Abonnez-vous à notre magazine Autosphere et à notre infolettre hebdomadaire pour recevoir les dernières nouvelles de l’industrie.
Actualités automobiles, avis d’experts et conseils pratiques
Un vaste choix de cabines de peinture
Autosphere » Carrosserie » Éditorial »

La ventilation, la filtration et la sécurité des employés sont aujourd’hui des critères clés dans le choix d’une cabine de peinture. (Crédit : Huw Evans)
Les cabines de peinture d’aujourd’hui proposent une vaste gamme d’options et de technologies. Mais étant donné les coûts potentiels auxquels doivent faire face les exploitants d’ateliers de carrosserie, il est essentiel de fixer ses priorités et de choisir une solution réellement adaptée à ses besoins. Beaucoup de choses ont changé depuis les années 1980. « La technologie d’alors n’a rien à voir avec celle d’aujourd’hui. À l’époque, s’il fallait peindre un pare-chocs ou une autre pièce, on l’envoyait dans une cabine de peinture, qui coûtait bien moins cher qu’aujourd’hui », explique Nick Brown, formateur technique pour Fix Network, en Ontario.
Système de ventilation
Une cabine neuve peut aujourd’hui coûter entre 250 000 $ et 350 000 $, en incluant toute une gamme de technologies. Par exemple, les cabines plus anciennes étaient souvent dépourvues de soufflantes. Aujourd’hui, toutes les cabines modernes intègrent un système de ventilation, généralement composé de soufflantes. Ces ventilateurs assurent une bonne circulation de l’air pour garantir un environnement de peinture à la fois sécuritaire et performant. Ils évacuent les vapeurs et les brouillards de peinture, gèrent la pression de l’air, et sont désormais considérés comme des éléments essentiels tant pour la sécurité que pour la qualité du travail.
Avec la diversité actuelle des modes de propulsion (essence, diesel, GNL, hybride ou électrique ), les cabines doivent être dotées d’un bon système de régulation de température, souligne Brown. Pour les véhicules à essence, le séchage peut généralement se faire entre 120 et 140 degrés Fahrenheit. « Pour les hybrides et les véhicules 100 % électriques, on doit généralement descendre en température. Tesla et certains constructeurs hybrides recommandent des températures plus basses. Les ateliers réservent donc ces véhicules pour la fin de journée. J’ai vu certaines recommandations qui limitaient la température à 110 degrés Fahrenheit », précise Brown.
Des systèmes très précis
On trouve désormais une large gamme de systèmes à flux d’air soufflé, avec des coûts qui varient selon les fonctionnalités. Dans une cabine à plancher entièrement cailleboté, l’air descend verticalement du plafond avant d’être aspiré par le sol. D’autres systèmes font descendre l’air en diagonale, à moindre coût, mais avec moins de filtres. Quelle que soit la solution retenue, le flux d’air doit empêcher la formation de brouillard, qui nuit à la répartition de la peinture sur la carrosserie. Il doit également éviter que des poussières ou autres particules ne se déposent sur une surface fraîchement peinte. L’acheteur doit évaluer la performance attendue en fonction de son budget.
Quel que soit l’équipement retenu, l’objectif demeure le même : « Le but, c’est de redonner au véhicule son état d’avant accident. Un bon peintre s’assure que la nouvelle peinture se fond dans l’existant, au point qu’on ne voie pas que le véhicule a été réparé », explique Brown.
Il n’est donc pas surprenant que l’emplacement même de la cabine puisse avoir un impact important sur le bon déroulement du travail. Les spécialistes s’accordent à dire qu’une aire de préparation doit se trouver à proximité immédiate de la cabine, de préférence adjacente, afin de limiter au maximum les déplacements du véhicule.
Cabines séparées
Outre les soufflantes automatisées, aujourd’hui beaucoup plus silencieuses, Brown indique que certaines cabines sont désormais divisées en deux : un côté est consacré au cycle de cuisson, l’autre au séchage par infrarouge. Cette configuration combine les avantages des deux procédés pour obtenir une finition rapide et de qualité. Le côté cuisson offre un environnement contrôlé pour polymériser la peinture, tandis que le côté infrarouge permet un séchage accéléré et des cycles plus courts.
Comme pour beaucoup d’autres aspects, les options de soufflage d’air ne se limitent pas aux flux verticaux ou diagonaux. Il existe aussi des systèmes à courant transversal.
Bien qu’un système de cabine 100 % électrique ait récemment été conçu par Blowtherm à la demande d’un client, la plupart des cabines actuelles fonctionnent encore au gaz naturel pour chauffer l’air, conformément aux exigences des fabricants. « L’efficacité énergétique est un enjeu. Tout système de récupération de chaleur qui permet de réduire la consommation de gaz suscite de l’intérêt », souligne Domenic Prochilo, chef de l’exploitation chez Simplicity Car Care.
Infrarouge UV
Chez Simplicity comme ailleurs dans le secteur, les priorités sont claires : réduire les coûts sans compromettre la qualité, gagner en efficacité et économiser l’énergie. L’entreprise explore actuellement, avec ses franchisés, les possibilités offertes par l’infrarouge UV et les apprêts à base d’eau. Elle étudie aussi une méthode inspirée du débosselage sans peinture pour réparer des bosses de plus grande taille, précise Prochilo.
Dans des villes comme Vancouver ou Toronto, où les terrains sont rares et chers, les projets d’agrandissement des ateliers peuvent se révéler complexes. Le foncier est souvent indisponible, et l’obtention d’un permis pour un projet de 500 000 $ peut s’avérer très difficile, surtout lorsque la municipalité souhaite privilégier les projets de tours à condos, explique James Carruthers, spécialiste des ventes techniques chez Pacific Spray Booths Ltd., un fournisseur d’équipement de carrosserie situé à Surrey (C.-B.).
Dans ce contexte, avoir des composants mécaniques intégrés au plafond ou au toit représente un avantage non négligeable, car ils ne prennent pas d’espace au sol. Carruthers souligne que l’installation d’une cabine à flux descendant complet avec les travaux de bétonnage associés est aujourd’hui très coûteuse, voire impossible, si le propriétaire ne détient pas le bâtiment ou ne dispose pas d’un bail à long terme.
Optimiser le flux de travail
Le flux de travail projeté doit orienter l’aménagement de l’atelier. Si le volume de travail comprend un bon mélange de réparations mineures et majeures, la création d’une voie express pour les petites interventions peut faciliter la fluidité des opérations, estime Carruthers.
Les systèmes de récupération de chaleur suscitent un intérêt croissant. Ils peuvent également servir au chauffage de l’atelier. Certes, l’investissement initial dans de gros échangeurs de chaleur est important, mais dans des régions comme les Prairies ou le nord de l’Ontario, où les hivers sont rigoureux, « le système peut s’amortir en trois à cinq ans ».
L’automatisation contribue elle aussi aux économies d’énergie. Par exemple, si le pistolet de peinture reste inutilisé pendant 15 minutes, le système réduit automatiquement la vitesse de fonctionnement de la cabine, en mode veille.
Une autre tendance liée à l’évolution du marché : de plus en plus d’ateliers choisissent des cabines de plus grand format. L’une des raisons est que de nombreuses petites entreprises de transport ou de camionnage ne possèdent pas leur propre cabine, et recherchent des ateliers capables de prendre en charge leurs camions ou autobus de petit à moyen gabarit.
Enfin, la « grande retraite » entraîne aussi une évolution dans la conception des cabines. Alors que les peintres d’expérience quittent progressivement le métier, les jeunes recrues se montrent plus conscientes des risques liés aux COV et aux enjeux de santé et sécurité. « Les exploitants de cabines en prennent bonne note. Ils investissent de plus en plus dans les équipements périphériques pour répondre aux attentes en matière de santé et sécurité. Il n’y a pas beaucoup de changements au niveau des équipements eux-mêmes, mais les opérateurs investissent dans de meilleurs systèmes de filtration et des protocoles d’entretien plus rigoureux », indique Carruthers.
Un calendrier d’entretien bien planifié permet de détecter à temps les faiblesses des systèmes de filtration ou les composants défectueux qui risquent de provoquer des arrêts de production. Résultat : un environnement de travail plus sain et des interruptions de service évitées. Difficile de demander mieux.





LAVAL
Temps plein

