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Une reprise prudente

Inutile de rappeler que la pandémie de la COVID-19 a entraîné dans son sillage une déferlante de bouleversements pour les carrossiers québécois. PHOTO Shutterstock

Nous avons demandé aux dirigeants des grandes bannières de carrosserie actives au Québec de nous partager leur vision du secteur pour les prochains mois.

Inutile de rappeler que la pandémie de la COVID-19 a entraîné dans son sillage une déferlante de bouleversements pour les carrossiers québécois.

Mais alors que l’automne est à nos portes, les chefs de réseaux sont confiants. Les gestionnaires d’atelier ont su s’adapter à la crise et seront bien positionnés pour aborder une reprise, tous l’espèrent, plus normale des activités.

En fait, la crise a obligé bien des carrossiers à changer leurs façons de faire. Des pratiques qui pourraient s’avérer bénéfiques à la reprise. « Avec la chute brutale des volumes, les ateliers se sont ajustés en réduisant leur personnel, explique Yves Robichaud, directeur de zone Québec pour CARSTAR.

Ils ont fait preuve de prudence et de flexibilité. On voit un certain décloisonnement dans les ateliers alors que les tâches ont été réparties différemment et que le niveau de collaboration s’est accéléré. » Bref, les équipes sont plus petites, mais le travail se fait.

Pour Yves Robichaud, directeur de zone Québec pour CARSTAR, un certain optimisme fait espérer des résultats meilleurs qu’escomptés. PHOTO Michel Beaunoyer

Nouvelles façons de faire

M. Robichaud constate aussi qu’avec une baisse marquée du nombre de réclamations, les carrossiers ont développé de nouvelles stratégies pour amener de l’eau au moulin. Il cite par exemple une collaboration plus proactive avec les ateliers de mécanique pour attirer une nouvelle clientèle.

Il souligne aussi que la crise a moussé l’utilisation de nouveaux outils de gestion de la relation client, notamment avec la contribution de l’assuré qui envoie les photos des dommages au lieu de se déplacer. Une pratique qui pourrait rester, malgré ses limites, surtout au niveau de la précision de l’estimation.

Si les pratiques ont changé, il faut dire aussi que le marché sera encore déstabilisé pour quelques mois encore, sinon plus.

« Tant que les tours de bureaux de nos centres-villes ne seront pas occupées et que la circulation stressante ne sera pas le lot quotidien des automobilistes, il faut s’attendre à ne pas avoir un automne normal, juge Jean-François Gargya, directeur général de CarrXpert. Il y a une reprise, oui, mais nous ne sommes pas à un niveau normal d’activité. »

Jean-François Gargya, directeur général de CarrXpert croit en un automne à croissance modérée. PHOTO CarrXpert

Une adaptation continue

En cette période où il est normal que les gestionnaires d’ateliers soient inquiets, M. Gargya voit l’occasion de se positionner pour affronter l’avenir.

« Il faut mesurer, au jour le jour, les ressources dont l’atelier a besoin pour répondre au niveau d’achalandage. Vous savez, chacun d’entre nous a dû s’adapter. Divers programmes gouvernementaux ont été mis en place pour nous aider et l’occasion est belle pour profiter de cette période de transition pour former davantage nos employés. »

Selon M. Gargya il s’agit d’une bonne stratégie pour garder un lien avec cette main-d’œuvre sur laquelle on sera heureux de pouvoir compter à la reprise.

C’est aussi le point de vue de Yves Roy, vice-président régional pour le Québec au Réseau Fix.

« Nous sommes agressifs sur la formation, explique-t-il alors que le centre de formation de Blainville a repris ses activités, dans le respect des normes sanitaires. Les carrossiers profitent du PACMÉ pour obtenir du financement pour former leurs équipes. C’est un investissement dans l’avenir. »

Yves Roy du Réseau Fix voit un intérêt croissant des carrossiers à diversifier leurs services. PHOTO Réseau Fix

Un appui des assureurs

Selon M. Roy, puisque plusieurs carrossiers ont investi massivement au cours des dernières années pour rester à la fine pointe des compétences et des avancées technologiques, il faut que les partenaires assureurs les supportent.

« Il faut que nos meilleurs ateliers passent au travers cette crise. Ils doivent supporter d’importants investissements qu’ils ont faits, et font encore, pour être en mesure de réparer, dans les règles de l’art, des véhicules de plus en plus complexes. On ne peut pas leur tourner le dos. »

La chute des volumes des derniers mois et l’insécurité qu’elle a provoquée ont complètement brouillé les cartes au chapitre des acquisitions et des transferts d’entreprise.

Nos intervenants s’entendent pour dire qu’aucun rapport financier ne tient la route présentement et que les projections de revenus et de profits tiennent de la fiction. Plusieurs intentions d’achat risquent d’être mises sur la glace pour un an.

Toutefois, certains carrossiers semblent aller de l’avant avec des investissements leur permettant de diversifier leurs services.

Diversification

« Les carrossiers ont trouvé difficile leur dépendance envers les réclamations en cette période où les volumes ont fondu, explique Yves Roy. Nous avons ainsi des gestionnaires présentement en formation afin d’être en mesure d’offrir des services de réparation et de remplacement de vitres d’auto.

Le concept de multiplier les services automobiles sous un même toit s’avère encore plus justifié dans le contexte actuel. »

Finalement, Sylvain Séguin, vice-président aux opérations pour le même réseau, observe que les volumes augmentent graduellement chez les carrossiers.

« Si l’augmentation des volumes se poursuit ainsi de façon à ce qu’ils atteignent un niveau intéressant à l’automne, alors que les programmes de soutien gouvernementaux risquent d’être arrêtés, nos entreprises devraient bien s’en tirer. »

Mais, selon lui, l’important d’ici là est de faire preuve d’une bonne gestion en continuant d’adapter les ressources au niveau des volumes.

 

Catégories : Carrosserie, Éditorial
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