Abonnez-vous à notre magazine Autosphere et à notre infolettre hebdomadaire pour recevoir les dernières nouvelles de l’industrie.
Actualités automobiles, avis d’experts et conseils pratiques
Le Sommet de la CCAM axé sur les véritables enjeux

Financement, économie, véhicules chinois et intelligence artificielle, rien n'a été oublié au menu de ce Sommet de la CCAM. (Crédit : Michel Beaunoyer et PBL)
Le 14 janvier, dans un grand hôtel de Montréal, s’est déroulée la seconde édition du Sommet de la Corporation des concessionnaires d’automobiles de Montréal (CCAM) en présence d’environ 200 participants.
Commandité par Sym-Tech Services aux concessionnaires, l’événement visait à être une rencontre concrète pour les concessionnaires et autres professionnels de l’industrie. Comme l’a bien résumé Denis Dessureault, vice-président de la CCAM, dans son mot d’ouverture : « Nous vivons actuellement des transformations rapides et complexes dans notre secteur d’activités. Nous sommes confrontés à des enjeux réglementaires, technologiques, humains et économiques. Nous devons nous adapter. Notre Sommet est une plateforme de partage de nos expériences ainsi que de notre intelligence collective. »
Charles Bernard, économiste principal à la CADA, a d’abord fait un retour sur l’année écoulée, marquée par des fluctuations de ventes liées à la réduction des incitatifs à l’acquisition de véhicules électriques et aux craintes engendrées par les tarifs imposés par nos voisins du Sud. Ces turbulences risquent de se prolonger jusqu’en 2026, alors que les consommateurs restent inquiets face à l’économie, notamment en raison de l’augmentation du coût de la vie.
M. Bernard a néanmoins signalé une éclaircie, notant que notre économie a été beaucoup moins affectée par les caprices de l’administration américaine qu’on ne l’avait anticipé.
Dans un contexte où la démographie pourrait reculer au cours des prochaines années, principalement en raison du resserrement de nos frontières face à l’immigration, et où l’économie demeurera fragile, l’offre des concessionnaires devra s’ajuster. « Certains d’entre vous ont déjà ressenti cette tendance et ont augmenté vos inventaires de véhicules plus abordables ou d’occasion », constate l’analyste. « Le profil de votre client va changer, mais vous faites partie d’une industrie résiliente. »
À son tour au lutrin, le président de la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec (CCAQ), Ian Sam Yue Chi, a abordé l’application de la Loi 30, qui entrera en vigueur en juillet prochain et modifiera les règles en matière de vente d’assurance de remplacement et de crédit.
« La CCAQ travaille avec les fournisseurs de services, et j’ai confiance que nos partenaires en F&I (financement et assurance) ont des solutions. Nous comptons trois partenaires qui préparent des solutions », a signalé le président, sans vouloir s’avancer davantage. « Nous aurons une offre de produits à valeur ajoutée pour les consommateurs, tout en étant profitable pour les concessionnaires. »
Ian Sam Yue Chi a conclu sa présentation en faisant le point sur le programme de certification des concessionnaires, dont 328 ont obtenu cette reconnaissance. « J’invite tous les concessionnaires à poursuivre dans cette direction ; cela rend nos équipes fières de ce qu’elles font. » Une campagne visant à faire connaître cette certification au grand public devrait se mettre en place au printemps. Rappelons que la certification des concessionnaires est une stratégie basée sur la transparence et les bonnes pratiques, visant à rebâtir des liens de confiance avec les consommateurs.
Un moment plus léger a vu l’arrivée, aux côtés de l’animatrice Isabelle Maréchal, de l’ancien capitaine du Canadien de Montréal, Guy Carbonneau. Ce dernier a partagé son expérience sur la gestion et la motivation d’une équipe. « Chaque joueur a son importance, et si tous ne s’engagent pas avec toi, tu n’auras pas de succès », a-t-il illustré. Il a souligné l’importance de transmettre un message constant à tous les joueurs et de comprendre les intérêts de l’équipe, alors que chaque athlète aspire à jouer sur le premier trio.
Un sujet brûlant d’actualité a été abordé par Niel Hiscox, président de Clarify Group : l’arrivée potentielle des véhicules électriques chinois sur le marché canadien. Une étude avait déjà été réalisée par l’Association canadienne des concessionnaires (CADA) en Chine en 2024, auprès de constructeurs et de concessionnaires locaux. M. Hiscox a expliqué que le gouvernement chinois tire profit non pas de la vente, mais de la production de ces véhicules. Cela explique son désir d’élargir au maximum son marché d’exportation, le marché local, bien que colossal, étant désormais saturé.
« Il y a des voitures chinoises partout dans le monde, sauf au Canada et aux États-Unis à cause des barrières tarifaires, et cela ne peut pas durer », a déclaré l’expert avec prémonition, la dissolution de ces tarifs étant annoncée pour le Canada la semaine suivante.
Soulignant la rapidité d’exécution de l’industrie automobile chinoise, M. Hiscox a mentionné qu’il est facile pour ce secteur d’ajuster ses véhicules pour répondre aux besoins de notre marché, le tout à un coût attractif pour le consommateur. Il est à noter que plusieurs régions produisent des voitures en Chine, et que, pour le moment, 137 constructeurs rivalisent dans ce créneau industriel spécifique. Selon l’expert, à peine une vingtaine d’entre eux seront toujours en course en 2030.
La scène a ensuite été occupée par un panel de concessionnaires québécois qui se sont rendus dans la région de Shanghai en avril dernier pour prendre le pouls de ce secteur qui suscite tant d’intérêt.
Charles et Alexandre Saillant, du groupe éponyme, étaient accompagnés de Marc Bourassa de Cadillac Laval pour tirer une première conclusion : « Nous nous attendions à des voitures de piètre qualité, produites rapidement et en grands volumes, et nous avons été sidérés de découvrir des voitures bien construites, à la finition impeccable et de haute technologie. » En fait, les explorateurs rapportent des anecdotes de voitures connectées à la limite de l’inquiétant, dans ce pays au régime nettement plus contraignant et intrusif que le nôtre.
« L’époque où la Chine copiait les technologies occidentales est révolue, constatent les panélistes; aujourd’hui, elle innove ! » Bref, la question de la pertinence de ces véhicules sur un marché qui serait demandeur de véhicules électriques de qualité, mais à des prix plus accessibles, ne se pose plus. Les concessionnaires sur scène se questionnaient davantage sur la manière dont ces véhicules seraient commercialisés ici. Ils craignent la vente directe, qui viendrait nuire à leurs opérations. Au moment d’écrire ces lignes, le flou sur ce point demeure total.
L’intelligence artificielle était également au programme du Sommet, puisque Aurélien Debec, président de la firme aConnect, a parlé de son application dans l’automatisation des échanges vocaux avec les clients actuels ou potentiels. Il a évoqué les initiatives de son entreprise dans la création d’agents IA capables d’échanger avec un humain de manière plus naturelle.
« Cette solution est utile en cas de débordement des appels, explique M. Debec. Par exemple, cet agent virtuel peut prendre un rendez-vous pour le client au département de service en complétant toutes les étapes nécessaires à la collecte d’informations. » Il ajoute que ces agents d’IA sont également utiles pour gérer les campagnes de rappel des constructeurs ou encore la saison des prises de rendez-vous hâtives pour le changement de pneus.
Pour M. Debec, les échanges vocaux automatisés de cette manière libèrent les humains, qui représentent la valeur ajoutée, une fois que l’intelligence artificielle s’est occupée de la routine. Il ressort de cette présentation que le consommateur préfère interagir avec un agent virtuel pour effectuer des opérations courantes plutôt que de tomber sur une boîte vocale.
Yamina Tsalamial, de Léger Marketing, a partagé les résultats d’un vaste sondage auquel ont répondu 2 000 immigrants établis au Québec depuis moins de dix ans. « L’objectif était de guider les concessionnaires dans la réponse aux besoins des nouveaux arrivants », résume l’analyste.
Ainsi, ces clients potentiels sont en moyenne plus jeunes et comptent davantage de femmes que la démographie québécoise. Dans 83 % des cas, ils arrivent avec un diplôme universitaire en main, ce qui ne garantit pas qu’ils décrocheront un poste dans ce domaine. En fait, lors du sondage, un tiers d’entre eux gagnaient moins de 60 000 $ annuellement, mais près des deux tiers travaillent dans leur domaine, sans nécessairement occuper le poste convoité.
Selon Mme Tsalamial, ces immigrants arrivent avec de l’ambition et le désir d’un avenir meilleur pour leurs enfants, et bénéficient globalement d’un accueil positif; cependant, ils sont confrontés à plusieurs défis. Le contexte politique les inquiète, le coût de la vie est élevé et ils sont souvent victimes de discrimination à l’embauche.
Le sondage devient particulièrement intéressant pour les concessionnaires lorsque l’on apprend que 42 % des nouveaux arrivants louent ou achètent une voiture dans les deux années suivant leur arrivée. « Toutefois, les concessionnaires doivent être sensibles au fait que pour un nouvel arrivant, la voiture n’est pas un moyen d’afficher un statut social. Pour eux, c’est, après le cellulaire et le logement, une nécessité, un moyen de se déplacer pour trouver un emploi », explique Mme Tsalamial. Elle recommande donc aux concessionnaires d’aborder cette clientèle en mettant l’accent sur des éléments rationnels.
Cette présentation marquait la fin des conférences. Les participants ont prolongé leur séjour en échangeant lors du cocktail de clôture.
Sylvie Dagenais, récipiendaire du Prix de la reconnaissance de la CCAM
Dans le cadre de son Sommet, la CCAM a remis le tout premier Prix Reconnaissance CCAM à Sylvie Dagenais. Cette distinction souligne un parcours exceptionnel, marqué par l’engagement, la vision et une contribution profondément humaine à l’industrie automobile du Grand Montréal.
Instigatrice de la Fondation de la CCAM en 1987, présidente du conseil d’administration en 1993-1994 et première femme à présider la CCAM et le Salon de l’Auto de Montréal, Mme Dagenais incarne une forme de leadership ancrée dans l’action, la discrétion et la transmission. Son parcours témoigne d’un engagement construit sur le terrain, au fil des années, dont l’influence se fait encore sentir aujourd’hui.














































LAVAL
Permanent


