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Des jumelles se retrouvent dans la même carrosserie

Ce n'est pas parce qu'elles sont jumelles que Marie-Hélène et Valérie Roberge sont en carrosserie, et au même atelier ! (Crédit : Guy O'Bomsawin)
Normal qu’elles se ressemblent, elles sont jumelles. Nées à Magog il y a 33 ans, rien ne les préparait à devenir carrossières. C’est plutôt de musique qu’elles rêvaient : de former un duo guitare-chant.
Valérie et Marie-Hélène Roberge sont identiques sous des angles qui les rendent complémentaires. C’est d’ailleurs par hasard qu’elles se sont retrouvées dans le même domaine, après avoir suivi des chemins différemment durant quelques années ; un hasard nommé COVID-19, qui les a aussi conduites chez All-Star Magog.
La rondelle et le marteau
Le chemin de Damas est mythique, mais il devient combien réel lorsqu’un événement indique la voie à suivre. C’est ce qui s’est produit après un accrochage qu’a subi Valérie alors qu’elle n’avait que 17 ans
Hyperactive, débrouillarde et ayant le réflexe typique des adolescents face au défi, elle découvre le plaisir de régler le problème en s’armant simplement d’un marteau et d’une rondelle pour remettre en « forme » sa Mitsubishi 2006.
C’était l’époque où, bien que tentée par la criminologie, elle avait un boulot de nuit à La Banquise, occupait un poste de gérance au Walmart de Fleurimont et travaillait comme esthéticienne automobile à Windsor.
La charpenterie était son premier choix, mais ne pouvant s’y inscrire avant 18 mois en raison de l’affluence, elle choisit une discipline qu’elle ignorait, dont on ne parlait probablement pas aux filles.
C’est ainsi qu’elle découvre que les métiers de carrossier et de peintre existent, et qu’on en enseigne les bases au CFP 24-Juin. Elle s’inscrit donc au DEP, qui propose la formule de l’alternance travail-études.
Or, elle constate comme prévu que ce n’est que sous la supervision d’un maître, dont elle rencontrera chez l’un de ses employeurs, qu’elle pourra atteindre un haut niveau de professionnalisme.
Elle y était bien préparée, ayant déjà, à ses heures, effectué le remontage complet d’un de ses 15 véhicules : un Ford Escape auquel elle avait apporté sa soigneuse touche personnelle.
Impressionnante, cette collection de véhicules Audi – Dodge Colt RAM – Ford Escape – Honda Civic – Lexus – Mazda – Mitsubishi Lancer – Toyota Corolla Highlander Tercel – VW Jetta, parfois acquis en plus d’un exemplaire.
C’est encore plus surprenant d’apprendre qu’elle les a en quelque sorte collectionnés, non pas par passion des voitures — ou des camionnettes — mais pour en connaître les particularités, dit-elle.
Valérie Roberge a atteint une telle réputation qu’en 2024 et 2025, le Centre de formation professionnelle 24-Juin l’a invitée à enseigner la carrosserie.
Aussi qualifiée soit-elle, elle avoue que l’électricité n’est pas ce qui l’attire le plus, se rappelant de cette fois où, en voulant remplacer la radio du véhicule de sa sœur, le tableau de bord s’était mystérieusement éteint.
Infatigable, elle est fière d’avoir réussi son cours même si elle accumulait jusqu’à 80 heures par semaine, en travaillant entre autres, à La Banquise de Magog.
Obtenir un DEP… en attendant
À défaut de pouvoir faire carrière en musique, sa jumelle Marie-Hélène s’était engagée sur une tout autre voie en s’inscrivant en ébénisterie, un métier fort différent, mais relevant aussi de l’art.
Elle croyait que cette discipline la mènerait à la charpenterie, tout en espérant secrètement intégrer les forces militaires ou policières, qui l’attiraient et la fascinaient davantage.
D’un tempérament sportif, carburant surtout à l’adrénaline, elle s’y était préparée avec rigueur en s’entraînant deux fois par jour et en parcourant 24 kilomètres par semaine au pas de course.
Mais c’est vers la carrosserie que la vie l’a amenée, par la porte du lavage et de l’esthétique, alors qu’elle travaillait aussi chez Walmart de jour, de soir ou de nuit.
Marie-Hélène avait une telle expérience dans cette spécialité qu’elle s’est même fait remarquer à l’un des ateliers où sa sœur Valérie se trouvait !
Aussi consciencieuse que sa jumelle, on y a vu avec justesse une carrossière potentielle à qui on a permis d’apprendre toutes les tâches, finition comprise, mais soudage excepté.
C’est ainsi qu’après avoir été professionnellement séparée de sa sœur durant plus de cinq ans, elle a à son tour obtenu son DEP par la reconnaissance de ses acquis.
Un « privilège » inattendu
Les jumelles Roberge ne résistent jamais à la chance de restaurer des véhicules, surtout les mythiques, tels les trois Cobra, la Camaro et les trois Westfalia que leur patron David Brodeur leur a déjà confiés.
Elles se sont adonnées à cette passion dans le calme des petites heures – de 3 h à 7 h – tout en enchaînant ensuite leur journée de travail habituelle.
Il n’est donc pas surprenant d’apprendre que ces mères, chacune maman de trois enfants, ont dû se reconvertir temporairement en couvreuses durant la pandémie – eh oui – mais qu’elles étaient combien heureuses de reprendre leur métier !
Séparées à la fin du secondaire, leur chemin les a réunies de nouveau, sans qu’elles en aient eu le moindre contrôle.





LONGUEUIL
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