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Mesures pour moteur à induction forcée

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Les moteurs turbocompressés nécessitent des considérations particulières en termes d'entretien de la lubrification et d'habitudes de conduite pour maximiser la durée de vie opérationnelle. PHOTO Ford Motor Company

Les moteurs turbocompressés nécessitent un entretien et des considérations de conduite spécifiques.

Comme les gouvernements et les régulateurs ont choisi de renforcer les normes d’économie de carburant des véhicules au cours de la dernière décennie, nous voyons de plus en plus de constructeurs adopter des moteurs de plus petite cylindrée et à induction forcée pour leurs véhicules.

En théorie, le concept est simple. Une plus petite cylindrée équivaut à une plus grande efficacité énergétique, ce qui signifie une meilleure économie de carburant. L’ajout d’une induction forcée à la demande (turbocompression) permet également d’obtenir, en cas de besoin, la puissance supplémentaire que l’on trouve généralement dans un moteur plus gros. Comme le turbocompresseur est alimenté par la pression des gaz d’échappement et ne s’enclenche que lorsque le moteur atteint un certain régime, il est considéré comme le moyen idéal de concilier performances et économie de carburant.

L’importance de la lubrification

Néanmoins, les moteurs turbocompressés ont leurs propres considérations spéciales au niveau de l’entretien, surtout si l’on considère la vitesse de rotation du turbocompresseur et la chaleur qu’il génère. La lubrification est un élément essentiel.

Selon Albert Côté-Séguin, directeur des grands comptes automobiles chez TotalEnergies Marketing Canada, comme les constructeurs ont poussé pour des configurations de moteurs plus petits, en conjonction avec une augmentation exponentielle de la puissance par litre de cylindrée, il en résulte des groupes motopropulseurs qui fonctionnent sous des conditions de charge plus exigeantes, plus souvent.

Afin d’obtenir une plus grande puissance à partir d’une plus petite cylindrée, tout en améliorant la fiabilité, les équipementiers ont investi dans différents matériaux et développé des tolérances plus strictes pour les moteurs. Cela signifie qu’aujourd’hui, une lubrification efficace joue un rôle encore plus crucial dans le maintien de cette fiabilité. « L’époque des lubrifiants génériques et polyvalents est révolue », explique M. Côté-Séguin. « Aujourd’hui, la plupart des constructeurs automobiles exigent un liquide spécifique répondant à leurs propres spécifications internes pour assurer un fonctionnement optimal. »

Pas la même chose

Il fait également remarquer que pour les prestataires de services et les techniciens, il est important de comprendre que même deux huiles moteur du même fabricant de lubrifiants, portant le même grade de viscosité, « peuvent être mélangées avec deux chimies très différentes et ne conviendront donc pas à la même application moteur ».

Mark Lemay, président d’Auto Aide Technical Services, est d’accord pour dire que l’utilisation de la bonne huile est essentielle sur les moteurs turbo modernes. Il ajoute qu’il est important de ne pas essayer d’allonger les intervalles d’entretien, car les turbocompresseurs utilisent de l’huile moteur pour lubrifier les roulements, et lorsque le moteur chauffe et refroidit, cela exerce une pression supplémentaire sur les propriétés thermiques de cette huile.

Il y a aussi la question de l’éducation des clients par les ateliers concernant le fonctionnement des moteurs turbocompressés. « Ne faites jamais l’exercice d’un véhicule turbocompressé et n’arrêtez jamais le moteur sans le laisser refroidir à des températures de fonctionnement normales », prévient Dennis Mullen, technicien certifié ASE et directeur régional des ventes, OES et marchés traditionnels chez Plews Edelmann. « Conduire le véhicule à bas régime ou laisser le moteur tourner au ralenti pendant au moins une minute avant l’arrêt permettra de refroidir le turbocompresseur pour éviter tout dommage. »

Si ce rituel n’est pas effectué régulièrement, la chaleur extrême dans le turbocompresseur entraînera la solidification de l’huile et sa cokéfaction, ce qui provoquera l’accumulation de vernis sur les composants internes et augmentera le risque de défaillance prématurée. Le problème peut être encore plus aigu sur certains véhicules, où la conduite d’alimentation en huile passe à proximité du collecteur d’échappement. « Cela peut provoquer une cokéfaction extrême de l’huile et boucher complètement l’alimentation en huile », explique M. Mullen. Pour résoudre le problème, il faudra remplacer l’ensemble du turbocompresseur, ce qui n’est pas du goût de beaucoup de clients.

Dennis Mullen, technicien certifié ASE et directeur régional des ventes, OES et marchés traditionnels, Plews Edelmann. PHOTO Plews Edelmann

Température de fonctionnement suffisante

M. Mullen précise également que dans les climats extrêmement froids, comme c’est le cas dans une grande partie du Canada en hiver, il est également essentiel de laisser le moteur atteindre sa température de fonctionnement afin d’assurer une alimentation en huile suffisante au turbocompresseur, sinon, un régime élevé entraînera une usure prématurée des composants.

Chez Total Canada, M. Côté-Séguin est du même avis et fait remarquer que les habitudes de conduite deviennent plus critiques par temps froid, en raison des cycles de chaleur extrêmes auxquels sont soumis les moteurs turbocompressés. Il recommande de démarrer le moteur et d’attendre au moins une minute ou deux pour que l’huile circule au ralenti avant de partir. De plus, lorsque le moteur est froid, une augmentation progressive de la vitesse du moteur et de la route contribuera à prolonger la durée de vie du moteur et du turbocompresseur ; il n’est donc pas recommandé d’accélérer brusquement lorsque le moteur est encore chaud.

Comme M. Mullen, il recommande vivement d’attendre que le moteur refroidisse si la voiture a été soumise à une conduite intensive ou à un remorquage, et suggère de le laisser tourner au ralenti pendant quelques minutes dans l’allée à votre retour.

Bien que de nombreux turbocompresseurs modernes utilisent désormais le liquide de refroidissement du moteur pour se thermosiphonner une fois le moteur éteint, le fait d’apprendre à vos clients à laisser tourner le moteur au ralenti pendant quelques minutes à la fin d’un trajet contribuera à réduire l’usure et le risque que votre atelier ait à faire face à des clients insatisfaits qui devront payer une lourde facture pour le remplacement ou la reconstruction du turbocompresseur.

 

Catégories : Éditorial, Mécanique
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