Nous ne prévoyons pas de baisse significative des prix, car les stocks sont rares. – Baris Akyurek, vice-président, Données et renseignements, AutoTrader
Une dépréciation qui se stabilise
Chez LGM Financial Services, Jake Stacey, vice-présidente exécutive, Ventes aux constructeurs et performance, abonde dans le même sens, notant que les prix ont été et continueront d’être contraints par les niveaux de stocks. Cela dit, elle s’attend à ce que la dépréciation se stabilise, de sorte que les prix record observés durant la période COVID ne sont pas près de revenir. Elle encourage néanmoins les concessionnaires franchisés à faire preuve de prudence lors des achats d’inventaire et à se concentrer sur « la rationalisation des opérations et le rapprochement entre leurs activités de véhicules neufs et d’occasion. »
De plus, la réalité du marché de l’occasion varie selon les régions, façonnée par les préférences des consommateurs locaux et les exigences fiscales et réglementaires en vigueur. « Plus que jamais, les concessionnaires doivent adapter leurs habitudes d’achat à ce qui se passe précisément dans leur marché », insiste Mme Stacey. À cela s’ajoute un autre enjeu de taille : une génération entière d’acheteurs expérimentés a quitté l’industrie pendant la pandémie, laissant derrière elle un vide difficile à combler.
C’est pourquoi, selon elle, s’approvisionner en bon inventaire est crucial. « Il faut établir les prix de manière dynamique. Il faut faire tourner ses véhicules rapidement. Il faut disposer d’une bonne équipe et offrir une excellente expérience client, ce qui signifie qu’elle ne doit en rien différer de ce qui est proposé du côté des véhicules neufs. »
Hybrides et véhicules électriques
Le marché de l’occasion des véhicules électriques et hybrides suscite encore beaucoup d’interrogations chez les concessionnaires canadiens. Chez AutoTrader, Baris Akyurek note que l’intérêt pour les véhicules électriques a été particulièrement lié aux incitatifs, et maintenant que le gouvernement du Canada a annoncé un nouveau cycle d’incitatifs, l’intérêt des consommateurs pour les véhicules électriques à batterie repart à la hausse.
Du côté de l’occasion, les véhicules électriques à batterie tirent toutefois de la patte, leurs prix accusant des baisses notables sous l’effet de craintes toujours bien présentes liées à l’autonomie et aux lacunes en matière d’infrastructure. Les hybrides, en revanche, continuent d’afficher une forte demande. « Les prix sont restés assez stables », dit-il, reconnaissant que pour une bonne partie des consommateurs canadiens, les hybrides représentent le meilleur des deux mondes : la propulsion électrique en milieu urbain, combinée aux avantages de la puissance et de l’autonomie d’un moteur à combustion interne en dehors de la ville.
De plus, avec la récente crise au Moyen-Orient qui pèse sur les prix du pétrole, l’engouement pour les hybrides, tant neufs qu’usagés, ne devrait que s’accentuer dans les prochains mois. Chez LGM Financial Services, Mme Stacey partage cet avis. « Les consommateurs disent vouloir économiser à la pompe, mais beaucoup ne sont pas encore prêts à passer au tout électrique. Ils veulent un véhicule qui offre le meilleur des deux mondes, et je dirais que les hybrides destinés aux familles, comme les petits et moyens VUS, sont bien positionnés pour répondre à cette demande. »





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