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Les succès du programme québécois des pneus hors d’usage
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L’équipe du programme de recyclage des pneus de RECYC-QUÉBEC. Source : Michel Beaunoyer
C’est à Saint-Hyacinthe, le 14 mai, qu’a eu lieu le sixième rendez-vous de l’industrie du pneu hors d’usage, réunissant une cinquantaine de partenaires de ce secteur.
Pour l’organisme, cet événement a été l’occasion de partager ses succès, mais aussi de discuter des défis liés à la gestion des pneus en fin de vie. En 2025, le réseau a recueilli 8,8 millions de pneus au Québec, dont 99 % ont été remoulés ou recyclés. Une des problématiques soulevées lors de cette rencontre annuelle est la très faible proportion de pneus remoulés ou réchappés.
Il est évident, surtout à la lumière des situations observées ailleurs au Canada, que ce programme, fondé sur l’écotaxe de 4,5 $ lors de l’achat d’un pneu de tourisme neuf et de 6 $ pour un pneu commercial, est bien établi et efficace. La question des frais environnementaux a également été abordée, notamment en comparaison avec les frais de 12 $ pour les pneus commerciaux ailleurs au Canada.
L’équipe de RECYC-QUÉBEC dédiée à ce programme a également détaillé les récentes améliorations apportées au portail du site pour les centres de traitement et les transporteurs, la révision de certains circuits régionaux, et le développement de partenariats avec des transporteurs pour assurer une couverture dans les régions éloignées.

L’effet électrique
Xiao Yuan Chen et Denis Rodrigue de l’Université Laval ont ensuite abordé deux questions fréquemment soulevées par les représentants du secteur : la valorisation des pneus et des chambres à air de vélo, ainsi que l’impact des véhicules électriques sur la consommation de pneus, notamment en ce qui concerne leur usure prématurée.
Concernant les pneus de vélo, Mme Yuan Chen a expliqué que 120 tonnes de ces pneus avaient été collectées en 2024, ce qui, selon elle, démontre la nécessité de les inclure dans le programme. Cependant, la chercheuse a admis que le défi de la collecte et du traitement de ces pneus et de leurs composants reste entier, tout en détaillant diverses approches pour valoriser et réutiliser le caoutchouc et le noir de carbone.
En ce qui concerne l’impact des véhicules électriques sur le programme, des recherches en cours à l’Université Laval montrent que le poids supplémentaire de ces véhicules contribue effectivement à l’usure prématurée des pneus.
« En général, les véhicules électriques pèsent 20 % de plus que leurs équivalents à essence, et nos tests en laboratoire indiquent une usure de 20 % plus rapide des pneus qui les équipent. Ainsi, un pneu qui devrait durer cinq ans devra être remplacé après quatre ans », a expliqué le chercheur Denis Rodrigue, qui est associé à ce programme depuis longtemps.
Le chercheur a également détaillé les principaux facteurs d’usure des pneus, cette usure se traduisant en moyenne par l’émission de 120 milligrammes de particules de caoutchouc par kilomètre et par pneu.
La météo, la chaleur, la conception du pneu (qualité, dimensions et motifs de la semelle), le véhicule (poids et couple moteur), le revêtement de la route, l’itinéraire et la topographie influencent la vitesse d’usure. Toutefois, d’après les résultats de cette recherche, le comportement du conducteur est le facteur le plus déterminant. Enfin, la pression des pneus et l’alignement des roues jouent également un rôle dans l’usure prématurée ou inégale des pneus.
Denis Rodrigue constate que la résistance des pneus s’est améliorée de 25 % au cours des dix dernières années. De plus, une autre bonne nouvelle pour l’environnement est que les fabricants de pneus cherchent de plus en plus à intégrer des matériaux biosourcés dans leurs produits.
Un groupe d’étudiants de l’Université de Sherbrooke a ensuite présenté son projet d’optimisation de la filière par le tri. La technologie automatisée à l’étude vise à diriger davantage de pneus vers le remoulage, qui nécessite que le pneu soit en bon état et de la bonne dimension. Selon les étudiants, la logistique du transport des pneus est inefficace et il manque de matières pertinentes pour le remoulage.

Intelligence artificielle (IA) dans le secteur
Le conférencier et spécialiste Isael Pelletier, conseiller en solutions IA à la Banque nationale, a ensuite discuté des applications concrètes de l’intelligence artificielle (IA) dans l’industrie. Il a mentionné, par exemple, le tri automatisé et l’entretien prédictif des équipements. « L’IA dans l’industrie n’est plus un projet de recherche. Avec la multiplication des capacités des capteurs et du traitement des données, combinée à la baisse des coûts, les applications concrètes se multiplient. »
La rencontre a ensuite donné lieu à des ateliers où des idées ont été échangées et prises en note par les organisateurs. Les sujets abordés incluaient la gestion des transports, l’élargissement de la portée du programme, le développement durable, et le financement par le biais d’un ajustement de la taxe selon la dimension ou la conception des pneus. Ces échanges préparent le terrain pour une prochaine rencontre regroupant recycleurs, transporteurs et transformateurs de cette filière du pneu.
Un cocktail a permis aux participants d’échanger à la fin de cette rencontre.
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