Les véhicules intelligents redéfinissent les normes de la communication

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L’avenir repose sur la captation et le traitement des données des véhicules. (Crédit : Envato)

Véhicules intelligents, mises à jour à distance, autodiagnostics. Ces concepts autrefois confinés à la science-fiction font aujourd’hui partie de la réalité.

André-Martin Hobbs, entrepreneur en technologie automobile et intelligence artificielle depuis plus de 20 ans.

Désormais, « on a le droit de penser que tout est faisable », affirme André-Martin Hobbs, entrepreneur en technologie automobile et intelligence artificielle (IA) depuis plus de 20 ans. Il rappelle toutefois qu’on ne peut aborder le sujet sans mentionner l’apport massif de la Chine. « Si on regarde ce qu’il y a de plus technologique dans le monde, c’est en Asie que ça se passe. » À elle seule, la Chine propose quelque 130 marques et devance tous les autres pays en matière de recherche et développement. L’empire du Milieu impose maintenant la cadence.

Ainsi, l’industrie planétaire se transforme à vitesse grand V, mue par l’impulsion chinoise. À l’instar des Gaulois, l’Amérique du Nord est l’unique bastion qui résiste encore à l’envahisseur, mais ces jours sont comptés. M. Hobbs croit que d’ici trois ou quatre ans, les conducteurs canadiens et américains pourront eux aussi profiter de ces avancées. Même si nous accusons « un retard important », nos routes accueillent déjà des véhicules plus intelligents et surtout, plus connectés.

« Au cours des dernières années, la communication est devenue plus proactive », observe Jacques Olivier, président du Groupe Olivier Automobiles. La technologie 5G, présente dans un nombre croissant de nouveaux modèles, raffine et facilite les échanges d’informations entre le constructeur, le concessionnaire et le véhicule. « Les fabricants nous encouragent à activer les différents modems embarqués. »

Même son de cloche pour les applications de téléphones portables destinés aux consommateurs. Cette interactivité contribue à enrichir la mémoire de ces ordinateurs sur roues, laquelle « est, à la base, une banque de données du constructeur », souligne M. Olivier.

Grâce à ces réseaux, les techniciens peuvent accéder au pedigree d’un véhicule, détecter un problème et parfois poser un diagnostic immédiat, sans même avoir soulevé le capot. M. Olivier cite l’exemple d’un propriétaire d’un Ford Mustang Mach-E immobilisé en bordure d’autoroute. Incapable de le redémarrer, il appelle la concession. À partir du numéro d’identification du véhicule, le spécialiste se branche à distance, procède à l’analyse et confirme, après une quinzaine de minutes, qu’un remorquage est nécessaire. Le problème doit être réglé en atelier, mais l’intervention aura tout de même permis d’enlever beaucoup de scénarios hypothétiques.

Chez les marques disposant d’une division commerciale, ce mode de communication est encore plus développé. Afin de limiter le temps d’immobilisation, surtout pour les camions lourds, certains jumellent ce service avec une offre d’unités mobiles. Avant de se déplacer, le technicien se connecte au véhicule. Il peut alors savoir exactement quelle pièce doit être remplacée et procéder à la réparation en meilleure connaissance de cause. 

Jacques Olivier Jr, président du Groupe Olivier Automobiles et de la Corporation des concessionnaires d’automobiles de Montréal (CCAM). (Crédit : Groupe Olivier Automobiles)

Une technologie sous-exploitée

M. Olivier estime cependant que l’outil de diagnostic reste sous-exploité et reconnaît que son usage n’est pas encore généralisé dans l’ensemble de ses concessions. « Nous devons adapter nos méthodes de travail pour inclure davantage cet aspect communicationnel ». Selon lui, les conseillers techniques devraient systématiquement se brancher au véhicule 72 heures avant le moment du rendez-vous. Cette étape permettrait de vérifier si d’autres interventions (code d’anomalie enregistré, rappels, etc.) doivent être faites en parallèle. L’approche contribuerait indirectement « à faire vendre plus d’heures », mais surtout, personnaliserait l’expérience client en détaillant plus précisément les besoins réels du véhicule.

Cette transformation ne signifie pas la disparition de l’entretien traditionnel pour autant. M. Hobbs soutient que si les véhicules intègrent de plus en plus d’électronique (software) pouvant être « réparée » à distance ou s’autoréparer avec une mise à jour (firmware), les composantes mécaniques (hardware), elles, continueront d’être entretenues ou changées en atelier. Même les véhicules autonomes, capables de s’autodiagnostiquer et de prendre rendez-vous eux-mêmes, devront inévitablement « se déplacer » chez le concessionnaire pour « tout ce qui baigne dans l’huile », l’entretien recommandé, un changement de freins ou encore, un remplacement de pneus.

M. Hobbs note que ces technologies (interventions, diagnostics et mises à jour à distance) viennent aussi « appuyer la demande des consommateurs qui veulent de plus en plus déléguer et désirent gérer le moins possible leur véhicule ». Ils souhaitent réduire les irritants, simplifier leur quotidien et éviter les mauvaises surprises. Les diagnostics préventifs s’inscrivent dans cette logique. Grâce aux capteurs et à la communication en temps réel, un véhicule récent peut détecter un choc anormal causé par un nid-de-poule, avertir le conducteur d’un problème potentiel ou envoyer une alerte de recalibration lorsqu’un seuil d’impact est dépassé. Le système n’est pas parfait, admet M. Hobbs, mais il évolue. « Les données sont là, les autos les transmettent et l’IA s’en nourrit. » Il prévoit même que cette dernière aidera les diagnostics préventifs à « devenir 5 000 fois meilleurs ».

Les avancées technologiques représentent autant un défi qu’une occasion d’affaires à saisir. De concert, elles permettent au consommateur et au concessionnaire des gains en temps et en efficacité. Elles annoncent un nouveau mode de communication, basé sur des échanges continus et fluides, et aligné sur les attentes modernes.

 

 

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