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Durée de location : tendances en carrosserie

Jennifer Everett, vice-présidente, Remplacement et loisirs, Canada, Enterprise Mobility. Crédit : Enterprise Mobility
Une discussion avec Jennifer Everett d’Enterprise Mobility.
Pendant la pandémie de COVID-19, les ruptures de la chaîne d’approvisionnement, les mises à pied et les départs à la retraite ont grandement allongé les cycles de réparation. Du côté des véhicules de remplacement après sinistre, la durée de location (DDL) a elle aussi grimpé, entraînant d’importantes hausses de coûts et des inefficacités pour les ateliers de carrosserie et les assureurs. Heureusement, la tendance s’inverse. Au premier trimestre, Enterprise Mobility a rapporté une DDL globale de 15,7 jours pour les locations liées à la carrosserie, soit une baisse de 0,5 jour comparativement à l’an dernier (voir le rapport complet ci-dessous). Bien que la DDL recule ainsi depuis 2023, la moyenne actuelle demeure supérieure de trois jours à celle de 2020. Sur le plan régional, Terre-Neuve-et-Labrador affiche la DDL la plus élevée (18,3 jours) et l’Île-du-Prince-Édouard, la plus basse (13,4 jours). L’Ontario se situe à 16,8 jours, le Québec à 16,1 jours, la Nouvelle-Écosse à 17 jours, l’Alberta à 18,8 jours et le Nouveau-Brunswick à 16 jours. Malgré ces écarts marqués entre les provinces aux régimes d’assurance privés, la baisse généralisée montre que le secteur de la carrosserie progresse dans la bonne direction. Pour faire le point sur la situation au pays, Autosphere s’est entretenu avec Jennifer Everett, vice-présidente, Remplacement et loisirs, Canada chez Enterprise Mobility. Voici ses commentaires :
Autosphere : Si l’on examine les conclusions globales du rapport du premier trimestre d’Enterprise Mobility, quelles sont vos principales observations concernant la DDL au Canada ?
Jennifer Everett : Nous voyons d’un très bon œil la baisse graduelle de la DDL au premier trimestre, qui témoigne de la stabilisation du secteur après les turbulences passées. Même si la DDL demeure élevée par rapport aux niveaux prépandémiques, ce redressement montre que la disponibilité des pièces s’améliore, que les processus se régularisent et que les ateliers regagnent de la capacité de production. C’est le résultat direct d’un effort concerté entre assureurs, réparateurs et partenaires de mobilité. À nous maintenant de composer avec les disparités régionales pour pousser l’efficacité encore plus loin.

AS : Selon vous, quels ont été les principaux facteurs expliquant la DDL plus élevée observée à Terre-Neuve-et-Labrador par rapport aux autres provinces ?
Mme Everett : De nombreux facteurs entrent en ligne de compte : la complexité des travaux, la gravité des sinistres, les processus de traitement des réclamations, l’approvisionnement en pièces et l’achalandage dans les ateliers. À Terre-Neuve-et-Labrador, la géographie ajoute une complexité majeure. L’isolement de la province étire les délais de la chaîne logistique, qu’il s’agisse du transport ou de la livraison des pièces. De plus, les intempéries des derniers mois ont amplifié ces défis, créant des goulots d’étranglement alors même que tout le monde déploie les efforts nécessaires pour faire avancer les dossiers. Ces embûches prolongent inévitablement les cycles de réparation, surtout pour les cas lourds. Cela ne fait que confirmer l’importance d’une concertation étroite entre tous les intermédiaires pour atténuer les retards et prêter main-forte aux clients de ces régions.
AS : Y a-t-il d’autres facteurs qui influencent la baisse de la DDL dans la plupart des provinces, par rapport à l’augmentation du nombre de jours à Terre-Neuve et au Québec ?
Mme Everett : De manière générale, le recul observé dans la majorité des provinces découle d’une nette amélioration des chaînes d’approvisionnement, notamment en ce qui concerne la disponibilité des pièces, ainsi que des gains d’efficacité constants de nos réseaux de carrosserie. En revanche, à Terre-Neuve-et-Labrador, les contraintes géographiques et logistiques continuent de peser sur les délais.
« Même si la DDL demeure élevée par rapport aux niveaux prépandémiques, ce redressement montre que la disponibilité des pièces s’améliore, que les processus se régularisent et que les ateliers regagnent de la capacité de production. C’est le résultat direct d’un effort concerté entre assureurs, réparateurs et partenaires de mobilité. »
– Jennifer Everett, vice-présidente, Remplacement et loisirs, Canada, Enterprise Mobility
AS : Compte tenu de la tendance vers des franchises plus élevées, comment pensez-vous que cela pourrait influencer les réclamations de réparation et, par extension, la DDL des véhicules de remplacement fournis par l’assureur ?
Mme Everett : Avec la hausse continue des franchises, nous constatons un changement de comportement chez les assurés, qui ont parfois tendance à reporter les travaux ou à assumer eux-mêmes certains coûts. De notre point de vue, cela met en lumière la nécessité de collaborer étroitement avec les assureurs et les carrossiers partenaires. L’objectif est de garantir la mobilité des automobilistes et de leur offrir un parcours sans accroc, peu importe la façon dont ils choisissent de gérer leur réclamation.
AS : Y a-t-il quelque chose que vous aimeriez mentionner en particulier concernant les véhicules hors d’état de rouler et la DDL ? Encore une fois, nous avons constaté que Terre-Neuve est nettement plus élevée, tandis que le Québec affiche la DDL la plus basse pour les véhicules dans cet état.
Mme Everett : Les réparations de véhicules lourdement endommagés demeurent les plus sensibles aux variations du cycle de réparation, ce qui explique pourquoi la DDL y est généralement plus élevée. Les ateliers de carrosserie sont plus enclins à prêter un véhicule de courtoisie pour les sinistres mineurs où le véhicule roule encore, mais ils se tournent vers la location pour les cas lourds où le véhicule est hors d’état de rouler. Cela fausse les statistiques et gonfle la DDL moyenne. Or, le maintien d’une flotte de voitures de courtoisie peut s’avérer coûteux, en plus de nuire à la productivité des ateliers en raison du manque de disponibilité. C’est là qu’un partenariat avec un fournisseur de mobilité comme Enterprise peut permettre aux carrossiers de se concentrer sur les réparations tout en optimisant le roulement de leur atelier.
AS : En ce qui concerne les pertes totales, nous avons constaté que le pourcentage continue de grimper légèrement. Comment pensez-vous que cela pourrait influencer la DDL à l’avenir ?
Mme Everett : L’augmentation continue de la fréquence des pertes totales est un élément que nous suivons de près. À l’avenir, une collaboration soutenue et une communication claire entre les parties prenantes seront essentielles pour aider les clients à franchir les étapes du processus de manière efficace et pour maintenir la DDL la plus optimisée possible.
AS : Y a-t-il autre chose que vous aimeriez mentionner concernant la DDL au Canada, d’après les dernières conclusions du rapport du premier trimestre ?
Mme Everett : Dans l’ensemble, ce premier trimestre confirme que nous avançons dans la bonne direction. Toutefois, il met aussi en évidence la multitude de variables qui influencent la DDL, qu’il s’agisse des pièces, de la main-d’œuvre ou des particularités locales. Enterprise s’engage plus que jamais à maintenir un partenariat étroit avec les assureurs et les réparateurs. En nous alignant sur des objectifs communs pour soutenir nos clients mutuels, nous pouvons continuer à stimuler les améliorations du cycle de réparation, à enrichir l’expérience client et à renforcer l’industrie dans son ensemble.
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