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RONA teste le marché des pièces automobiles avec AutoShack
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AutoShack diversifie ses canaux de distribution avec la vente de pièces automobiles avec l’ouverture d’espaces concepts à même certaines succursales ontariennes de RONA. Crédit : RONA
Pour certaines succursales ontariennes de RONA, l’arrivée du printemps rimait cette année avec l’intégration d’une nouvelle offre plutôt inattendue. Les rénovateurs et entrepreneurs qui sillonnent les allées en quête d’outils et de matériaux spécialisés pourront désormais renflouer leur panier de pièces automobiles, des plaquettes de frein aux amortisseurs, en passant par les composantes de suspension.
Avec l’introduction d’un espace exclusif AutoShack dans une poignée de magasins de la région d’Ottawa et du Grand Toronto, l’enseigne RONA, détenue par Sycamore Partners depuis 2023, tente une percée dans un créneau où se côtoient des joueurs solidement implantés. Invités à se prononcer sur le sujet, Bumper to Bumper, UAP NAPA et Vast-Auto ont décliné nos demandes d’entrevues.
À l’heure où les véhicules ne cessent de se complexifier, la décision du réseau d’explorer cette avenue pourrait en laisser certains perplexes. Chez RONA, on voit toutefois cette initiative moins comme une diversification radicale que comme une extension naturelle des habitudes déjà bien ancrées chez les consommateurs qui fréquentent ses détaillants.

« Avec cette nouvelle offre, RONA souhaite apporter davantage de valeur ajoutée et de commodité aux rénovateurs amateurs et à sa clientèle professionnelle », explique le responsable des médias dans un échange de courriel. « Il existe de nombreuses synergies entre les profils des client(e)s qui pratiquent la réparation automobile lors de travaux manuels et ceux qui s’adonnent à des travaux de rénovation, à titre personnel ou professionnel. »
Le partenariat repose sur un modèle de type shop-in-shop, c’est-à-dire que le « fournisseur de solutions automobiles » AutoShack exploite un espace à l’intérieur des installations du commerçant. L’entreprise canadienne, qui roule sa bosse depuis près de cinquante ans, y propose des pièces de remplacement certifiées OEM destinées aux voitures, camions et VUS modernes, ainsi que des conseillers qualifiés. Le prix des articles en magasin est d’ailleurs le même que sur le Web.
Pour AutoShack, cette présence physique s’inscrit dans une démarche logique. Fondée en 1979 comme atelier de réparation, la compagnie se transforme en grossiste de pièces automobiles cinq ans plus tard avant d’élargir son offre à la vente en ligne pour les particuliers lors de la crise économique de 2008. Pour son président, Gary Calagoure, ce partenariat avec le réseau qui exploite et dessert plus de 425 magasins corporatifs et affiliés d’un océan à l’autre marque « un moment charnière de l’évolution d’AutoShack en véritable détaillant omnicanal ».
Brouiller les frontières
Cette stratégie illustre aussi une tendance plus large dans le commerce du détail, où la délimitation entre les différents secteurs devient de plus en plus floue. Disposant d’une clientèle déjà familière avec les travaux « faits main » (DIY — Do It Yourself), RONA cherche surtout à tirer profit des habitudes de consommation complémentaires plutôt qu’à concurrencer directement les distributeurs spécialisés sur le terrain de l’expertise technique.
Les premiers apprentissages du projet pilote semblent d’ailleurs avoir conforté cette approche. RONA affirme avoir observé « un fort alignement » entre les deux organisations, de même qu’une « base de clientèle encore plus similaire que prévu, notamment chez des clients Pros souvent très manuels et autonomes, capables de réaliser eux-mêmes des réparations automobiles ». Un constat qui renforce « la pertinence et la synergie du concept ».
Si chacun des deux partis semble trouver son compte dans cette alliance, il n’en demeure pas moins qu’elle soulveson lot de questions. Alors que le marché des pièces automobiles reste un incontournable pour les particuliers, alimenté par un contexte socio-économique contraignant pour bien des ménages, la place du « mécano du dimanche » tend à se transformer avec l’évolution technologique des véhicules. L’électrification, la multiplication des systèmes d’aide à la conduite et l’intégration croissante des logiciels rendent certaines interventions plus complexes, sinon quasi impossibles à effectuer chez soi.
Le défi ne réside donc pas tant dans l’accès aux pièces que dans la capacité des consommateurs à réaliser eux-mêmes certaines réparations sur des bolides toujours plus sophistiqués. Cette initiative témoigne aussi d’une transformation plus large dans le commerce de détail automobile, où les frontières entre les grandes surfaces, le commerce électronique et les réseaux spécialisés s’estompent.
D’ici l’été 2026, douze succursales ontariennes devraient être dotées d’un espace AutoShack. « L’objectif à moyen terme est de développer cette catégorie de façon progressive en s’appuyant sur la réponse de la clientèle », indique l’entreprise, qui affirme vouloir faire croître l’initiative « là où elle démontre une réelle valeur, tout en tenant compte des réalités régionales et du potentiel de chaque marché ».
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