Le fléau des couverts de parechocs

Les couverts de parechocs s’accumulent plus rapidement que les solutions n’apparaissent pour les recycler. PHOTO CCPQ

Les couverts de parechocs de plastique abîmés s’accumulent dans les cours de carrossiers alors que leur récupération est de plus en plus problématique.

Lors d’une collision, même à la plus faible vélocité, le couvert de plastique qui recouvre le parechoc est la première pièce à subir l’impact.

Un nombre impressionnant de ces pièces doit être remplacé. Les nouvelles normes de réparation obligent en effet souvent son remplacement au détriment de sa réparation.

Le résultat est que les carrossiers doivent trouver la façon de s’en départir selon les meilleures règles de protection de l’environnement.

Il fut un temps où ces pièces étaient récupérées par des entreprises spécialisées qui les réparaient et les remettaient en marché.

Mais l’opération a été abandonnée faute de rentabilité. Hors de question de les mettre aux déchets. Et un nombre croissant d’écocentres municipaux n’acceptent plus ces encombrants déchets.

Peu de débouchés

L’entreprise Tandem Recyclage est l’une des rares, sinon la seule sur notre territoire qui récupère ces pièces de plastique et les valorise en les pulvérisant en billes de plastique qui peuvent ensuite être utilisées comme matière première pour la fabrication de nouveaux équipements. Mais elle charge des frais de cinq dollars pour chaque pièce qu’elle vient collecter chez les carrossiers.

Ces derniers se retrouvent ainsi avec de nouveaux frais à absorber s’ils veulent exercer leur métier dans les bonnes pratiques environnementales.

D’autres se voient contraints d’accumuler les parechocs endommagés dans des amas disgracieux autour de leur entreprise (comme les photos soumises par des carrossiers dernièrement le démontrent).

Cette situation est devenue un fléau pour notre secteur, les ministères de l’Environnement, tant au fédéral qu’au provincial, ne sont pas au fait de cette réalité.

— Michel Bourbeau, Président exécutif, Corporation des carrossiers professionnels du Québec

« Pire, ils ne sont pas outillés afin de pouvoir y apporter les correctifs nécessaires. D’un autre côté, nous devons nous comporter en bons citoyens corporatifs et préserver l’image que nous souhaitons développer et entretenir auprès de nos clientèles respectives », ajoute-t-il.

Selon M. Bourbeau, « il faut arrêter de toujours refiler la facture aux carrossiers, ceux-ci ne peuvent disposer des pare-chocs non réutilisables de n’importe quelle façon.

il faut les encourager à maintenir des pratiques environnementales saines, et dans la perspective ou nous faisons tous partie du même écosystème, les assureurs devraient accepter de payer les frais de cinq dollars nécessaires à la récupération et à la valorisation de ces pièces de plastique ».

L’implication d’un assureur

À ce titre l’assureur Intact a été précurseur dans sa compréhension de cet enjeu environnemental. Dès la fin avril, il a versé aux carrossiers qui l’indiquaient dans leur estimation les frais de cinq dollars requis pour la valorisation des couverts de parechocs.

« Des carrossiers nous avaient fait part de cette problématique tout comme la CCPQ explique Marie-Josée Sylvestre, Directrice principale de l’estimation et réseau auto chez Intact Corporation financière.

Nous avons une conscience environnementale et de notre point de vue c’était la chose à faire. Avec l’impossibilité de récupérer ces pièces autrement, on voyait bien qu’elles s’accumulaient chez les carrossiers.

Il fallait agir pour soutenir tous les carrossiers qui travaillent dans les règles de l’art et démontrent leur préoccupation envers l’environnement. »

Reste à savoir si d’autres assureurs vont emboîter le pas.

 

Catégories : Carrosserie, Éditorial
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