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Chronique d’une mort annoncée

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Les carrossiers doivent avoir les ressources financières pour investir dans les outils et méthodes de réparation modernes. PHOTO Shutterstock

Ce titre choc, emprunté à une célèbre œuvre littéraire, décrit fort bien la situation précaire vécue par de nombreuses entreprises de carrosserie au Québec.

La pandémie de Covid, qui dure depuis plus de deux ans maintenant, n’est pas la cause profonde de la crise actuelle, mais elle aura contribué à son éclatement.

Quand il gèle en Floride, le prix des oranges augmente en quelques minutes. Lorsque le prix du pétrole augmente, les compagnies aériennes augmentent leurs tarifs et les pétrolières font de même, car c’est le dernier tarif payé pour le brut qui fait loi, même si les réservoirs des stations-service sont encore pleins …

Toutefois, quand les prix des intrants augmentent pour les carrossiers, ils doivent l’absorber et se taire.

Quand ils perdent des employés attirés par des salaires supérieurs et de meilleures conditions de travail ailleurs, ils disent simplement à ceux qui partent « Bonne chance dans ton nouvel emploi ».

Quand ils accomplissent des tâches qui ne sont aucunement payées, ils ne peuvent qu’espérer que cela change.

Le temps du changement

Eh bien, le temps du changement est arrivé, car il est absolument nécessaire. Des carrossiers sont en détresse. L’élastique ne peut plus être étiré… encore un peu et il va casser et il va nous revenir en pleine vitesse à la figure. Le point de rupture est à quelques mètres devant nous sinon…

Sinon les délais pour faire effectuer une réparation vont augmenter drastiquement faute d’un nombre suffisant d’employés.

Sinon, les entreprises de carrosserie n’auront plus les moyens financiers de suivre la course en avant engendrée par les nouvelles technologies qui sont constamment implantées dans les voitures et qui exigent des investissements réguliers et importants par les carrossiers en équipements et formation.

Des réparations inadéquates

Sinon, le risque de réparations inadéquates va augmenter et, pour les utilisateurs, le risque d’être impliqués ou blessés dans un accident. La réparation d’une voiture après une collision s’apparente de plus à un plus à un travail de haute technicité tant il y a de capteurs à calibrer parfaitement, sinon la sécurité est compromise. Celle des passagers du véhicule, mais aussi celle des autres automobilistes et des piétons, est en jeu.

L’obtention d’une rémunération juste et adéquate pour les carrossiers n’est pas uniquement une affaire « privée » entre assureurs et carrossiers, mais une question d’intérêt public !


Michel Bourbeau est président exécutif de la Corporation des carrossiers professionnels du Québec.

 

Catégories : Carrosserie, Chronique
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