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Le pistolet de pulvérisation fait toute la différence en peinture automobile

Le choix, l’ajustement et l’entretien du pistolet sont des éléments déterminants dans la finition de la carrosserie automobile. (Crédit : Envato)
Le pistolet de pulvérisation à gravité est l’outil emblématique du peintre en carrosserie. Il est déterminant pour obtenir une finition du revêtement aussi fidèle que celle d’origine.
Les constructeurs automobiles lancent constamment de nouveaux modèles avec une variété de couleurs et de finis, espérant ainsi charmer l’œil du consommateur. Les fabricants de peinture, parfois complices dans l’élaboration de ces revêtements, développent des solutions applicables aux ateliers de carrosserie, appelés à intervenir sur ces véhicules dès qu’ils sont impliqués dans une collision.
Un poids immense pèse sur les compagnies de peinture qui, réalisant qu’un atelier ne peut offrir les mêmes conditions qu’une usine, préparent des apprêts, bases et vernis. Leur pulvérisation, effectuée dans les règles de l’art, devrait redonner au véhicule son apparence d’antan, tout en s’harmonisant avec les parties de l’automobile épargnées par la réparation.
Souvent, les peintres possèdent leurs pistolets, bien que certains ateliers les fournissent. Cependant, toutes les carrosseries doivent s’assurer que l’outil utilisé respecte les spécifications des processus d’application.

Un choix important
Nous avons demandé à Normand Cormier, chroniqueur pour notre publication et directeur de la formation pour les Amériques chez Systèmes de Revêtements Axalta, de nous parler de l’importance de choisir le bon pistolet de pulvérisation. Dans cette chaîne, où chaque écart sur le processus peut entraîner une reprise coûteuse du travail, il est crucial de faire le bon choix. Il convient de noter qu’en atelier de carrosserie, les systèmes à gravité sont nettement les plus courants.
« Je dirais qu’étant donné que le pistolet est le principal outil de travail pour un peintre, l’idéal est de pouvoir l’essayer avant l’achat, souligne l’expert. Les fournisseurs sont généralement ouverts à laisser un pistolet à un peintre pendant une certaine période d’essai avant l’achat. »
La même opportunité est offerte par des distributeurs d’équipement de carrosserie et des fournisseurs de peinture. « Ce sont des équipements relativement coûteux, et il serait regrettable d’acquérir un outil que l’on cesse d’utiliser parce qu’il ne convient pas réellement à nos besoins. »
Un outil pour chaque tâche
M. Cormier critique également l’idée, partagée par certains, qu’un seul pistolet peut assurer l’application indiscernable de couches d’apprêt, de base ou de vernis. Selon lui, la solution unique n’est pas optimale : « J’ai une préférence pour un pistolet avec des réglages spécifiques pour l’application de notre couche de base à l’eau, par exemple, mais je préfère le pistolet d’un autre fabricant pour l’application de notre vernis productif. »
Cela souligne l’importance de choisir le pistolet principalement en fonction des recommandations des fabricants de peinture, et non uniquement selon les préférences du peintre. Évidemment, ce dernier doit être à l’aise avec son outil de travail, mais son choix doit répondre à certaines contraintes techniques.
« L’ergonomie, le poids, les types de buses et de chapeaux d’air disponibles, le patron d’atomisation et le débit de matériel (grammes par minute) sont tous des facteurs qui influencent la performance du peintre lors de l’utilisation d’un pistolet », précise M. Cormier.
Les spécifications techniques avant tout
La conversation se tourne vers Christian Roy, gérant de territoire – technique – pour le distributeur NAPA/CMAX, qui n’hésite pas à affirmer que le choix du pistolet doit impérativement se faire selon les exigences édictées sur la fiche technique des produits de revêtement. « Je peux comprendre que le peintre ait ses préférences, explique-t-il, mais si son pistolet applique une couche d’apprêt scellant trop épaisse, par exemple, elle mettra trop de temps à sécher et cela peut entraîner des problèmes de délamination. Les pistolets s’ajustent selon le type d’application, mais avec les variations de viscosité que nous connaissons depuis plusieurs années, il est difficile de considérer qu’un seul pistolet puisse réaliser toutes les étapes avec la précision nécessaire. »
Il est entendu que les fournisseurs de peinture sont moins enclins à écouter les réclamations concernant leurs produits lorsque les applications ne sont pas réalisées avec les pistolets conformes à leurs spécifications techniques. Une chose est certaine : si, en raison du choix d’un outil inapproprié, la finition doit être reprise pour satisfaire le client, personne n’en sort gagnant. C’est un aspect à prendre en compte lors de l’achat de nouveaux pistolets ou lorsqu’un nouveau peintre arrive en atelier avec ses propres outils.
Les essayer
Bien que plusieurs outils répondent aux exigences des fabricants de peinture, M. Roy recommande de les mettre à l’essai pour identifier les modèles qui conviennent le mieux et obtenir un maximum d’informations sur leurs performances. « Certains pistolets ont la réputation d’être plus gourmands en peinture que d’autres », souligne-t-il.
Il est reconnu qu’environ un tiers du matériel est diffusé dans l’air lors de son atomisation. Christian Roy rappelle l’importance de suivre les fiches techniques des produits de finition. « Il y a encore des peintres qui affirment qu’ils ajustent leur pistolet à l’oreille… alors que certains pistolets indiquent, en temps réel, toute fluctuation de pression d’air pour garantir un débit constant et une application uniforme. »
Les fabricants de pistolets rivalisent pour réduire le gaspillage, et il est judicieux d’en observer les résultats. La question suivante concerne le prix. Étant donné qu’un pistolet à peinture, bien entretenu, peut durer des décennies, il est important de ne pas négliger sa qualité, même si l’achat d’une « marque » peut parfois s’avérer inutilement coûteux. Dans tous les cas, l’entretien joue un rôle crucial.

Un bon entretien
Comme le souligne Normand Cormier : « Un bon entretien est primordial pour garantir une bonne performance. Je ne choisirais pas un médecin qui ne désinfecte pas ses scalpels après une opération. Remplir un contenant de solvant et y immerger le pistolet en fin de journée n’est vraiment pas la meilleure manière de garder l’équipement propre. »
En effet, des joints en caoutchouc pourraient se dessécher sous ce traitement et perdre leur capacité d’étanchéité. De plus, des résidus de solvant pourraient contaminer l’application des produits de finition.
Les fabricants de pistolets à pulvériser proposent des kits d’entretien ainsi que des recommandations sur les méthodes à utiliser. Des machines spécialisées peuvent nettoyer l’outil en quelques secondes. Nos experts insistent sur l’importance d’un nettoyage après chaque changement de type de produit ou de couleur. Les mécanismes doivent également être lubrifiés périodiquement, ce qui prolonge leur durée de vie. Le remplacement de pièces peut être si coûteux qu’il incite souvent à acheter un nouvel appareil.
Christian Roy, à l’instar de ses confrères, recommande un démontage complet périodique et des essais sur une feuille pour évaluer la constance du cône d’application.
Les pistolets des principales marques disponibles sur le marché présentent des pièces principales et des fonctions d’ajustement similaires. Bien que des têtes de pulvérisation redessinées et des moniteurs numériques de pression apparaissent, on constate surtout une évolution depuis le grand virage vers les peintures à base d’eau.
Parole aux fournisseurs
Patrick Creany, responsable du développement des affaires chez SATA, explique que le fabricant qu’il représente collabore étroitement avec les fournisseurs de peinture pour suivre l’évolution constante de leurs produits. « Le défi consiste à trouver un équilibre entre la qualité de l’atomisation et l’optimisation du transfert. Le peintre souhaite un résultat constant, tandis que l’atelier cherche à minimiser le gaspillage de matériel », précise-t-il. Dans cette optique, le fabricant allemand propose une gamme complète de pistolets et de têtes de pulvérisation, sachant que chaque application présente des exigences spécifiques. Des afficheurs numériques sont également disponibles pour indiquer en temps réel la pression d’air entrant dans le pistolet.
SATA bénéficie d’une réputation enviable en matière de précision et de durabilité. « Nos produits évoluent constamment, mais je connais des peintres qui utilisent le même pistolet depuis 25 ans. Il va sans dire que cette longévité repose sur un entretien minutieux. »
Michel Barette, représentant technique pour le fabricant Iwata, souligne que l’idéal serait que l’atelier fournisse les pistolets à ses peintres par le biais d’une formule de financement graduel. Cela permet aux gestionnaires de donner à leurs techniciens les outils de leur choix. Ici encore, l’approche du fabricant japonais consiste à attribuer le bon outil à la bonne application. « Iwata propose une large gamme de pistolets adaptés à chaque type de revêtement et à chaque étape du processus de finition », explique M. Barette, qui ajoute que la finition est désormais davantage une science qu’un art. Le défi, précise-t-il, consiste à améliorer l’efficacité tout en atteignant un fini d’origine de plus en plus complexe, en fonction des prix établis. « Si le choix de la technologie d’application permet de réduire de 20 % la consommation de peinture, pourquoi ne pas comparer les différentes solutions sur le marché ? », conclut-il avec une confiance totale en son produit.
Yannick Auger représente DeVilbiss sur notre territoire. Le fabricant propose des pistolets spécialisés pour les produits appliqués, allant de l’apprêt au vernis, en passant par les bases. M. Auger recommande de profiter des périodes d’essai offertes par les fabricants, distributeurs ou compagnies de peinture. « L’atelier peut favoriser un type de pistolet pour répondre aux spécifications de son fournisseur de peinture. Mais si le peintre ne l’aime pas, son investissement finira dans une armoire. » Il est difficile de convaincre un peintre de changer de marque s’il est attaché à un pistolet. Cependant, les produits de revêtement évoluant constamment, cela constitue une bonne raison d’inciter le peintre à adopter un outil plus moderne et performant.
Alors que nous discutions de l’importance d’avoir plusieurs pistolets à portée de main selon le type de matériel à appliquer, Christian Toubia, représentant des ventes chez 3M, a évoqué le Performance Spray Gun 2, un nouveau pistolet polyvalent dont la tête de pulvérisation peut être changée selon les besoins. « Le corps du pistolet est en fibre de carbone, ce qui peut en étonner certains, jusqu’à ce qu’ils l’essaient… »
En effet, le pistolet est très léger et la gamme complète des têtes couvre tout le spectre des viscosités. Ces embouts jetables peuvent être utilisés jusqu’à une centaine d’heures.
Des sources d’information
Les fabricants de pistolets indiquent souvent sur leur site Internet quel outil privilégier selon la marque de peinture avec laquelle l’atelier collabore, ou plus spécifiquement pour chacun de leurs produits. Les distributeurs d’équipement de peinture ainsi que les compagnies de peinture elles-mêmes disposent de conseillers techniques proches des ateliers, capables de guider les peintres dans leurs choix en tenant compte de leurs préférences, puisque ce sont généralement eux qui achètent l’outil. Dans plusieurs cas, selon les programmes, il est possible de mettre un pistolet à l’essai dans l’atelier pendant quelques jours ou semaines.





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