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Carrossiers et tâches non productives

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Michel Bourdeau. Photo Archives Autosphere

Nos carrossiers reviennent constamment sur la lourdeur des tâches administratives imposées par les assureurs. Nous avons mené un vaste sondage pour faire toute la lumière sur la situation.

Dans ce sondage construit et mené de main de maître en mai par Evlyn Lagacé, coordonnatrice de la Corporation des Carrossiers professionnels du Québec (CCPQ), un total de plus de cent carrossiers ont répondu à 46 questions touchant les procédures qui ne sont pas directement liées à la réparation du véhicule qui leur est confié.

Les résultats de ce sondage démontrent que le temps passé, par dossier, à des tâches non productives représente plus ou moins une journée de travail. Pour le carrossier, la simple ouverture de dossier représente, en moyenne, une somme de 250 $.

Tâches non productives en carrosserie

« Nous avons pu évaluer le temps nécessaire pour effectuer les 46 opérations et procédures non liées à la réparation pour chaque dossier, explique Mme Lagacé. En compilant les réponses, nous arrivons à une moyenne de 9,3 heures par dossier. Les résultats varient d’un atelier à l’autre mais notons que 80 % des résultats se situent entre 5,35 et 14,32 heures par dossier. » La réalité opérationnelle derrière ces résultats est que le consensus actuel estime que 40 % du personnel d’un atelier de carrosserie est occupé à des tâches administratives.

Parmi les tâches les plus voraces en temps, toujours selon le sondage sur le temps de gestion, la rédaction de l’estimation, le démontage et le remontage lors de l’estimation des dommages ou encore le lavage de la voiture avant l’estimation ou de la voiture de courtoisie prennent entre 10 et 30 minutes pour chaque étape.

Les carrossiers nous signalent aussi, en complément au sondage, qu’une multitude de tâches s’ajoutent constamment au fardeau administratif, un fardeau alourdi notamment par la chasse aux pièces manquantes en ce moment.

Message aux assureurs

Considérant ces résultats qui viennent appuyer le constat de nos carrossiers depuis trop longtemps, les assureurs devraient au moins assumer une partie des coûts engendrés par cette explosion de tâches non productives et surtout, non rémunérées. N’oublions pas que les assureurs sont à l’origine d’une grande partie des frais encourus, ayant imposé graduellement aux carrossiers des étapes qui ne présentent d’ailleurs souvent aucune uniformité. Il n’est pas de notre rôle de nous ingérer dans les relations d’affaires entre les réseaux et les assureurs, mais il saute aux yeux que le constat tiré de notre sondage exige une mise à jour des méthodes de rémunération des carrossiers.

Il faut faire éclater le tabou qui entoure une franche et ouverte discussion sur le tarif horaire versé par les assureurs aux carrossiers qui ne reflète ni les éléments abordés dans notre sondage et encore moins les importants investissements financiers consentis par nos carrossiers pour mettre à niveau leurs équipements et leur savoir-faire pour réparer dans les règles de l’art les voitures qui leur sont confiées.

Les carrossiers intéressés à consulter l’intégralité de ce sondage peuvent en demander une copie à nos bureaux auprès de Mme Lagacé : [email protected].


Michel Bourbeau est président exécutif de la Corporation des carrossiers professionnels du Québec.

 

Catégories : Carrosserie, Chronique
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