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L’industrie du marché secondaire automobile se retrouve à la Conférence nationale de l’AIA Canada

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Jean-François Champagne, Ryan Bruno, Shannon Spano et Tony Kuczunski de la direction de l’AIA Canada lors de l’évènement.
Photos Michel Beaunoyer et Shirley Brown

C’est le 24 avril que se déroulait, dans la région de Toronto, la Conférence nationale de l’Association des industries de l’automobile (AIA) du Canada.

Un total de 210 personnes a assisté aux conférences. De ce nombre, 60 % venaient de l’Ontario, environ 15 % du Québec et le reste se partageant entre les autres provinces et les États-Unis. Les représentants de tous les secteurs du marché secondaire automobile se sont retrouvés, tout d’abord, pour la soirée de réseautage la veille.

Le lendemain, une série de conférences et de présentations abordant les enjeux de l’heure.

« Nous poursuivons notre travail de mener l’industrie de l’avant », explique Jean-François Champagne, président de l’AIA Canada, en entrevue avec Autosphere. « Notre secteur est constamment en évolution et nous devons faire preuve de dynamisme. Cet évènement nous permet d’être alignés sur les mouvances du secteur. Nous avons une belle représentativité des secteurs du marché secondaire, qu’on parle de mécanique automobile, de carrosserie ou du pneu. Nous nous retrouvons en travaillant sur nos points communs pour aborder les enjeux importants tout en sachant mettre de côté nos différences. »

Shannon Spano, présidente sortante du C.A. de l’AIA, a ouvert la rencontre en soulignant comment elle permettait de créer des opportunités et faire des connexions entre gens de l’industrie.

Jean-François Champagne a pris le relais en faisant le point sur l’organisation et sur l’industrie. « Nous sommes liés à une industrie où il y a toujours du nouveau. Nous observons aussi que plusieurs organisations se consolident pour affronter l’avenir. Lors de ces conférences, nous allons regarder l’importance des données, le rôle des femmes dans l’industrie et finalement le défi de la main-d’œuvre tout en abordant la santé du marché. On doit aussi parler technologie, alors que les processus de réparation sont plus complexes et que les voitures modernes sont plus difficiles à diagnostiquer et réparer, ce qui rend encore plus important l’accès aux données. L’accès aux données nous demande de poursuivre notre lutte, pour le diagnostic et la réparation, car le consommateur doit avoir le droit de choisir. On progresse, mais la bataille n’est pas gagnée. »

Selon M. Champagne, l’intelligence des véhicules modernes va créer des opportunités pour les ateliers indépendants et centres de pneus qui ont les outils, les connaissances et les accès nécessaires.

Il précise que le plus important challenge demeure la main-d’œuvre, une question abordée en détail lors des conférences.

Alana Baker, vice-présidente à la recherche et aux relations gouvernementales a expliqué les avancées de la demande d’un accès aux processus de réparations et aux données liées à l’entretien des véhicules. Elle dit que l’association a marqué des points importants au Québec et que le projet de loi C244 est à l’étude au fédéral. « Mais ce n’est pas terminé, ce n’est qu’un début, met-elle en garde. Les constructeurs s’opposent plus clairement à nos démarches. Nous devons nous rallier derrière notre message et construire sur nos succès. » Avec le support financier des membres, l’AIA Canada veut aussi poursuivre les campagnes de sensibilisation destinées au grand public.

Pour attirer des talents

Un panel a ensuite pris la relève pour parler de la situation de l’emploi dans l’industrie et des approches pour y attirer plus de travailleurs. Animé par James Channer de Motion Brands, il était composé de Alan McClelland, RSE, recteur de la School of Transportation, Centennial College, Sylvain Seguin, président de Fix Auto Canada, Shannon Spano, vice-présidente des ventes chez Wakefield Canada, Kevin Weaver, président du Georgian College ainsi que du Dr. Mauricio Zelaya de EY Canada.

Les tendances du marché de l’emploi ont été présentées. Ainsi, si le secteur arrive à attirer les travailleurs, il est difficile de les conserver. Environ 65 % ne restent et pour 46% d’entre eux, ils partent pour un meilleur salaire ou pour des possibilités d’avancement de carrière ou à cause de la perception de l’industrie.

Ils vont vers concessionnaires, la distribution et la vente de pièces et le transport, aussi que le secteur de la construction, entre autres. Et les plus jeunes se déplacent deux fois plus vite que les vétérans. Plusieurs secteurs sont très agressifs et offrent de très bonnes conditions.

Les statistiques indiquent que 2.4% des techniciens au Canada sont des femmes.

Pistes de réflexion

Les panellistes s’entendent pour dire que les gestionnaires doivent se montrer là où les jeunes pensent à leur avenir et leur montrer que notre industrie est dynamique. Ils recommandent de penser à la rétention avant même l’embauche, question de réduire l’exode vers d’autres secteurs. Bref, se faire attirant, parler aux parents, si possible, et les éduquer sur les ouvertures du secteur et les possibilités d’y faire de belles carrières.

Un des panellistes a indiqué qu’il faut ouvrir ses portes aux stagiaires et jeunes travailleurs saisonniers, car en moyenne un sur sept ou huit va être intéressé à rester et se développer au sein de l’entreprise. Les conditions de travail ne sont pas le seul facteur de rétention, les jeunes travailleurs veulent des occasions de progresser.

Shannon Spano indique pour sa part qu’il faut montrer que cette industrie peut être diversifiée et que les femmes peuvent y ajouter de la valeur. « Aidez-les à faire leur place. »

La réalité est que les métiers doivent être vendus, car on signale une baisse significative du nombre de diplômés dans les métiers de l’automobile et il faut s’assurer qu’ils restent dans les programmes, car une majorité ne complète la formation.

La rétention passe par plusieurs avenues, dont celle d’un climat de travail sain, d’un encadrement bonifié par un programme de formation, de possibilités de progression professionnelle et de conditions salariales intéressantes. L’entreprise doit connaître ses chiffres pour établir l’équilibre entre la profitabilité et la rémunération. Il n’est pas toujours facile dans les petits ateliers de reconnaître que plus les techniciens sont qualifiés et plus ils devraient gagner. Une autre approche de rétention est d’offrir la possibilité d’être actionnaire.

L’évolution du parc de véhicules

Todd Campau, spécialiste du marché secondaire, S&P Global Mobilty des États-Unis, partenaire dans la recherche avec l’AIA Canada, a tracé un portrait du parc automobile au Canada.

Le nombre de véhicules sur la route et le nombre de kilomètres parcourus ont un impact évident sur les entreprises du marché secondaire. L’économie du Canada se normalise après la pandémie, mais la baisse de la consommation combinée à la hausse de l’inflation représentent selon lui de bonnes nouvelles pour le marché secondaire ; les gens préférant attendre avant de changer de voiture. Les ventes voitures et camions légers, incluant les multisegments neufs reprennent au Canada, mais pas encore niveau prépandémique. Le total devrait être 1.94 million d’unités vendues 2025 et 2.02 millions en 2027.

On compte 26.7 millions voitures sur la route au Canada, un chiffre qui reste stable depuis 2020, alors que la tendance vers camions légers se poursuit. Environ 6 % des véhicules sont retirés de la route annuellement. Les véhicules en opération ont 10.5 ans d’âge en moyenne. Le nombre de kilomètres parcourus par les automobilistes canadiens atteint 373 milliards en 2023, une hausse de 16,700 000 KM. Le spécialiste constate que les gens reprennent la route comme avant la pandémie.

Les VÉ font plus de kilomètres en moyenne que les véhicules à essence ou au diésel, mais ces résultats sont encore fragmentaires. Une certaine réduction du parc est attribuable à la revente de véhicules d’occasion vers les États-Unis, en partie à cause du taux de change avantageux. « Le danger est que des véhicules plus récents, moins de neuf ans, vont aux États-Unis et sont retirés de notre marché. »

Les ventes de véhicules électriques et hybrides sont en hausse, mais représentent moins de 10 % du marché en 2023. Et ces livraisons sont concentrées à 80 % sur les camions légers. M. Campau constate aussi que la vague des adopteurs hâtifs de VÉ s’essouffle. Il ajoute que 1 % du parc sur la route est composé de véhicules de ce type, ce qui représente une part marginale pour le marché secondaire.

« En général, les nouvelles technologies sont intéressantes pour notre marché, afin de les entretenir et les réparer, car elles touchent l’ensemble du parc. La décision de certaines agences de location de véhicules aux États-Unis de réduire le nombre de véhicules électriques dans leur flotte serait liée au fait que les consommateurs ne sont pas familiers avec leur utilisation et aussi, que le coût de leur entretien est supérieur aux attentes, ce qui représenterait une bonne nouvelle pour le marché secondaire. »

Gérer le changement dans le secteur

Daryl Benton, vice-président, ventes et marketing pour le marché secondaire chez MANN+HUMMEL a ensuite abordé la question des changements qui agitent le secteur. « Le changement est la seule constante, dit-il. Les enjeux sont vastes : la croissance des technologies, les changements climatiques, la fragilité de l’approvisionnement, la polarisation politique et les conflits armés. Et dans notre industrie : les VÉ, la connectivité et la télématique, le commerce électronique, les systèmes ADAS ou encore l’impression 3D de pièces directement dans l’atelier. On ne peut pas rester stationnaire et tenter simplement de survivre. Préparez-vous aux changements, quand les opportunités se présentent, il est peut-être trop tard. »

Il a ensuite présenté quelques exemples d’entreprises qui ont su évoluer face aux changements, comme IBM et LEGO, et ce malgré des périodes de transition difficiles.

Questionné par Autosphere sur les défis que représente l’arrivée des véhicules électriques sur le marché pour son entreprise spécialisée dans la filtration des huiles moteur, M. Benton a souligné que les VÉ créent de nouvelles opportunités. « En premier lieu, les habitacles des véhicules électriques sont plus spacieux, ce qui va hausser la demande pour les filtres de cabine. La préoccupation environnementale favorise aussi nos projets de recherche pour capter les poussières de freins ou encore celles produites par l’usure des pneus. »

Une discussion informelle s’est ensuite déroulée entre Paul McCarthy, président de MEMA Aftermarket Suppliers, Sabrina Thring, présidente de la marque dans le groupe collision de Driven Brands et Chris Kinghorn, vice-président stratégie et croissance pour UAP. Les échanges ont porté sur les principales tendances dans le secteur de l’entretien automobile.

L’apport de l’intelligence artificielle

Pour conclure les conférences, Doug Stephens, fondateur et président de Retail Prophet, a expliqué l’impact de la révolution de l’intelligence artificielle (IA) dans l’offre de services d’entretien automobile.

Selon cet expert, les entreprises qui se démarquent par la qualité de leurs relations avec leurs clients seront maintenant mises au défi par celles qui vont utiliser l’IA pour tisser des liens de proximité avec les consommateurs. Même chose pour les entreprises de distribution qui ont accès à cet outil pour mieux prévoir leurs inventaires et optimiser les chaînes d’approvisionnement.

Le futurologue a ainsi présenté comment l’IA va transformer la relation client, revoir la valeur de la chaîne d’approvisionnement tout en mettant en garde sur les risques liés à cette technologie. Il a toutefois souligné que le succès du développement d’une stratégie d’utilisation de l’IA dans les entreprises du secteur automobile repose sur la surprenante valeur de la créativité humaine.

Des reconnaissances appréciées

Lors de cet évènement, l’Association des Industries de l’automobile du Canada a tenu à souligner la contribution de deux membres dont les carrières et l’implication les démarquent. Ainsi, Patrick Verriet, de Mann + Hummel s’est vu décerner le titre de Jeune administrateur de l’année de l’AIA.

Ce parcours personnel et professionnel au sein de la même compagnie où œuvrait d’ailleurs son père, illustre à merveille ce que le marché secondaire automobile peut offrir comme carrière pour les jeunes talents. M. Verriet a tenu à remercier l’AIA pour cette reconnaissance et mentionné l’importance des gens du secteur qui lui ont permis d’y réussir si brillamment.

Le prix pour services distingués de l’AIA a été présenté à Bill Hay qui a mené toute sa carrière dans le domaine automobile. À l’origine dans le secteur du pneu, il a ensuite migré vers les pièces de remplacement et leur distribution. « Travailler dans cette industrie est un honneur et un privilège, a-t-il adressé aux participants. Je reçois cet hommage en présence de plusieurs de mes amis de l’industrie. »

Patrick Verriet (photo de gauche) et Bill Hay (photo de droite) recevant leur prix. Photos Michel Beaunoyer

 

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