Agir ensemble pour mieux prévenir : un colloque ancré dans le concret

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Sylvie Mallette, directrice générale d'Auto Prévention, prend la parole derrière un pupitre lors d'un colloque annuel de sensibilisation à la santé et à la sécurité au travail. Elle porte un collier de perles et un micro-casque. Le fond est un rideau bleu foncé plissé.
Le colloque annuel sur la sensibilisation de la santé et de la sécurité au travail a été couronnée de succès selon la directrice générale Sylvie Mallette. Crédit : Auto Prévention

La sécurité est l’affaire de tous. Le colloque annuel d’Auto Prévention, qui s’est tenu le 20 mars au Centre des congrès Delta Trois-Rivières, remet le paritarisme au cœur des enjeux en santé et sécurité dans l’industrie des services automobiles. Quelque 140 personnes s’y sont réunies autour d’un constat partagé : les défis se complexifient et les réponses ne peuvent plus être individuelles.

Déclinée sous le thème Ensemble pour un milieu de travail plus sain et plus sécuritaire, la journée avait pour objectif de sensibiliser les participants à la cause, tout en leur proposant des pistes de solutions pouvant être appliquées concrètement. Ce positionnement s’inscrit dans un contexte bien réel.

Pénurie de main-d’œuvre, obligations réglementaires et transformations technologiques exercent une pression accrue sur les équipes, qu’elles soient en atelier, dans les bureaux ou en télétravail. Cette transformation rapide de l’environnement dans lequel évolue le secteur automobile affecte aussi directement la gestion des risques. En cherchant à répondre à l’ensemble des exigences tout en atteignant leurs cibles de performance, les entreprises doivent cependant s’assurer de ne pas perdre de vue leur ressource la plus précieuse : leurs travailleurs.

Lors d’un entretien postévénementiel, la directrice générale Sylvie Mallette a signalé la nécessité de « reconnaître que la santé, la sécurité et la prévention, ce n’est pas l’affaire d’une seule personne, mais aussi celle d’un service, d’un département, de l’atelier, bref, de l’entreprise au complet. » C’est dans cette logique que s’inscrit le Règlement sur les mécanismes de prévention et de participation en établissement (RMPPÉ) qui supervise plus étroitement l’implication des équipes dans la gestion des risques.

Vue de la salle de conférence lors du 43e colloque annuel d'Auto Prévention au Centre des congrès Delta Trois-Rivières. Environ 140 participants sont réunis autour de tables rondes pour écouter une présentation. Sur scène, deux écrans géants affichent le thème de l'événement : « Ensemble pour un milieu de travail plus sain et plus sécuritaire ».
Quelque 140 participants ont assisté au 43e colloque d’Auto Prévention qui a adopté une formule renouvelée, axée sur le partage. Crédit : Auto Prévention

Comme le rappelle Mme Mallette, « avec le RMPPÉ, selon la taille de l’entreprise, la constitution de comités de santé et de sécurité devient obligatoire pour certains. Ce sont des lieux de partage où employeur, gestionnaires et travailleurs peuvent discuter des risques présents dans le milieu et élaborer ensemble un plan d’action pour les éliminer, ou du moins les réduire ». Ce cadre impose notamment la mise en place de mécanismes de prévention et contribue à ancrer ces pratiques dans une démarche plus structurée que ponctuelle.

L’ergonomie à l’honneur
Cependant, malgré les efforts déployés au fil des ans, le bilan de certains risques « ne change malheureusement pas beaucoup », déplore la DG. Les risques ergonomiques constituent un enjeu de taille, représentant à eux seuls près de 37 % des cas. Dans la réalité, les contraintes physiques demeurent bien présentes, notamment en raison de la manutention, des postures oppressantes et des espaces restreints. Le nerf de la guerre se situant souvent dans l’organisation des opérations, un constat qui a largement nourri les échanges.

Dans ce contexte, plusieurs interventions ont rappelé l’importance de bien analyser l’environnement de travail. L’atelier participatif consacré à l’ergonomie a mis de l’avant une approche fondée sur l’observation du travail, sur l’étude des situations problématiques et sur l’ajustement des pratiques. Cette stratégie repose sur l’échange entre employeurs et employés, lesquels sont souvent les mieux placés pour repérer les risques au quotidien, soutient Inès Tchakima, directrice des communications et des relations publiques. Elle ajoute que dans bien des cas, les améliorations ne passent pas nécessairement par des investissements majeurs, mais plutôt par une meilleure organisation, un aménagement repensé ou des modifications dans les façons de faire.

Portrait d'Inès Tchakima, directrice des communications et des relations publiques d'Auto Prévention, assise à une table lors du colloque 2026. Elle porte un veston noir sur une blouse bleue à nœud, avec un cordon d'identification autour du cou. Une tablette est posée devant elle et d'autres participants sont visibles en arrière-plan dans la salle de conférence.
« On doit avoir le réflexe de travailler de manière collective pour améliorer la sécurité dans les ateliers », maintient Inès Tchakima, directrice des communications et des relations publiques. Crédit : Auto Prévention

Mais au-delà de l’aspect physique, la santé psychologique occupe une place grandissante au sein des discussions, avec des enjeux bien concrets liés à la charge mentale, au stress et aux « incivilités », explique Mme Mallette. Les lésions professionnelles découlant du bruit figurent encore parmi les préoccupations, malgré un resserrement des exigences réglementaires au cours des dernières années. Elle reconnaît toutefois que les formations obligatoires dans certains secteurs, telles que le SIMDUT, qui permet l’accès à l’information sur les produits dangereux utilisés au travail, ont contribué à en diminuer leur impact sur la santé.

L’arrivée de technologies innovantes vient, pour sa part, complexifier davantage les opérations en atelier, notamment avec l’émergence de dangers liés aux systèmes haute tension et aux protocoles d’intervention. Pour suivre cette évolution, Auto Prévention mise sur la veille et le partage d’information. « On se garde à l’affût de ce qui se passe au niveau des risques. On fait une vigie, ici de même qu’à l’international, en lien avec ces nouvelles réalités », indique Mme Mallette. « Les conseillers échangent aussi avec d’autres associations et instituts de recherche pour mieux comprendre ces enjeux et proposer un accompagnement adapté à ces nouveaux défis ».

S’arrimer avec la réalité
Le colloque a aussi évolué dans sa forme. Cette année, la programmation misait sur une unique conférence en ouverture, Inspire : c’est ton choix, présenté par Martin Lespérance, en plus d’un retour sur les projets phares de 2025 et d’un atelier participatif sur l’ergonomie au quotidien. Cette formule plus sobre libérait plus de temps pour visiter la dizaine de kiosques sur place, mais aussi pour échanger avec les autres participants, favorisant le réseautage et la réflexion. « Je pense que ce qui a le plus marqué, c’est d’arriver avec notre réalité, nos défis, nos questions et de repartir avec le sentiment de ne pas être seul face aux enjeux qu’on vit en milieu de travail », résume Mme Mallette.

Après 43 ans d’existence, le colloque d’Auto Prévention demeure un point de rencontre pour l’industrie. En proposant une formule allégée et des contenus directement applicables, l’association confirme la pertinence de son rôle dans un secteur appelé à composer avec des exigences de plus en plus élevées.

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